samedi 6 novembre 2010

INVITE A LA DISCUSSION




Invite à la discussion

Par Melchior


J’ai dit, dans un commentaire récent sur H&N, que je tenais la tactique anti-sarko, nue et réduite à elle-même, pour inopérante. Contrairement aux apparences, elle est grosse de désunions et de dissensions, et conduit à la défaite de la gauche humaniste, car elle agrège des forces disparates, sans les aimanter et les ordonner. Elle les condamne à se désagréger, la suivre c’est bâtir sur du sable.

Sarkozy représente une branche du capital financier international (branche française), son pouvoir est la traduction politique, dans une conjoncture donnée (celle de 2007...), de la domination économique (et culturelle) du capital financier sur l’ensemble de la société. Le personnage exerce ce pouvoir avec une telle brutalité, et une telle maladresse apparente, qu’il réunit contre lui un front du refus large et hétéroclite.

Il a ainsi rassemblé dans son opposition, comme un chiffonnier dans son sac:

- l’extrême droite et la droite souverainiste, dont l’analyse de classe précise reste à faire: fractions diverses de la petite bourgeoisie, des restes de la bourgeoisie industrielle, et d’autres couches de possédants (et de non-possédants sensibles au populisme). Dont le point commun est plus idéologique qu’économique (au point que peuvent s’y agréger sans trop de répugnance pour un bout de chemin des secteurs du souverainisme dit "de gauche", anti-européen).

- diverses factions du capital financier, qui ne font pas confiance au personnage, sont inquiétées par son style de gouvernement, et ne seraient pas fâchées de voir émerger une autre tête pour mener de façon plus habile une politique servant au fond les mêmes intérêts.

- diverses couches de non-possédants susceptibles de se réunir autour d’une perspective commune, encore faut-il que cette perspective soit, sinon fournie clés en mains, du moins dessinée dans ses grandes lignes, formant un projet cohérent, et à la fois crédible et désirable.

- des opposants par principe à toute politique.


Dans ce conglomérat, on distingue plusieurs accrétions.

Par rapport aux "urgences":

- Des gens qui voient clairement l’urgence démocratique, moins clairement les autres (cf le Modem, le PRG…).

- Des gens qui sont sensibles à l’urgence écologique avant tout (les Verts ont été rejoints par un courant, EE, moins monocentré; mais on ne sait pas encore si la mayonnaise prendra).

- Des gens qui ne sont sensibles qu’à l’urgence sociale, et considèrent, à la limite, les autres thèmes comme des diversions (cf le PG).

- Des gens qui (droite du PS) voient surtout l’urgence de la reprise économique, fût-ce à l'ancienne.

Les partisans de la démarche herculéenne: couper les quatre têtes de l’hydre en même temps, restent minoritaires (et leur cheffe de file mal vue), chacun préférant en rester à sa marotte.

Selon un autre clivage, on trouve:

- Des partisans, non du capitalisme financier, mais de l’économie de marché domestiquée, régulée à gauche (dont je suis).

- Des partisans de la planification, sans marché (à qui je n’arrive pas à faire dire s’ils préconisent une planification centralisée, ou autre chose et, si oui, quoi).

- Des gens qui ne se sont pas posé le problème de l’organisation économique, s’en passent très bien pour leur part, et n’ont pas l’intention de commencer maintenant, convaincus qu‘ils sont que tout problème de la vie sociale a sa réponse - réponse à tout - politique.

Notons pour mémoire le fossé qui se creuse entre les partisans de l’Europe (diverses options) et ceux du repli nationaliste (idem).

Tout ce monde divers et chatoyant danse une chorégraphie compliquée sur le thème "étripons-nous les uns les autres", aux cris de "toucencembleu toucencembleu oué oué", chacun voulant montrer qu’il est plus unitaire que les autres (à condition qu’on écarte d’abord les mous, les égarés, les traîtres et les vendus…).

Où veux-je en venir ? À ceci qu’il faudrait d’abord se mettre d’accord sur la manière dont nous voulons gérer l’économie (croissance et solidarités), les ressources naturelles, la balance des pouvoirs, et sur la démarche politique novatrice nécessaire pour construire et maintenir l’unité, sur un projet, je le répète, à la fois crédible et désirable. À bas la machine à perdre!

La gauche, c’est le Progrès; dans le Progrès il y a l’idée d’avancer…

204 commentaires:

  1. Le chiffonnier grimaçant a en effet le don de conglomérer des personnes et des mouvements dans une fausse unité. Plus dur serait le réveil... si nous (les non-possédants susceptibles de se réunir autour d’une perspective commune) n'y étions pas vigilants.

    Même les gens de droite, les diverses factions du capital financier, qui ne font pas confiance au personnage, sont inquiétées par son style de gouvernement, et ne seraient pas fâchées de voir émerger une autre tête pour mener de façon plus habile une politique servant au fond les mêmes intérêt commencent à conseiller à Villepin de moins jouer dans l'antisarkozysme, afin de se poser en détenteur d'une alternative.

    C'est dire s'il devient urgent de ne plus épuiser notre énergie à dénoncer ce que nous, non électeurs de Sarkozy, avions prévu qu'il ferait, et à envisager quelles portes nous pourrions ouvrir.

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  2. c'est dire qu'il est urgent de dénoncer plus que jamais ce que nous avions prévu qu'il ferait sans perdre de vue (et en le disant) qu'il ne le fait pas simplement par caprice personnel mais qu'il est au service d'intérêts qui pourraient bien le remplacer par une marionnette plus présentable.
    Et, Melchior a raison, je crois, profondément raison, d'insister sur le nerf de la paix : une vision économique détachée des sempiternels dogmes et radicalement autre.
    Virgil avec l'appui de Frédéric (Lordon) et Jacques (Généreux) et quelques autres.

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  3. Quelles portes pourrions-nous ouvrir?

    L'économie de marché domestiquée à gauche. Oui. Cela implique:
    - Une remise à plat de la fiscalité, qui est foncièrement inique.
    - Une préservation de l'outil de travail dans les entreprises nationales et européennes, qui ne devraient plus être déplacées dans les pays où le coût du travail est moindre.
    - Une politique du Service public servant clairement les intérêts de l'Ecole, de l'Université, de la Santé, de la Justice, de la Culture, dont maints fonctionnements sont distordus voire corrompus depuis des décennies. On n'a pas attendu Sarkozy pour en voir les effets...
    - Une réelle politique de l'emploi et non un saupoudrage à coup de CDD ou autres RMI qui étend monstrueusement la précarité.

    La dette publique? Certes, elle est énorme. Mais pour en analyser les causes réelles et la combattre, il faudrait sortir des enfumages qui obscurcissent les rapports de la Cour des Comptes et nous font croire que la solution est de rogner le nombre d'emplois publics, réduisant ainsi l'amplitude du bassin d'emplois et rendant l'école ou l'hôpital - je prends les exemples que je connais le mieux - de plus en plus médiocres. Oui, médiocres.

    Il y a d'autres portes à ouvrir. Dans un autre commentaire.

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  4. L'une des multiples conséquences de l'appauvrissement de l'hôpital public (lu dans Libération):

    Plusieurs milliers de personnes ont défilé hier à Paris pour défendre le droit à l'avortement et les services de l'hôpital public, alors que le nombre de centres pratiquant les IVG baissent mais non le nombre d'interventions.

    «La défense de l'hôpital public va de pair avec celle de l'IVG, car chaque fois qu'on ferme une maternité, c'est aussi souvent la fermeture d'un lieu où on pratiquait l'IVG», explique F. Nay, du comité national de défense des hôpitaux et des maternités de proximité, créé en 2004. «De plus de 1.200 maternités au début des années 80, nous sommes passés à moins de 600 aujourd'hui», a calculé ce médecin hospitalier qui parle de «pseudo-droit à l'avortement» compte tenu des difficultés rencontrées par un certain nombre de femmes souhaitant y recourir.

