mercredi 6 mars 2013

JOUR DE DEUIL POUR LES DÉMOCRATIES EUROPÉENNES

 

Jour de deuil pour les démocraties européennes:

Feu vert au two-Pack

par Caroline P.

Le 5 mars 2013


Ce soir est un jour de deuil pour tous les démocrates ou ceux qui croient encore à la démocratie.

Il vient de se passer quelque chose de très important qui n'est rien d'autre que l'enterrement dans la plus stricte intimité de nos principes démocratiques - ce qui a fait notre force, notre richesse, notre puissance.

Ce soir, l'Union Européenne a donné son feu vert au two Packs.


Qu'est-ce qui se cache sous ce jargon technique, cet anglicisme  auxquels personne ne comprend rien?

Le Two Pack : un paquet législatif qui renforce les pouvoirs de la Commission Européenne en matière de contrôle sur les budgets nationaux.  

En français, ça veut simplement dire que les lois votées au Parlement sont susceptibles d'être retoquées par l'Union Européenne, si elles ne lui plaisent pas. Voire que, si ces lois ne sont pas conformes à ce que stipule l'Union Européenne,  elle peut en imposer  le contraire en termes budgétaires. 



L'article précise: Cette décision prise à l'unanimité n'est guère surprenante après l'accord politique trouvé fin février entre le Parlement Européen et la présidence Irlandaise de l'UE. 

Cet accord  m'a fait sursauter: il s'agit d'une telle transgression des Traités votés  (en particulier celui de Lisbonne et son article 123), qu'il m'a conduite  à écrire un article intitulé:


Six milliards c'est facile Monsieur Cahuzac, Petits arrangements entre amis .. 

La décision prise aujourd'hui à l'unanimité par les Ministres des Finances, qui avalise l'invraisemblable abus de pouvoir et la transgression commis par Mario Draghi, Président de la BCE, dans le cadre de l'accord Irlandais, signe le deuil de tous nos principes démocratiques.

La différence entre un régime dictatorial/arbitraire et une démocratie vient d'une notion essentielle, celle de la séparation des pouvoirs : législatif (le vote des lois), l'exécutif (leur mise en application),  judiciaire (l'indépendance de la justice).

Cette séparation, et elle seule, permet de combattre la corruption, en particulier politique, elle permet que des lois soient votées dans le sens de l'intérêt général et non d'intérêts privés ou catégoriels, et elle permet que l'exécutif soit obligé d'appliquer des lois qui ont été votées indépendamment de lui.

À partir du moment où ces pouvoirs se trouvent concentrés dans une seule main, il devient très facile à l'exécutif d'infléchir les votes parlementaires, ou de refuser de les appliquer (ce qui s'est passé dans le cas de l'accord entre la BCE et l'IRLANDE). Et si la Justice n'est plus indépendante, tout est permis aux détenteurs de ces pouvoirs, puisqu'ils n'ont plus en face d'eux aucun contre-pouvoir.

En signant cet accord avec l'Irlande, Mario Draghi a simplement refusé d'appliquer un article du Traité de Lisbonne, l'article 123, qui interdisait à la BCE de prêter directement aux États.

Draghi a démontré que la BCE, Institution Européenne, était au dessus des lois votées, dont il n'avait cure, et qu'il ne se sentait en aucun cas obligé d'appliquer.  Il a démontré que les petits arrangements entre amis s'étaient substitués aux votes démocratiques: alors que cette solution pourrait très bien être appliquée à l'Espagne ou à la France, il leur en refuse la possibilité. A l'inverse, même, la Commission Européenne vient de réclamer encore plus d'austérité pour le peuple espagnol.

Ce prêt fait à l'État Irlandais a non seulement allégé la dette de l'État, mais également son déficit budgétaire, sans aucune austérité supplémentaire pour la population irlandaise. En effet,  le prêt consenti illégalement par la BCE est bien inférieur aux conditions du sacro saint marché.