    Entre 2000 et 2006, le nombre d'établissements pratiquant des IVG est passé de 729 à 639, selon un rapport de 2010 de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). Quelque 200.000 IVG sont pratiquées chaque année, chiffre stable depuis plusieurs années.

    Le manque d'attractivité financière a conduit nombre d'établissements privés à arrêter cette pratique, tandis que dans le public, l'heure est au regroupement dans de plus grandes structures, le tout provoquant un allongement des délais de prise en charge. «Les femmes qui veulent une IVG ont parfois tellement de temps à attendre que les délais (légaux de 12 semaines) sont dépassés, ensuite on sait que c'est une question d'argent pour aller à l'étranger», déplore, Estelle Havard, DRH au conseil général du Val-de-Marne.

    Trois principales associations militant pour les droits des femmes avaient appelé à manifester: le Planning familial, l'Ancic (Association nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception), et la Cadac (Coordination nationale pour le droit à l'avortement et à la contraception).**

    La députée (PCF) de Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet, présente dans le cortège, a estimé que «le droit à l'avortement est remis en cause par le manque de moyens dans l'hôpital public».**
    ___
    ** La gauche des partis était apparemment peu représentée...

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  5. À Monica 21.11 et Parleur 21.11

    Oui, il faut sortir de l’ambiguïté, fût-ce (temporairement) à notre détriment, et dire non plus ce que non nous ne voulons pas, mais ce que nous voulons, oui oui. Et si on a l’ambition d’être prêts en 2012, il faut commencer dès maintenant - c’est même déjà un peu tard - à délimiter le projet de la gauche unie. Mais n’entends-je point déjà les accents d’une danse macabre ?

    À Monica 09.37

    On ne va plus manifester, pendant quelque temps, au sujet d’une loi votée, bientôt promulguée, que la gauche s’est engagée à abolir dans 18 mois, qui n’entrerait, sinon, en application qu’après 2012 et qui serait insuffisante dès 2013...

    En revanche la défense du droit des femmes sur leur corps, cela ne peut pas attendre. Il y a là une véritable urgence (économique, sociale et politique, voire écologique si on réfléchit à l’aspect démographique de la question) qu’on ne peut pas subordonner aux échéances électorales.

    Il en est de même pour le logement, l’emploi…

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  6. Le dumping social via le logement subventionné par l'impôt - ou bien la répartition des richesses - pour les dites "classes moyennes", l'âme du pays. Voilà une vraie bonne idée. Ou quand le politique montre sa force face à une économie dérégulée. Mais voilà, l'Europe, et je m'excuse d'être aussi triviale, a épinglé les Pays-Bas sur ce sujet qui n'ont pu que se plier aux diktats des instances européennes. Comment faire alors pour continuer à être libre de décider ce qui semble être bien pour le peuple de son pays? je m'excuse de rappeler que l'on ne peut vouloir, agir, être politique, que dans un cadre donné.

    J'aimerais tellement que vous m'indiquiez la "diagonale" si chère au Menon de Platon que je n'aurais pas vue.

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  7. je parle de cadre donné, parce que l'Europe existe. Impose sa loi. ce n'est plus un "machin" comme aurait dit De Gaulle en devenir. C'est une réalité qui s'impose tant qu'aucun des peuples liés à cette structure ne fait sécession. Ce qu'aucun des représentants de ces mêmes peuples, ne semblent vouloir. De gauche, comme de droite. Tous se plient au même diktat.

    là dessus, je n'ai pas d'opinion. je constate. L'Europe est notre création. Celle de notre génération.

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  8. Face à nos pères et face à nos enfants, nous en sommes responsables

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  9. pardon Monica pour ce "face à nos pères".... je n'oublie pas la vaillance des femmes. mais c'est bien le sang des hommes, de ces soldats face à leur seul courage, qui nourrit en ces temps anciens, les tranchées de 14-18. De cette "non histoire" qui ne purent, ne voulurent jamais raconter. Si ce n'était dans un même élan du départ, l'amour de leur terre, de leur être. Pour très vite se retrouver
    face à leur seul courage, français ou allemand, celui qui coule dans l'histoire, la fierté des nations.

    A partir de là, c'était, c'est une bien belle idée que l'Europe. Celle du respect des peuples, celle du respect entre hommes, français ou allemand, maintenant, en souvenir des trêves de noël qui les réunissaient pour un morceau de pain.

    Et ce n'était pas rien, c'était la guerre, la fierté, la vaillance des peuples.

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  10. Ce que dit Brocéliande est terriblement vrai. Et nous voici coincés entre notre amour d'une Europe Unie pour proscrire la guerre entre ses peuples et notre écœurement devant ce que nos dirigeants en ont fait en quelques années. La vision prophétique et humaniste de Jean Monnet s'est enlisée dans le barrosisme mercantile. Et c'est, en effet, le cadre qui nous est donné. Il faut donc essayer de modifier ce cadre et pour cela, puisque l'Europe des patrons et de la finance est faite, travailler à l'avènement de l'Europe populaire et syndicale.
    Yaka.
    Allons, courage.

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  11. bonjour caroline,

    je suis vraiment ravie de te lire une nouvelle fois. J'aime si souvent ta parole.

    quant aux yaka plumer les faucons... et pour la poésie... de la même manière que les Américains crièrent "La Fayette nous voilà" en 17, j'aurais envie de dire, parce que c'est aussi notre histoire, camarades de l'Europe luttons... si ce n'était les Faucons si chéris de notre histoire... ^^

    De fait, comprenons nous encore les rouages de ce nouveau monde économique? Ou plus exactement, qui les maîtrisent encore?

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  12. J'oserai alors aller encore plus loin. L'économie est, mais le politique, cette gestion de la cité est aussi, au-delà. Et si le marché régulé peut sembler une impuissance face aux grands d'une autre histoire, celle du capital, il nous faut peut-être être repenser le politique comme LA valeur qui prédomine.

    Au delà du projet gestionnaire de la gauche, ne faut-il pas réaffirmer la volonté d'être autre?

    cela semble petit, mesquin, ainsi dit. Proche du populisme.

    mais lorsque l'on pense à la position stratégique de la France, dans cette Europe d'aujourd'hui, n'est-il pas de son devoir de réaffirmer la suprématie du politique sur l'économie?

    Ainsi, l'âme fière de ce peuple qui réinventa la démocratie en d'autre temps pourrait-il porter une fois encore (?) l'opinion droite - et parfois rigide- du mieux-disant de son peuple?

    si j'étais la Gauche, je m'interrogerai sur ce taux faramineux d'abstention.

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  13. À Brocéliande

    Les horreurs de 14-18 ont généré un « plus jamais ça » tripal qui a donné naissance (à ma connaissance de non-spécialiste), à essentiellement trois formes de conduites politiques sur la question de la guerre et de la paix:

    1) le ralliement à la IIIème Internationale (et au défaitisme révolutionnaire),

    2) le pacifisme intégral et non-violent,

    3) la recherche d’une entente démocratique franco-allemande, préfigurant et l’ONU et l’UE.

    La première forme a donné lieu aux errements que l’on sait après la défaite de la Révolution allemande.
    La deuxième, qui exige un courage personnel indéniable, conduit aussi à l’impasse. D’excellents esprits, des plus estimables, s’y sont laissés prendre lors de l’occupation nazie.
    La troisième a donné le Pacte Briand-Kellog, la SDN, puis, après la victoire sur l’Axe, l’ONU au niveau international, l’UE au niveau continental.