D'ailleurs les Irlandais ont bien compris et ils viennent de redemander un petit supplément :
Les Irlandais , rois de la roulette Irlandaise  .. 

En revanche, je ne sais pas quelle dent Monsieur Draghi et l'Union Européenne ont contre les Espagnols, car à leur égard, point de gentillesse, point de traitement de faveur. Il faut au contraire les tondre encore plus pour qu'ils deviennent enfin dociles.

"Bruxelles demande à l'Espagne d'augmenter les impôts et de retarder l'âge de la retraite" .. 

  
Le two-Pack permettra également de faire passer la nouvelle Directive Européenne sur les Retraites, sans l'opposition de qui que ce soit, ni au Sénat , ni à l'Assemblée :

Retraites on nous dit rien , on nous cache tout 

Cette Directive a comme seul objectif d'étendre le terrain de jeu des financiers en leur laissant à disposition l'intégralité des régimes de retraites par capitalisation.

Et l'année prochaine, Jamie Dimon, PDG de JP MORGAN, pourra avouer que l'absence de réaction des politiques européens aura permis aux banques de faire des profits grâce aux retraités européens. 



On peut se demander au titre de quelle logique et de quelle cohérence Bruxelles non seulement ne demande rien aux Irlandais alors qu'ils ont le plus bas taux d'imposition sur les sociétés en Europe, mais de surcroît leur consent un prêt interdit par les statuts des Traités... et dans le même temps réclame aux Espagnols, beaucoup moins gâtés que les Irlandais en termes de fiscalité, une austérité supplémentaire.

J'ai une vague hypothèse : l'Espagne pourrait avoir des richesses cachées que l'Irlande ne possède pas, et qu'il serait utile de  privatiser avant qu'elles ne soient découvertes. Il faudrait donc écraser totalement l'Espagne pour la rendre docile et résignée.



Mais sans même préjuger du pourquoi, on peut juste s'arrêter au comment.

Quelle est cette Europe que l'on veut nous imposer, dans laquelle les élus ne servent plus à rien ? Qu'est-ce que cette Europe qui fait tout à la tête du client, grâce à des petits arrangements entre amis, hors de tout débat public?

J'ai une réponse  et elle n'est pas aimable : lorsque les petits arrangements entre amis et la tête du client se substituent aux lois votées démocratiquement, cela s'appelle une dictature, ou plus exactement une république bananière.

La Justice s'est d'ailleurs inscrite aux abonnés absents, comme le montre désormais tous les  jours l'absence totale de poursuites et d'enquêtes (sans parler de condamnations, sanctions ou réparations des préjudices), en regard des différents scandales financiers qui émaillent notre quotidien.

Du blanchiment d'argent de HSBC, en passant par la fraude du Libor (qui aura coûté à Dexia la bagatelle de 600 millions d'euros, le sauvetage de Dexia ayant été mis à la charge du contribuable français), il semblerait que le concept de justice appartienne définitivement au passé dès que l'on touche à l'un des amis des petits arrangements, les financiers.

Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, a pu  avouer publiquement la semaine dernière que les profits bancaires, permis par l'absence de réaction des politiques, avaient été pris sur le seul dos des contribuables.

Pire, on arrive même à garder ces financiers (juges et parties) comme conseils, alors qu'ils sont poursuivis par d'autres justices comme la justice américaine, au cœur même de nos institutions (Agence France Trésor).



Aujourd'hui est un jour de deuil car le coup d'état a eu lieu. Nos démocraties viennent d'être enterrées dans le plus grand silence par nos propres Ministres. 

Nous pourrions désormais faire de grosses économies sur les députés et le Sénat car ils sont devenus totalement inutiles. Les décisions seront prises et mises à exécution sans eux.

J'ai juste le droit de pleurer devant cette situation insensée dont personne n'a encore pris vraiment conscience.

_______

P.S.  Le cas irlandais montre que le rapport de forces peut marcher. Le gouvernement irlandais, loin d'être intimidé par un Mario Draghi  et encore moins par les diktats de l'Union Européenne, a au contraire réussi ce que personne n'aurait supposé possible : la  transgression des Traités Européens. Comme le disait JLM lors de la campagne présidentielle française, la France a un poids suffisant pour infléchir la politique de l'UE. Les Irlandais viennent de lui donner raison, mais il est peu probable que le "capitaine de pédalo" ait la force de caractère nécessaire pour agir comme les Irlandais. 

Ce soir, beaucoup de gens pleurent la disparition d'un homme: Hugo Chavez. Je pense que Chavez laissera plus de traces dans l'histoire que les technocrates européens qui viennent d'assassiner nos démocraties.


http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp-005047…
http://fipcarolinep.xooit.fr/t216-Six-Milliards-Monsieur-Cahuzac-c-est-faci…

http://www.wikistrike.com/article-six-milliards-monsieur-cahuzac-c-est-faci…
http://blogs.mediapart.fr/blog/jerlau/050313/les-irlandais-roi-de-la-roulet…
http://www.marianne.net/L-aveu-d-un-Bankster_a226950.html
http://www.melvineenaction.com/Europe/bruxelles-demande-a-l-espagne-d-augme…

26 commentaires:

  1. Un excellent article dans Marianne contre la politique de rigueur que nos dirigeants veules sont en train de mettre en place pour anticiper les coups de baguettes sur les doigts de l'UE

    GRRR

    RépondreSupprimer
  2. Merci chère Caroline de cet article clair.

    RépondreSupprimer
  3. A propos des retraites, les bons élèves Hollande et Ayrault nous préparent une belle copie:

    Retraites-sabrées

    RépondreSupprimer
  4. N'oublions pas non plus que les femmes sont parmi les premières personnes visées par l'austérité qui s'annonce:

    Femmes

    RépondreSupprimer
  5. Je viens d'entendre sur BFM que les dossiers des retraites venaient d'être remis aux partenaires sociaux .
    Je pense qu'il est urgent de faire comprendre aux députés que la ratification du Two Packs leur interdira tout débat sur ces sujets .. Comme ce qui se passe en Espagne actuellement .
    Puisque les consignes budgétaires sont désormais directement émises par Bruxelles , comme le montre l'article en référence .

    RépondreSupprimer
  6. Les députés ne voudront rien comprendre, ils ne sont plus payés pour cela. De toute façon, ils ne veulent plus débattre.

    RépondreSupprimer
  7. Il faut balancer l'information sur les réseaux sociaux.
    Je vais envoyer le lien de l'article à Marie-Noëlle Lienemann.

    RépondreSupprimer
  8. http://diacritiques.blogspot.fr/2010/12/la-parabole-de-la-citerne-edward.html

    La parabole du réservoir d'eau (Edward Bellamy)

    "Equality" , publié en 1897 par Edward Bellamy, est la suite de son roman "Looking Backward", dont il a déjà été question ici.

    Dans "Equality", qui est l'achèvement de sa réflexion utopique, Edward Bellamy répond à ses contradicteurs et précise sa pensée. "L’autoritarisme de Looking Backward est largement atténué, les droits des femmes sont réaffirmés, le thème de la protection de l’environnement, qui n’avait aucune place dans Looking Backward, apparaît", remarque une commentatrice avisée. Mais ce roman, sans grand ressort dramatique, ne connu pas le succès du précédent. Aussi bien doit-il être lu plutôt pour ses idées, en contraste avec celles de son époque, et, souvent, en résonance avec la nôtre.

    On y trouve un texte célèbre, la parabole du réservoir d'eau, souvent repris dans la littérature ouvrière et anarchiste, mais sous une forme édulcorée ou sous forme de tract. On trouvera ci-dessous, dans son intégralité, ce fameux passage (dont les défauts de traduction nous sont exclusivement imputables !).