    Doit-on considérer que cette troisième forme connaît, elle aussi, un échec définitif ? Pour ma part je ne m’y résigne pas, mais on peut le soutenir.

    L’UE est ce qui se rapproche le plus, dans le monde réel (dans l’imaginaire on fait ce qu’on veut), des Etats-Unis d’Europe. Que le chemin à parcourir pour parvenir à cet idéal soit encore long et difficile, qui le conteste ?

    En revanche le repli nationaliste sur la France État-Nation, jacobine, centralisatrice, chauvine et frileuse, me paraît quasi-suicidaire.

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  14. Cher Melchior,

    Doit-on considérer que cette troisième forme connaît, elle aussi, un échec définitif ? Pour ma part je ne m’y résigne pas, mais on peut le soutenir.

    Merci déjà de dialoguer avec moi. Ce n'est pas rien. Dialoguer c'est déjà comparer nos arguments en toute bonne fois.

    et là je remercie encore Monica et vous tous. ce n'est pas rien. C'est ce que j'appelle la tendresse. La considération de l'autre.



    je ne crois pas que l'Europe est ou n'est pas. Elle est. Et j'ai beau en l'an 2010 chercher sa politique sociale, j'ai bien du mal à la trouver.


    En revanche le repli nationaliste sur la France État-Nation, jacobine, centralisatrice, chauvine et frileuse, me paraît quasi-suicidaire.

    Nonobstant le fait que je suis entièrement d'accord avec votre lecture de l'histoire, le 1) le 2 et le 3....

    qu'est ce qu'une France jacobine, centralisatrice, chauvine?

    Je veux dire par là, comment en français moderne traduiriez-vous ces termes? puisqu'il semble que vous y opposiez l'UE?

    je ne vois pas pour ma part, en quoi, la France Etat-nation, avec son histoire, tout comme l'Allemagne, mais encore, L'italie, l'espagne, le portugal, les pays-bas, enfin tous ses états frères, n'auraient leur propre histoire. et je ne vois pas en quoi leur construction, à travers les siècles, ne serait pas chauvine et frileuse. et pourquoi, leur culture propre ne serait pas un bien à partager. non pas à intégrer, mais plutôt à rendre connaissance, comme l'on respecte le bien d'autri

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  15. Je ne vois pas en quoi, pour exemple, cette France frileuse et populaire, aurait tout à fait tort de s'exaspérer de ces banlieues. Elle ne les comprend pas. Ce monde qui lui impose d'autres moeurs que les siennes. Comme le retour à une société patriarcale qu'elle a abandonnée (de force) au nom de la liberté des femmes d'être. mais qu'elle estime être son bien... par exemple.

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  16. Coucou à tous!

    Chère Brocéliande, la notion d'Union des pays européens n'est pas antinomique de la spécificité de chaque pays. L'Europe définit des communs dénominateurs qui lui permettent d'être une force face, par exemple, aux Etats Unis ou à la Chine, et qui permettent aux habitants de circuler d'un pays à l'autre. Mais les pays européens qui constituent cette Union continuent à exister avec leur propre culture, leurs propres habitus, en dehors ou en plus de ces communs dénominateurs.

    Le problème est que ces communs dénominateurs, pensés par des technocrates et/ou des politiques bornés, n'ont pas suffisamment intégré des valeurs humanistes et de justice sociale . Il en résulte que nous nous reconnaissons mal dans cette Europe-là. Elle n'a pas tenu les promesses auxquelles nous nous attendions. Elle nous a déçus.

    Pour autant, nous en pouvons pas revenir en arrière, et nous replier sur "chacun chez soi": à l'heure d'une mondialisation effrénée, nous serions laminés.

    Il faut donc lutter pour que les communs dénominateurs soient respectueux des critères auxquels nous tenons et répondent aux exigences sociétales, économiques, politiques qui nous semblent les plus urgentes.

    Comme tu le dis, il est scandaleux que les Pays Bas aient dû restreindre une politique plus juste d'accès à la propriété, et nous devons hurler quand on voudrait nous imposer une "tolérance" à l'égard de coutumes qui oppriment les femmes.

    Comment le faire? Car nous savons que le yaka dit mais ne fait rien. Il faudrait participer à des réseaux politiques (les partis politiques ayant montré leurs limites...) qui pèsent de tout leur poids sur le parlement européen, et imposent des réglementations non pas "castratrices" des identités de chaque peuple, mais permettant la défense des valeurs humanistes.

    Caroline dit qu'il faut plumer les faucons. Formule elliptique dont nous aimerions avoir la recette. Caroline dis-nous!

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  17. A propos des réseaux susceptibles d'interpeller les pouvoirs, Europe-Ecologie propose un " Droit d’interpellation populaire".

    L'objectif est de permettre aux Franciliennes et aux Franciliens, dès l’âge de 16 ans, de saisir les élu/es régionaux d’un sujet qui les concerne en l’inscrivant à l’ordre du jour de l’assemblée régionale. Transports, logements, lycées (…), les habitant/es d’Ile de France pourront solliciter directement leurs élu/es sur toutes les politiques régionales. Afin de permettre à toutes les mobilisations citoyennes de s’exprimer et de se saisir de ce droit selon les formes qui leur conviendront le mieux, les modalités pratiques de l’interpellation restent libres, la seule obligation étant de réunir 50 000 signatures. Le groupe EELV propose également dans son rapport de lancer une expérimentation de budget participatif dans une trentaine de lycées franciliens, et ce dès la rentrée 2011. Portées notamment par Bastien François, ces propositions représentent une innovation démocratique d’envergure qui permettra de réinstaurer et de renforcer le dialogue entre les habitant/es et leurs représentant/es.

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  18. Brocéliande
    “réaffirmer la suprématie du politique sur l'économie?”
    Il me semble que tout simplement l’économie est une des catégories de la
    politique : comment organiser la production et la circulation/répartition des richesses ? La réponse (les réponses !) à cette question fondent une société.

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  19. la seule obligation étant de réunir 50 000 signatures

    50 000 signatures. Mais bon dieu, lorsque j'écris à mon maire je suis seule et il me lit. 50 000 signatures! j'en reste pantoise!

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  20. cher Parleur,

    Oui, l'économie devrait rester une des données du politique. Mais cela fait bien longtemps qu'elle nous échappe. Voir la dernière crise... mondiale

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  21. et pour terminer à propos de EE... autant de connerie... pour parler clair, m'emmerde.

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  22. À Brocéliande

    Je ne vois pas bien le lien direct entre « ces banlieues » et la construction européenne. Mais je pressens que nous débusquons là un lièvre qui hic jacet. Quand les gens se sentent menacés dans leur identité, ils se ferment. Le repli sur la nation, mère protectrice, à l’égard des « autres » européens aurait ainsi pour origine au moins partielle le sentiment d’être menacé par des « autres » non-européens. C’est plausible, en effet.

    Une France jacobine, etc. : l’Espagne a un régime décentralisé, l’Italie donne à ses régions un statut intéressant, la Grande-Bretagne a réinstitué des Parlements dans ses trois nations non-anglaises. Quant à l’Allemagne, l’organisation fédérale n’y est pas un vain mot.
    Notons que chez ces quatre grands voisins l’État tolère très bien les diversités linguistiques.
    Nous, humbles sujets de la monarchie élective française une et indivisible, nous devons marcher droit, parler une seule et même langue dictée par Paris, etc. etc. Nos voisins, dans un premier temps ça les fait rigoler, au deuxième rabord franchement ça les inquiète (surtout quand nous voulons leur imposer notre universalité si particulière).