    RépondreSupprimer
  9. Dans La Tribune, il est question du two-pack:

    TWO-PACK

    Extraits de leur lecture technique du dispositif:

    1ère partie: vérifier les orientation budgétaires

    A l’heure actuelle, les membres de la zone euro se concertent déjà, au cours des six premiers mois de l'année, sur l'orientation que doit prendre leur politique budgétaire l'année suivante. La Commission européenne fait des suggestions, que les gouvernements doivent valider.

    Une fois ce nouveau “two-pack” adopté, la Commission européenne devra avoir accès, dès le 15 octobre2013, au projet de budget 2014 de chaque pays européen. Et ce, avant qu’ils soient soumis aux parlements nationaux. Elle vérifiera alors si les Etats respectent les engagements qu’ils ont pris au premier semestre. Les recommandations de la Commission européenne ne seront pas contraignantes, mais les gouvernements qui n'en tiendront pas compte s'exposeront à des sanctions de Bruxelles.

    Les parlements nationaux restent pleinement souverains dans leur vote du budget, précise la Commission européenne.

    2ème partie : placer sous surveillance les pays en difficulté

    La loi permettra également à la Commission de placer sous surveillance étroite un pays qui serait exposé à "des difficultés financières". Le gouvernement du pays en question devra s'attaquer aux racines du problème, et l'efficacité de ses réformes sera évaluée chaque semestre par l'exécutif européen.

    RépondreSupprimer
  10. Une bonne critique de la politique "kafkaïenne" de l'UE dans Le Monde:

    UE

    RépondreSupprimer
  11. L'article de la Tribune :
    A votre avis , ils se relisent ?

    "Les recommandations de la Commission européenne ne seront pas contraignantes, mais les gouvernements qui n'en tiendront pas compte s'exposeront à des sanctions de Bruxelles.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non, ils ne se relisent pas. Ils restituent les éléments de langage qui leur sont donnés sans chercher à voir causes et conséquences.
      Une information décérébrée.

      Supprimer
  12. Ceci pourrait être l'occasion d'envoyer des courriers aux députés ou aux sénateurs , concernant leurs tendances suicidaires .

    RépondreSupprimer
  13. Philippe Ricard dans Le Monde nous rassure!

    Ricard

    Après avoir décrit le sombre présent de l'Europe, et de l'euro, la lassitude des Allemands de devoir renflouer les caisses des pays dépensiers, la montée du sentiment anti-allemand et les.mécontentements devant la politique d'austérité, il imagine les Européens redécouvrant qu'ils n'ont un destin qu'ensemble.

    Certes, la cure d'austérité imposée par Angela Merkel, en échange d'une solidarité inédite envers les Etats en faillite, a mis à terre la croissance européenne. L'ajustement imposé aux économies du Sud implique de lourds sacrifices. Il prive d'emploi des millions de personnes, au point d'enflammer les joutes politiques dans chaque capitale. [...] Mais de là à caricaturer l'union monétaire ! Cette dernière a le plus grand mal à surmonter la crise apparue en Grèce, mais n'est-elle pas en train de sortir du grand malentendu qui l'entravait depuis le traité de Maastricht ? Un traité dont toutes les zones d'ombre et les tabous sont progressivement revisités depuis trois ans.

    Désormais, il est possible de voler au secours d'un Etat en faillite. Même la BCE est prête à jouer le jeu, bien au-delà des limites apparentes de son mandat anti-inflation. En échange, les bailleurs de fonds, Allemagne en tête, ont exigé d'avoir un droit de regard très intrusif sur les politiques des pays aidés. Et la discipline collective a été renforcée comme jamais.

    Des pays de milieu de tableau, comme la France, ne peuvent désormais plus échapper à ce gouvernement économique de la zone euro qui émerge, dans l'urgence, des décombres de la crise.

    Enfin, on assiste, en dépit de l'agitation des extrêmes, à la discrète renaissance des idées fédérales, que l'on croyait – pour le coup – mortes avec l'échec de la Constitution en 2005, et les "non" français et néerlandais. En fait, de nombreux dirigeants européens savent très bien, en leur for intérieur, ce qu'il serait nécessaire de faire pour tourner la page de la crise : mutualiser les dettes et placer les politiques nationales sous surveillance encore plus étroite des instances européennes, en confortant leur légitimité.

    Bref, organiser un transfert de souveraineté, en complément d'une union de transferts financiers. Voilà de quoi donner du grain à moudre aux partisans comme aux détracteurs de l'euro.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pour faire la belle Europe dont rêve béatement ce bon Mr Ricard, il suffit simplement aux nations de renoncer à leur souveraineté et aux états de se passer de démocratie.

      Ainsi, pour faire passer les lois merveilleuses de flexisécurité, il suffit de s'appuyer sur les quelques péquins syndicalistes prêts à collaborer, et d'ignorer les autres.

      Canard

      C'est illégal? Les grands dirigeants s'en tapent.

      Supprimer
  14. Laurent Neumann dans Marianne:

    Petite question qui fâche : c’est la crise - partout, en France, en Europe, aux Etats-Unis… - et pourtant la Bourse se porte comme un charme. Comment est-ce possible ? Partout, on taille dans les dépenses publiques ; partout, on augmente les impôts pour désendetter les Etats, mais les cours de la bourse, eux, ont pratiquement retrouvé leur niveau d’avant le déclenchement de la Grande Crise de 2007-2008. A New York, le Dow Jones s’envole; à Paris, la bourse a refait son retard. Partout, les dividendes coulent à flot. C’est quoi le truc ?

    Jeff Madrick, analyste au Roosevelt Intitute et auteur du livre « Le triomphe de la finance et le déclin de l’Amérique », offre l'explication iconoclaste suivante : les marchés financiers ont le sourire parce que les profits des grandes entreprises sont très élevés. Et si les multinationales dégagent des bénéfices aussi élevés malgré la crise, c’est qu’elles ont réussi à maintenir des niveaux de salaires très bas. Et ce, alors que tous les experts de la pensée économique dominante nous expliquent matin, midi et soir, que le problème, c’est la compétitivité, le coût trop élevé du travail. Bref que les salariés sont trop payés !

    Jeff Madrick va même plus loin : il ne se contente pas de déplorer ce faible niveau de rémunération des salariés – quand les managers des mêmes multinationales, eux, continuent à se goinfrer dans des proportions qui confinent à l’impudeur. Il ne se contente pas de constater les dégâts récessionnistes que cette politique salariale provoque sur la consommation, principal moteur de la croissance. Il fustige aussi ces Etats, notamment en Europe, qui ont fait de la limite à 3% du déficit public, un dogme indépassable. « Une erreur tragique », dit-il. « L’austérité représente une terrible faillite intellectuelle, comme on a pu le voir en Grande-Bretagne, en France, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce ou en Irlande ». Et d’ajouter : « Dans vingt-cinq ou cinquante ans, ces politiques d’austérité apparaitront comme un âge noir de la pensée économique ». Tout simplement parce que ces politiques à courte vue ne font qu’ajouter de la crise à la crise, de la récession à la récession, du malheur au malheur.

    D’autant que les marchés financiers, malgré toutes les promesses, malgré toutes les lois, continuent à fonctionner comme si la crise n’avait pas eu lieu, comme si personne n’avait tiré les leçons des dérives de la finance folle. Ainsi, apprend-on, que la crise des subprimes n’a pas servi d’exemple, que les emprunts des étudiants américains, surendettés comme jamais, ont été titrisés par les établissements financiers comme le furent, hier, les emprunts immobiliers pourris. Avec les conséquences que l’on sait.

    RépondreSupprimer
  15. Des rapprochements s'opèrent entre PC, FDG et gauche du PS:

    petits-mouvements

    Il faut évidemment passer au-dessus du lexique (flirt...) de l'auteur.