    Moi aussi je me sens mal à l’aise quand je trouve ici ou là des nostalgiques des guerres révolutionnaires de 1792-1799 (voire 1792-1815). On va bientôt, au nom de Danton et de l’idéal républicain, nous relancer à la conquête de la rive gauche du Rhin !

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  23. Brocéliande, ce n'est pas l'économie qui nous échappe. C'est la politique… donc aussi l'économie.

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  24. Brocéliande 20h13
    Ben non, c'est franchement pas clair.

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  25. Les faucons ont le duvet très doux
    Il faut l’enlever avec amour
    Las dès qu’on leur a plumé le cou
    Ils ont un petit air de vautours.

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  26. Moi aussi je me sens mal à l’aise quand je trouve ici ou là des nostalgiques des guerres révolutionnaires de 1792-1799 (voire 1792-1815). On va bientôt, au nom de Danton et de l’idéal républicain, nous relancer à la conquête de la rive gauche du Rhin !

    j'ai en soulignant cette phrase, un petit air de vautour lorsque mon cou dénudé ne recouvra que ce que je suis : un oiseau de la mort; Aussi promis : à la moindre contestation je promets de réunir pas moins de 50 000 signatures. En attendant, je veux bien qu'on me pende pour la sauvegarde d'une idée ici désigné entre 1792-1815, puisque toute réserve vis à vis de l'Europe vaut pendaison

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  27. Toujours à Melchior,


    Une même langue dictée par Paris, cher vous. C'est le Français, ce bas latin, cette compréhension d'un autre temps. Moi je suis née Normande, aussi il est vrai, le bas latin je m'en fiche. et des décideurs de l'Europe en ce cas, encore plus.

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  28. M'enfin, ma Brocéliande, qui voudrait te pendre?
    Se pendre à ton cou, peut-être, mais te pendre!

    Tu trouves que nous n'exprimons pas de réserves vis-à-vis de l'Europe?
    Relis nos commentaires: ils en sont pleins.

    Tu as été choquée par les 50000 signatures. Tu as raison. Moi j'ai retenu l'idée de l'interpellation populaire, pas le nombre proposé (il est vrai que je suis fâchée avec les nombres).

    Mais j'ai imaginé que, pour contester de grands projets, il fallait réunir un certain nombre de signatures, constituer une force, afin d'être crédibles.

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  29. Tendre Monica et tendre Melchior, cher âne à quatre pattes, et aussi Virgil et griffolet.

    Cela n'est que rude rencontre et je te remercie d'intervenir chère et tendre Monica. parce que
    cette tendresse n'est pas un vain mot. il est vrai que je me sens parfois "à côté". mais cette confrontation m'enrichit. il est vrai que j'ai besoin de vous ou pas...


    c'est le sens exact de l'amitié. c'est à vous tous de voir; le temps qui reste. Pour l'amour,l'amitié, le désaccord, enfin la parole

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  30. - Des partisans, non du capitalisme financier, mais de l’économie de marché domestiquée, régulée à gauche (dont je suis).

    Idem pour moi. Et je dois dire que j'ai découvert récemment les idée de notre prix Nobel de l'économie que je ne connaissais pas : Maurice Allais.
    Vive le libéralisme social ou le socialisme libéral.

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  31. Je sais que cet article n'arrivera pas sur ce blog. Trop long. Mais il arrivera sur vos mails

    Alphone Allais à propos du TCE alors qu'il appelait à voter non.


    Je me bornerai ici à deux exemples particulièrement significatifs, parmi une multitude d’autres. Le 24 mars, Jack Lang a présenté sur RTL un exposé passionné soutenant que la seule protection contre "les excès du libéralisme" était l’adoption du projet actuel de Constitution. Le même jour, la presse faisait état de la "charge de Jacques Chirac contre l’Europe libérale" , en s’appuyant précisément sur la protection qui serait assurée par le projet de Constitution contre les excès de l’"Europe libérale" .
    En réalité, il y a là une erreur fondamentale. En fait, l’article III-314 du projet de Constitution stipule : "Par l’établissement d’une union douanière, conformément à l’article III-151, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres." Il résulte de cet article que non seulement la Constitution envisagée ne protège en aucune façon contre les excès du "libéralisme" , mais au contraire que la Constitution projetée institutionnalise la suppression de toute protection des économies nationales de l’UE.
    L’article III-314 du projet de Constitution ne fait que reproduire les dispositions de l’article 131 du traité de Rome du 25 mars 1957. Article 110 : "En établissant une union douanière entre eux, les Etats membres entendent contribuer conformément à l’intérêt commun au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et à la réduction des barrières douanières."
    Il est simplement ajouté, dans l’article III-314 du projet, "la suppression progressive des restrictions aux investissements étrangers directs" . En réalité, comme je l’ai démontré dans mon ouvrage de 1999, La Mondialisation. La destruction des emplois et de la croissance. L’évidence empirique -éd. Clément Juglar, 1999-, l’application inconsidérée, à partir de 1974, de cet article 110 du traité de Rome a conduit à un chômage massif sans aucun précédent et à la destruction progressive de l’industrie et de l’agriculture.
    De là il résulte que l’argument présenté de toutes parts par les partisans du oui à droite et à gauche de la protection que donnerait le projet de Constitution à l’encontre des excès du "libéralisme" est dénué de toute justification réelle. Non seulement les partisans du oui trompent ceux qui les suivent, mais ils se trompent eux-mêmes.
    On constate ici à nouveau la justesse de l’adage antique : "Celui qui se trompe se trompe deux fois. Il se trompe parce qu’il se trompe et il se trompe parce qu’il ne sait pas qu’il se trompe" et la profonde vérité de l’affirmation de Rabelais : "Ignorance est mère de tous les maux."
    Pour être justifié, l’article III-314 du projet de Constitution devrait être remplacé par l’article suivant : "Pour préserver le développement harmonieux du commerce mondial, une protection communautaire raisonnable doit être assurée à l’encontre des importations des pays tiers dont les niveaux des salaires au cours des changes s’établissent à des niveaux incompatibles avec une suppression de toute protection douanière."
    Maurice Allais, Prix Nobel d’économie.

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  32. Eh oui, Brocéliande, il manque beaucoup de choses essentielles dans le projet de Constitution européenne. Dont ce que dénonçait Allais dans sa dernière phrase sur les importations, et que je généraliserai volontiers à l'emploi.

    Une économie de marché régulée à gauche implique, disais-je plus haut, une préservation de l'outil de travail dans les entreprises nationales et européennes, qui ne devraient plus être déplacées dans les pays où le coût du travail est moindre.

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  33. Maurice Allais, et non pas Alphone. Pardon aux deux Allais.

    Mais en Europe Monica, tu as des pays qui offrent une main-d'oeuvre absolument avantageuse, comme la Roumanie. Et demain, la Turquie, la Serbie, la Croatie...

    Maurice Allais était aussi, en Europe, pour un protectionnisme des pays de même niveau de vie.

    Et puis pour parler franc et malgré tout faire court, cette Europe dirigée par des représentants de représentants qui ne sont même pas élus, je l'a trouve profondément antidémocratique. Tout comme ses dogmes : la libre circulation des personnes et des biens. Depuis le Traité de Lisbonne, je suis en totale rupture avec elle. la volonté du peuple, que l'on soit pour ou contre, c'est la volonté du peuple. Maintenant, il n'y a plus que Bruxelles et Barrozo pour décider de notre avenir. Et ils règlent nos vies dans les moindres détails. La démocratie, les élections, n'ont plus aucun sens. Surtout avec un bipartisme qui soutient la même Europe : libérale et impérialiste

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  34. Un exemple sur la libre circulation des personnes. Les riches se précipitent vers les paradis fiscaux, quand les plus pauvres errent à travers l'Europe (et qui seront de plus en plus nombreux au fur et à mesure que l'Europe grossira). L'Allemagne a-telle besoin de jeunes diplômés? Se tourne-t-elle vers la France qui en à à revendre? Non elle préfère les Indiens (qui d'ailleurs ne veulent pas y aller)...

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  35. Brocéliande
    Faisons court, comme tu dis.
    La France de Sarkozy et consorts pue. Je réclame donc que le Languedoc, fort de sa tradition poétique etdémocratique, reprenne son indépendance.
    Bisou.

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  36. Bisou Parleur, et vive le Languedoc et sa tradition poétique et démocratique! (avec une vraie tendresse). Mais aussi, me semble-t-il vive la protection sociale (retraite, sécu, école... enfin tous ces "machins") de la France, fondés sur son histoire, la répartition et l'impôt.

    C'est un tantinet fragile ça, la répartition et l'impôt.. Non?

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  37. Ce que notait aussi Maurice Allais : la BCE, les Etats, ne sont même plus maître de leur monnaie "généreusement" confiée aux banques privées. Et que défend une monnaie forte? Les économies (des Allemands et des Français). Pas le travail. Pas la jeunesse, pas l'avenir. Et là-dessus, j'enquiquine, les Grecs, les Portugais, les Espagnols... Ils n'avaient qu'à avoir des économies... Salauds de pauvres ^^

    Il n'y a que deux pays qui peuvent remettre en cause cette Europe : la France et l'Allemagne. Une question de rapport de force économique à mon sens.

    J'aimerais bien me tromper, bien sûr. Mais tout cela n'est pas le fait de Sarkozy. C'est dans la structure même de cette Europe.

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  38. Brocéliande
    Je voulais dire : on quitte la pièce en claquant la porte (pour se retrouver tout seuls dans le vent mauvais) ou on reste là pour peser sur les décisions de gens avec qui nous avons de toute évidence une communauté de destin ? La géopolitique dépend de la géographie…

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  39. Sur le Blog de Malakine, on trouve ce texte de 2009 concernant Lordon et le protectionnisme européen, que je résume.

    Un protectionnisme a minima
    Lordon est manifestement un converti de fraiche date au protectionnisme et un converti du bout des lèvres. Il n’est d’ailleurs même pas à l’aise avec le vocable, trop diabolisé et vecteurs de malentendus.

    Pourtant, ce qui fait la force du terme de protectionnisme est justement qu’il est diabolisé par les tenants de l’ordre existant. Ordre économique que Lordon a défini lors de sa conférence chez Acrimed par 4 principes : «déréglementation financière, concurrence généralisée, orthodoxie des politiques économiques, privatisation et désengagement de l’Etat fiscal et avec en option, pour ceux qui veulent, un cinquième principe de politique sociale pour passer la serpillère sur les dégâts des 4 premiers».

    Cette diabolisation confère au protectionnisme une telle charge symbolique qu’il lui permet de véhiculer l’idée d’une réelle alternative. Il s’agit plus d’un «concept-bélier» qu’une solution clé en main. Le contenu précis reste bien évidemment à définir. Une fois le mythe du libre échange mondialisé définitivement à terre, il sera peut-être possible de penser enfin de nouvelles règles du jeu, dans un cadre protectionniste, c'est-à-dire dans une économie où la taille du terrain de jeu sera limitée et régulée par un pouvoir politique efficient.

    A ce moment là, on verra apparaître diverses sensibilités et peut-être même un protectionnisme de droite et un de gauche. Car le protectionnisme de Todd, n’est pas tout à fait celui de Gréau, qui n’est pas tout à fait celui de Sapir ou de El Karoui. Il y aura nécessairement des nuances, voire de divergences, sur modalités ou les finalités.

    Lordon apparaît (pour l’instant?) très en retrait par rapport aux précurseurs. Le point de départ de son analyse est que la concurrence mondiale est par essence distordue par les différences entre les systèmes socio-productifs. Aussi, le libre échange parfaitement concurrentiel est un mythe dangereux. C’est pourquoi il faut, selon lui, instaurer des «distorsions compensatoires» entre les zones qui ne répondent pas aux mêmes caractéristiques. C’est ainsi qu’il préconise une Europe dans l’Europe au moyen une politique commerciale commune pour les pays les plus développé (l’Europe des 6 ou des 15)

    Lordon légitime ainsi l’approche protectionniste mais sans pour autant en faire un élément constitutif d’un modèle alternatif. Ce schéma qui vise à rétablir la juste concurrence est à mon sens très insuffisant car il maintient la délimitation du terrain de jeu au niveau mondial, ce qui implique la même spécialisation des systèmes productifs (et donc suppose la même fragilité) et la même pression à la baisse sur les salaires.

    Mais le débat sur les différentes formes du protectionnisme ne fait que commencer. Nous aurons l’occasion d’en reparler bientôt.

    L’Europe réduite au juridisme :

    Le dernier volet de l’interview est un pur moment de bonheur. Frédéric Lordon nous décrit dans son style inimitable l’attitude pathétique des commissaires européens depuis l’irruption de la crise. Ils apparaissent comme des gardiens des dogmes, sourds et aveugles à ce qui se passe, qui ne cherchent qu’à contrecarrer les initiatives des Etats au nom des principes et des règles contenus dans des traités totalement dépassés et allègrement violés depuis le début de la crise (je vous laisse le soin d’apprécier l’expression exacte).

    L’Europe apparaît dans cette description comme une monstruosité juridique, incapable de produire de la politique et de s’adapter aux circonstances, juste capable de faire peser un carcan de normes sur les Etats membres : «Tu es au bord du gouffre, mais interdit de faire un pas en arrière!»

    Pour Lordon, cette Europe là est déjà morte et ses traités sont caduques. Il faudra les réécrire entièrement, y compris pour pour remettre le droit en accord avec le fait. Puisse cette question être débattue lors de la prochaine campagne européenne…

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  40. Tendre Parleur,

    Le politique à mon sens, et là je sens que je me répète, est véritablement le seul espace de décision qu'il me semble être contrôlable, pour moi, petite bout de femme citoyenne. En somme la gestion de la cité. Je veux dire par là : au-delà des opinions communément admises, ce que l'on voit de ses propres yeux devrait, me semble-t-il régler le pas de nos convictions. La complexité de l'économie (dérèglement de l'économie mondiale), tout comme la géographie (qu'est-ce qu'un continent?), quelque part m'échappent, enfin à moi. Je pense en disant cela, à toutes les discussions qui ont consisté, par exemple, à savoir si la Turquie était en Europe ou pas.

    Alors, dans l'idéal, il est certain que les pays européens ont "une communauté de destin"... historique.

    Pour revenir simplement à l'alliance franco-allemande, qui était me semble-t-il aussi l'histoire de deux hommes Kohn et Mitterrand, à l'amitié solide et au respect mutuel, ils avaient ensemble une histoire à dépasser qui n'est plus la nôtre, mais celle de nos grands-pères et pères. Cela sans jamais l'oublier. Elle me semble maintenant dépassée. Nous ne pouvons construire l'avenir avec la hantise de la guerre.

    Maintenant nous avons à gérer ce monstre de libéralisme.

    "On quitte la pièce", dirais-je, comme l'on provoque une secousse. Mais il n'y en aura pas. La gauche si elle succède à la droite en 2007 à la même conception de l'Europe.