    RépondreSupprimer
  16. Ce two packs est un vrai piège :

    Ce qu'il y a d'encore plus invraisemblable dans cet aval qui n'est rien d'autre que l'aboutissement d'un processus immonde mis en place avec les soi disant Traités Européens , c'est que les politiques prononcent eux même leur perte de légimité , puisqu'ils reconnaissent à d'autres , non élus, le pouvoir de contester leurs décisions

    Nous ne sommes donc plus tenus de suivre ce qu'ils décident : ils viennent de déclarer eux mêmes leur propre incompétence.

    Ce processus de fous pourrait même conduire jusqu'à interdire tout nouveau processus électif dans les pays Européens , au motif que ce sont des sources de coûts inutiles, évitant par là même de réitérer ce qui vient de se passer en Italie, et coupant court à toute contestation possible issue des urnes . François Hollande sera-t-il le dernier Président élu de la République Française , ayant lui même avalisé la disparition de sa fonction ?

    RépondreSupprimer
  17. Ils déclarent leur incompétence en nous déniant toute citoyenneté.

    Mais eux exercent un pouvoir en nous imposant ce que l'UE recommande, ce qui n'altère en rien leurs propres privilèges!
    Ils peuvent continuer leur ballet, faire la roue en se rengorgeant, tout fiers de leur position. Il suffit de regarder leur air absolument ravi sur le perron de leur ministère pour comprendre jusqu'à quel point ils y trouvent leur compte de narcissisme, de prestance, d'orgueil, d'ambition.

    Peu leur importe les gens. Peu leur importe le sort de leur pays: ils s'en tapent. Ce qui leur importe, c'est le maintien des privilèges de leur caste.

    RépondreSupprimer
  18. Contrairement à ce que vous dites, les technocrates européens laisseront des traces dans l'histoire.

    Des ruines.

    (Plenel a fait en sorte que vous quittiez Médiapart, mais laisse les blogues immondes de Martin et Barbouch sur Hessel.

    Comprenne qui voudra.)

    RépondreSupprimer
  19. Lu dans Le Point:

    La Commission européenne veut limiter les salaires des dirigeants de toutes les sociétés cotées en Bourse dans l'UE, a déclaré le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (FAS) à paraître dimanche."Pour toutes les entreprises cotées en Bourse dans l'Union européenne, les actionnaires devront décider du niveau des salaires, y compris des parachutes dorés", et les rémunérations devront être plus transparentes, a déclaré Michel Barnier au journal allemand.

    "Il s'agit de revenir à une économie sociale de marché, a-t-il justifié. Les entreprises ne doivent pas être des magasins en libre-service pour les dirigeants. (...) C'est pourquoi nous devons rendre le pouvoir aux actionnaires dans les sociétés."

    La Commission européenne a été encouragée par un référendum suisse début mars qui a plébiscité une initiative limitant les rémunérations "abusives" des patrons de sociétés helvétiques cotées et interdisant les parachutes dorés, ces indemnités de départ de patrons qui ont souvent défrayé la chronique, que ce soit en Suisse, dans l'Union européenne ou aux États-Unis. Bruxelles prévoit de présenter un certain nombre de mesures similaires d'ici la fin de l'année.

    Autrement dit, c'est la voix du peuple suisse, appelé démocratiquement à donner son opinion, que les maîtres de l'UE suivent, au lieu de nous consulter!

    RépondreSupprimer
  20. La possible fin de la démocratie et l'abandon des peuples par les États sont présents dans bien des esprits.

    Dans un article du Monde, c'est le paradigme de l'accident nucléaire qui suscite cette hypothèse, à partir du récent exemple japonais:

    Atomique

    RépondreSupprimer
  21. Il flotte un air de revanche dans les couloirs du parlement européen. Depuis l'éclatement de la crise, les élus ont à peine eu leur mot à dire. Ils ont presque toujours été ignorés par un Conseil tout-puissant, où régnait en maître le tandem Sarkozy-Merkel. Cette fois, à la faveur d'une modification du jeu institutionnel prévue par le traité de Lisbonne, ils se trouvent en première ligne pour valider, ou refuser en bloc, l'austère budget européen décidé dans la douleur, en février, par les 27 chefs d'État et de gouvernement. C'est une première, et les députés comptent bien en profiter.