    Ce sont les mouvements dits "populistes" européens qui sonneront le glas des frontières inexistantes pour les hommes comme pour les biens d'une Europe obèse. "On" n'aura pas compris, simplement.

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  41. Oui oui oui, Brocéliande. L'Europe telle qu'elle a tourné est une collection d'erreurs et de forfaitures. Il en reste quand même quelque chose d'essentiel: la vision d'une ASSOCIATION succédant à des siècles de guerres. C'est pas rien et ça mérite, me semble-t-il, un peu et mêmebeaucoup de patience (il en faut quand on a affaire à des Barroso et à des sectateurs de "la guerre de tous contre tous" (le nom que Hobbes avait donné d'avance aux délires actuels) mais on ne va pas laisser une idée d'une importance VITALE être démolie par les médiocrités des nains qui gouvernent actuellement les pays d'Europe.

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  42. Oui Parleur, Association : je suis absolument pour. Mais surtout que chacun puisse avancer à son rythme, en fonction de ses forces économiques ou sociales (quid de l'Euro?) et surtout en fonction de la volonté de ses peuples. Et que les avantages sociaux des uns (comme ceux des pays-bas) ne soient pas sacrifier sur l'autel du libre marché.

    Et ce n'est pas dans les structures actuelles de l'Europe que l'on pourra la construire sociale.

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  43. La Grèce par exemple, a besoin de la Chine pour s'en sortir (puisque l'Europe ne peut ou ne veut pas l'aider). Mais est-ce une raison pour en faire une "tête de pont" économique et guerrière en Europe?

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  44. Bonsoir tout le monde, c'est Melchior.

    Je n'ai malheureusement pas le temps de m'investir dans la discussion maintenant, et je dois m'absenter trois jours, mais à lire:

    "Pour revenir simplement à l'alliance franco-allemande, qui était me semble-t-il aussi l'histoire de deux hommes Kohl et Mitterrand, à l'amitié solide et au respect mutuel, ils avaient ensemble une histoire à dépasser qui n'est plus la nôtre, mais celle de nos grands-pères et pères. Cela sans jamais l'oublier. Elle me semble maintenant dépassée. Nous ne pouvons construire l'avenir avec la hantise de la guerre." (Brocéliande),

    je précise qu'avant M et K il y a eu Ch de G et Konrad Adenauer, et leur image était encore bien plus chargée d'émotion. Et hélas non, la hantise des guerres nationalistes n'est pas dépassée. On l'a vu lors de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie. Et qu'adviendrait-il maintenant si la Hongrie et ses voisins n'étaient pas dans l'Union ?

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  45. Cher Melchior,

    Je n'osais inviter le grand Charles dans le débat. Mais puisse qu'il est là peut-être aurait-il répondu : "qu'importe l'Algérie française, maintenant, on a la bombe!" ^^

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  46. J'avoue être troublée par cette discussion.

    Je dirais, comme hélas à mon habitude, que tout le monde a quelque part raison à mes yeux.

    D'un côté le projet européen, tel qu'il a été mis en oeuvre, nous déçoit et nous révolte. Donc, nous sommes très critiques, en pointons les abus et aberrations, voire disons comme Brocéliande "Sortons-en".

    D'un autre côté, j'entends le mot "Association" de Parleur, j'entends les rappels que Melchior fait de l'histoire, et je me dis: "Cette Europe-là, malgré ses graves défaillances, nous protège a minima du pire".

    Et si nous analysions, en détail, ce que l'Europe a apporté depuis sa création?

    Si nous mettions dans la balance le "négatif" et le "positif", le déficit et l'apport de cette Europe?

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  47. Bravo Monica. Je crois que c'est comme ça qu'il faut voir. L'Europe telle qu'elle est est bien décevante, nous sommes tous d'accord (honte aux nains qui l'ont laissée péricliter et se dénaturer, après le travail accompli par De Gaulle/ Adenauer, Schmidt/Giscard, Kohl/Mitterand) mais je crois (comment le prouver ? Qu'en pense l'âne ?) que la situation d'ensemble est beaucoup moins pire qu'elle ne serait. Penser que la guerre n'est plus un problème me paraît aussi naïf qu'imaginer que le féminisme (l'antisexisme) est dépassé…

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  48. Euroactiv.fr le 8 11 2010

    Les ministres de la Justice européens ont approuvé, lundi 8 novembre, la levée des visas pour les citoyens de ces deux pays, désireux de circuler dans l'espace Schengen. Des conditions spécifiques pour encadrer cette autorisation ont cependant été mises en place.
    Documents officiels Conseil de l'Union européenne
    Approbation de la levée des visas pour Albanais et Bosniens, 8 novembre

    Certains Etats, notamment la France, avaient émis des réserves.

    L’ensemble des pays de l’Union européenne a cependant approuvé la levée des visas pour les Bosniens et les Albanais désireux de se rendre dans les 25 pays de l’espace Schengen. Ils devront être munis d’un passeport biométrique.

    Cette décision prendra effet à la mi-décembre. La levée des visas a déjà été approuvée par le Parlement européen, le 7 octobre.

    Cependant, pour éviter l’arrivée massive de demandeurs d’asile comme ce fut le cas lors de la levée des visas pour la Macédoine et la Serbie, les ministres ont introduit une condition.

    Ils ont mis en place un mécanisme de suivi du processus de libéralisation des visas pour les pays des Balkans occidentaux. La Commission pourra proposer, en cas de besoin, la suspension du droit de voyager sans visa. Elle devra surveiller étroitement la situation et faire des rapports réguliers au Conseil et au Parlement européen.

    Ce processus concerne l’Albanie et la Bosnie-et-Herzégovine, mais aussi la Macédoine, le Monténégro et la Serbie, qui ont déjà obtenu la libéralisation des visas.

    Pour mémoire : la Grèce ne sait plus comment faire face aux demandes massives d'asile du Monténégro et de la Serbie et attend toujours l'aide de Bruxelles et peut encore attendre longtemps puisque La création d’un régime d'asile européen commun pose de plus en plus de problèmes. La solution de la question, prévue pour 2010, a été reportée à 2012.

    Pour mieux se faire une idée de ce qui se passe en Grèce, il est bien de voir comment les Roumains et Bulgares ont recréé bidonvilles et marchés de la misère autour de Paris, dans les quartiers déjà à fort taux d'immigration.

    En somme la Serbie et autres pays sont des marchés à venir juteux... Quant aux hommes et leur misère, c'est pas l'affaire du capital...

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  49. Piqué dans Marianne

    Maurice Allais


    Le point de vue que j'exprime est celui d'un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m'apparaît fausse, artificielle. L'idéal socialiste consiste à s'intéresser à l'équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l'efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d'une même doctrine. Et c'est précisément à ce titre de libéral que je m'autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d'un libre-échangisme appliqué aveuglément....

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  50. ....

    Le fondement de la crise : l'organisation du commerce mondial

    La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du " protectionnisme ", dénonciation absurde à chaque fois qu'elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d'être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j'ai par le passé nommé " des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années " (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l'actuelle crise : l'organisation du commerce mondial, qu'il faut réformer profondément, et prioritairement à l'autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.

    ...

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  51. ...
    Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l'économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d'autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n'est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C'est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d'avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c'est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l'Europe. Il suffit au lecteur de s'interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres - si ce n'est des écarts plus importants encore - pour constater que la concurrence n'est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d'oeuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.

    ...

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  52. ....

    Il faut délocaliser Pascal Lamy !

    Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m'apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d'aggravation de la situation sociale. A ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d'un contresens incroyable. Tout comme le fait d'attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l'ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l'arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Comme je l'ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré : " Aujourd'hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu'ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 ", et qu'il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m'apparaît une méprise monumentale. Je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu'un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !

    Plus concrètement, les règles à dégager sont d'une simplicité folle : du chômage résultent des délocalisations elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires... A partir de ce constat, ce qu'il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j'ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces " organisations régionales " serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus à certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d'une saine et réelle concurrence entre ses membres associés...

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  53. Un protectionnisme raisonné et raisonnable

    Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s'unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l'est de l'Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d'Afrique ou d'Amérique latine. L'absence d'une telle protection apportera la destruction de toute l'activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c'est-à-dire de toutes les industries de l'Europe de l'Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu'avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l'industrie française finira par partir à l'extérieur. Il m'apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu'elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n'est posée, ce qui va arriver peut d'ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d'emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l'industrie, mais tout autant dans l'agriculture et les services.

    De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot " bulle ". Qu'il y ait des mouvements qui se généralisent, j'en suis d'accord, mais ce terme de " bulle " me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L'essentiel du chômage que nous subissons - tout au moins du chômage tel qu'il s'est présenté jusqu'en 2008 - résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l'échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu'une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l'est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.

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  54. Extrait de Métis – mars 2008

    En Pologne, plusieurs enquêtes analysant les conséquences sociales et familiales de l’émigration suscitent l’inquiétude. Elles démontrent que cette émigration massive casse les liens familiaux.
    Depuis 2004, et l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne, environ deux millions de Polonais (12% des « actifs ») ont émigré dans les pays de l’Ouest de l’Europe, Grande-Bretagne et Irlande en priorité. Age : entre 25 et 30 ans. Tous sont partis pour de meilleurs salaires. Mais, en même temps, ils ont découvert une autre façon de vivre et de travailler, correspondant sans doute davantage à ce qu’ils attendent de la vie.
    Certains secteurs d’activités ont été plus touchés que d’autres par cette vague : informatique, commerce, bâtiment et travaux publics, professions de santé etc… En Pologne, un tel flux a entrainé une véritable pénurie de main d’œuvre. En revanche, il a eu un double effet : d’une part, en trois ans, le taux de chômage est passé de 21% (2003) à 11% (2007) ; d’autre part, dans les secteurs où sévit la pénurie, les salaires ont augmenté de 15 à 40%, meilleure façon sans doute de retenir les Polonais au pays.
    Pour limiter les effets de cette émigration, les chefs d’entreprises ont embauché Russes, Ukrainiens, Asiatiques. Or, la plupart de ces autres émigrés aspirent, - eux aussi - , à travailler plus à l’Ouest de l’Europe. Sans doute, la Pologne n’était-elle pas préparée à une telle émigration, aussi massive, estiment les experts. Certes, le flux a ralenti. Depuis un an, les départs sont moins nombreux et l’on chiffre entre 5 et 10% le retour au pays des émigrés polonais.

    500 000 procédures de divorce
    Mais quelques années après des vagues de départ, une autres réalité de cette émigration apparaît. Aujourd’hui, on enregistre plus de 100.000 divorces dûs à cette émigration massive, 80.000 pour la seule année 2007. Aujourd’hui, 500.000 couples vivent séparément, l’un des conjoints travaillant à l’étranger. « Le divorce concerne 30% des jeunes couples dont l’un des deux a émigré ! » affirme un professeur de l’Université de Jagellon, à Cracovie. Dans les grandes Voivodies, les départements familiaux des Tribunaux enregistrent en permanence une centaine d’affaires relevant des « droits des enfants ». Raison : l’éclatement du couple. Et les juges de réclamer la réforme ou l’amménagement des droits parentaux, quand l’un des parents vit à l’étranger et que l’autre se trouve dans l’incapacité d’élever seul l’enfant.
    Les Associations des Droits parentaux et des Droits des enfants lancent des avertissements répétés : les procès relatifs à la garde, voire à l’enlèvement d’enfants ne cessent de se développer. Lorsque les deux parents émigrent ensemble, il arrive aussi que la garde des plus jeunes enfants soient confiés aux frères aînés. Depuis deux ans, 140.000 enfants sont placés dans des orphelinats sociaux. En Pologne, on les appelle aussi les « orphelinats d’émigration».

    François Gault, Varsovie

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  55. Dans le cadre des projets politiques qu'une opposition digne de ce nom pourrait construire, la Recherche.

    Dans un Communiqué SGEN-CFDT recherche EPST, SNCS-FSU, SNTRS-CGT, on peut lire le descriptif de la politique mise en place depuis 2002, visant à profondément transformer l’organisation de la recherche publique française. Le Pacte pour la recherche dans un premier temps, suivi par la loi Liberté et Responsabilité des Universités ont eu pour conséquence de déstructurer notre système de recherche en instaurant une gouvernance non démocratique, ainsi que la concurrence généralisée prônée par la commission européenne et différents organismes internationaux comme l’«OCDE»…

    Ces orientations politiques reposent sur les principes du «nouveau management public» qui visent à adapter le secteur public aux méthodes de gestion traditionnellement réservées au secteur privé.

    Le fil rouge de toutes ces transformations est de passer toujours plus rapidement de la paillasse au tiroir caisse tout en flexibilisant le travail scientifique et en le réduisant à l’innovation. L’ANR, l’AERES, les fondations de coopérations scientifiques et l’explosion du Crédit Impôt Recherche ont dépossédé les organismes de leur rôle stratégique sans pour autant développer la recherche privée.

    La «stratégie du choc» adoptée par le gouvernement vise, par le nombre et la brutalité des attaques, à désorganiser toute capacité de riposte. La mise en oeuvre du «grand emprunt» illustre bien cette tactique politique: appels d’offre précipités, instances scientifiques court-circuitées tant dans les organismes que dans les universités, personnels privés de tout droit de parole et d’intervention. Sans aucun débat réel au Parlement ou dans les assemblées régionales nous allons vers un système à deux vitesses où des régions entières seront durablement désertifiées pour privilégier quelques sites dits d’«excellence» qui ne seront peut être même plus pluridisciplinaires.

    L’enquête intersyndicale, menée en 2008-2009, a révélé l’existence de 50.000 précaires dont beaucoup vivent des situations dramatiques de souffrance au travail. Mais les transformations touchent aussi les modalités du travail lui-même: appel à la sous-traitance, temps consacré par les chercheurs à la chasse aux financements, individualisation des rémunérations.

    Cette politique a aussi des conséquences scientifiques dramatiques. Sous le fallacieux prétexte de créer quelques champions, c’est la fin programmée de tout ou partie des UMR.

    Face à cette situation de dégradation globale, les organisations syndicales sous signées appellent les personnels à faire des propositions et à agir. Nous voulons rebâtir une recherche publique autour de la mission nationale de développement du front des connaissances. Cette recherche publique doit aussi contribuer à la transmission des savoirs, au transfert vers l’industrie. Elle doit mettre son expertise réellement au service de la société.

    Nous souhaitons qu’à l’automne 2010, les instances scientifiques des organismes, conseils scientifiques, sections du comité national, commissions scientifiques spécialisées etc., consacrent un temps de réflexion sur l’état des disciplines, notamment celles qui ont été mises à mal au cours des dernières années. Nous nous appuierons sur ce travail pour faire l’état des lieux et commencer à élaborer des propositions.

    Les organisations syndicales soussignées proposent de travailler à rassembler ces contributions pour construire un projet qui sera rendu public au printemps 2011 et défendu auprès des partis politiques. D’après nous, ce projet devrait s’attacher à défendre l’emploi statutaire et à lutter contre la précarité, à rétablir la démocratie comme principe de gouvernance, à garantir l’existence d’organismes de recherche dans le cadre de relations équilibrées entre ceux-ci et les universités, à redonner enfin aux scientifiques la maitrise de leurs recherches

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  56. Paul Jorion, aujourd'hui.