    Sauf amendement de dernière minute du texte, une large majorité des 754 élus devraient répéter mercredi à Strasbourg leur intention de « rejeter l'accord ». Leur résolution fixe le cadre des négociations qui s'ouvriront avec le conseil et la commission, et dureront a priori de longs mois. À près d'un an des élections européennes, ce feuilleton budgétaire aura valeur de test d'autorité pour un parlement trop souvent inaudible.

    « Ce sera un moment politique clé pour le parlement », confirme Catherine Trautmann, qui dirige le groupe des socialistes français au sein de l'hémicycle. « Une occasion historique pour le parlement de s'affranchir face au conseil », renchérit Karima Delli (Verts). Pour Alain Lamassoure, élu UMP et président de la commission du budget, « le moment de vérité approche, alors qu'il ne s'est trouvé personne, du côté du conseil, pour tirer les enseignements de trois ans de crise, et défendre une Europe plus forte et solidaire ».


    Alain Lamassoure, à la tête de la commission «budget» du Parlement, devrait participer aux négociations à venir. ©PPE.

    Dès la fin du sommet bruxellois, les présidents des quatre principaux groupes politiques de l'hémicycle avaient rejeté l'accord dans une lettre commune. Ils ont eu l'occasion de le redire lors d'une séance houleuse, en présence de José Manuel Barroso, le patron de la commission, et Herman Van Rompuy, à la tête du conseil européen. La dynamique semble s'intensifier, alors qu'un cinquième groupe, la GUE (Gauche unitaire européenne, à laquelle appartient le Front de gauche français), est signataire de la résolution de mercredi.

    Les eurodéputés semblent même prêts à monter au créneau contre leur propre camp politique. C'est le cas, par exemple, des socialistes français qui, jusqu'à présent, tiennent bon : ils veulent rejeter le budget en l'état, même si François Hollande a jugé en février qu'il s'agissait du meilleur compromis possible « vu le contexte ». Catherine Trautmann assume cet écart avec Paris : « J'ai été déçue par les résultats globaux du conseil européen de février, même si François Hollande a tiré vers le haut David Cameron et Angela Merkel. À mes yeux, la résolution que nous défendons au parlement n'est pas en contradiction avec les positions prises par François Hollande pendant la négociation. »

    L'hypothèse d'un veto parlementaire, qui serait un violent camouflet pour les chefs d'État et de gouvernement, est donc plus que jamais d'actualité. « Si le président Van Rompuy veut ses 378 députés, je peux vous dire qu'il va devoir ramer pour les trouver, il peut se préparer à des nuits blanches », résume Alain Lamassoure, qui ne cache pas sa « jubilation », lui qui alerte depuis plus d'un an sur l'impasse budgétaire en vue à Bruxelles.

    Pour être validé, le texte doit recueillir une majorité qualifiée, soit au moins 377 + 1. Lors d'un vote spectaculaire en octobre 2012, pas moins de 517 députés (l'une des majorités les plus solides observées au parlement depuis le début du mandat) ont adopté un rapport qui préconisait un budget bien plus ambitieux que le compromis finalement obtenu en février.

    RépondreSupprimer
  22. Résistance du Bundersrat contre la règle d'or:

    Bundersrat

    RépondreSupprimer

Vous pouvez copier et coller, dans la fenêtre ci-dessous, des textes saisis (éventuellement) auparavant sur Word. La correction orthographique des mots est vérifiée, et vous pouvez lire votre commentaire avant sa publication, en cliquant sur aperçu.
Une fois publié, le commentaire ne peut être réédité.