    Les revenus ont été remplacés par des crédits. Le château de cartes du crédit s’est effondré. On a parlé de « crise de liquidité » au lieu d’insolvabilité pour permettre aux États de renflouer les banques en catimini en leur prêtant à taux zéro ou à peu près. Au lieu de prêter cet argent-là à des entreprises ou à des particuliers, tous incapables de les rembourser dans le contexte de récession qui s’était créé, les banques ont remis cet argent-là en pension auprès des banques centrales ou ont acheté des emprunts d’État. Comme les États s’étaient endettés pour renflouer les banques, et s’étaient portés garants de leur solvabilité, et que leurs rentrées baissaient du fait de la récession, le taux exigé sur leur dette grimpait et la valeur de leurs emprunts baissait. Du coup, le portefeuille des banques se dévalorisait. Ce qui les obligeait à se recapitaliser. Les banques s’affaiblissaient parce que leur portefeuille était bourré d’emprunts d’État qui perdaient de leur valeur parce que les États s’étaient affaiblis en venant à la rescousse des banques : une spirale infernale était née.

    Dans la zone euro, l’État le plus affaibli, la Grèce, a crié au secours. On a créé tant bien que mal un fonds de garantie européen. On était en mai, les choses se sont tassées. On est cinq mois plus tard, et l’Irlande se trouve aujourd’hui dans un état pire que la Grèce ne l’était en mai. (Oui, je sais : l’Irlande ne doit pas émettre d’emprunt avant juillet 2011. Mais soyons sérieux : avec 32 % de son PIB de 2010 consacré à soutenir son secteur bancaire et l’éventualité que les pertes du secteur bancaire irlandais atteignent les 150 milliards d’euros, qui osera prétendre que tout ira bien en Irlande en juillet 2011 ? En août de cette année, le taux 10 ans de la dette irlandaise était de 4,89 %, il était hier de 8,76 % ; rien qu’entre le 18 octobre et hier, il a bondi de 2,76 %). Le Portugal et l’Espagne vont à peine mieux – même si la réponse varie légèrement de pays à pays quant à savoir qui de l’État ou de ses banques se porte le plus mal.

    Jusqu’ici, les États de la zone euro étaient dans le même bateau. Pour la Grèce déjà, on a mis le remorqueur du Fonds monétaire international (FMI) à contribution. Ignorons la rumeur selon laquelle on construit en ce moment-même un gros radeau pour les pays les plus riches. Dans les conversations entre l’Allemagne et la France, le mot « restructuration » a cessé d’être tabou quand on parle de la dette de l’Irlande, de la Grèce et du Portugal. Ou du moins le mot « rééchelonnement » – ce qui du point de vue des créanciers veut dire la même chose : qu’une partie de la somme escomptée manquera à l’arrivée.

    « Restructuration » ou « rééchelonnement », ce sont les détenteurs d’emprunts d’État – au premier rang desquels les banques – qui paieront cette fois. Du moins si elles peuvent encaisser la perte. Si elles ne le peuvent pas et si elles sont au palmarès des vingt banques « Too Big to Fail », trop grosses pour faire défaut – entendez « sans tout faire tomber par terre » – établi par le Conseil de Stabilité Financière du G20, il faudra que les États les sauvent. Avec quel argent ? Bonne question ! En faisant régler l’ardoise des vingt plus grosses banques du monde par le FMI ? De qui se moque-t-on : le FMI ne vit que de cotisations versées par les États !

    J’ignore de quoi on parle dans les instances financières de la zone euro en ce moment mais si l’on ne parle pas de nationaliser dans son entièreté le secteur bancaire européen, on est en train de perdre un temps très précieux.

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  57. Il est bien "ton" Frédéric Gordon Monica... je ne le connaissais pas. Je viens de tomber sur son blog via le monde-diplo.

    Parfois, je me pose des questions sur l'exacte modernité des orientations du CNR...

    - l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

    - une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

    - l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

    - le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

    Points auxquels je rajouterais : une reconstruction de fond en comble de l'Europe entre peuples qui se respectent, ne se pillent pas mais collaborent entre-eux, s'associant pour le bien commun dans le respect de leur culture.

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  58. Il est vrai, Brocéliande, que lorsqu'on voit l'étendue des chantiers qui seraient à ouvrir, on reste un peu paralysé.

    De surcroît quand on réalise à quel point le Parti principal de gauche - le PS - a lui-même participé à tout ce processus que nous déplorons aujourd'hui, en y apportant seulement quelques infimes nuances, on est encore plus perplexe.

    D'où vont venir les forces politiques permettant impulser les vastes réformes qui sont à promouvoir?

    Melchior disait fort justement que cette impulsion pourrait venir d'une coalition des tendances, courants, mouvements de gauche les plus dynamiques, coalition sur laquelle il ne faudrait pas que le mol PS ait une hégémonie!

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  59. Il y a un grand dessin mural, près de chez moi, signé de Ben et que j'ai longtemps eu du mal à comprendre « Il faut se méfier des mots ».

    Maintenant, c'est ce que je me dis lorsque je lis « humanisme » ou bien encore « populisme ».

    Il y a un livre qui m'a profondément marqué : Histoire d'un Allemand d'Haffner.

    Extrait :

    « Qu'est ce que l'histoire? Où se joue-t-elle?
    Quand on lit une de ces relations historiques classiques dont on oublie trop souvent qu'elles contiennent le contour des choses et on les choses elles-mêmes, on et tenté de croire que l'histoire se joue entre quelques douzaines de personnes qui « gouvernent les destins des peuples »...

    Un fait indubitable, même s'il semble paradoxal, c'est que les événements et les décisions historiques qui comptent vraiment se jouent entre nous, entre les anonymes, dans le coeur de chaque individu placé là par le hasard, et qu'en regard de toutes ces décisions simultanées, qui échaquppent m^me souvent à ceux qui les prennent, les dictateurs, les ministres et les généraux les plus puissants sont totalement désarmés....

    Pour quelle raison les Alleamnds ont-ils perdu la guerre en 1918, tandis que les Alliés la gagnaient? Un progrès dans la stratégie de Foch et de Haig, un relâchement dans celle de Ludendorff? Nullement, mais le fait que « le soldat allemand », celui qui composait la majorité d'une masse anonyme de dix millions d'hommes, a cessé soudain d'être disposé, comme il l'était jusqu'alors, à risquer sa vie à chaque attaque et à tenir ses positions jusqu'au dernier homme. Où s'est joué ce changement décisif? Nullement dans des rassemblements massifs de soldats mutinés, mais, de façon incontrôlée et incontrôlable dans le coeur de chaque soldat allemand...

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  60. Dans la masse des anonymes, de ces millions de femmes, nourrit à l'humanisme de gauche si chère à mon école républicaine, qui me l'enseigna parmi tant de belles choses encore, il y a eu en moi le déchirement ... du voile intégral. Ce fut une colère folle, une complexité, une remise en cause profonde et déchirante. Je suis une enfant de paysans normands devenus artisans dans le 9-3. Cela ne compose en rien une identité, mais cela forge le respect pour eux, pour la société qu'ils ont forgée, ces pauvres d'entre les pauvres, mais si riches d'eux-mêmes (et comment l'oublier), au delà de la révolte de l'adolescence que je ne suis plus depuis bien longtemps. Il y a un proverbe arabe auquel je pense souvent et que je traduis d'une façon sans doute bien maladroite : ton enfant, n'est pas ton enfant mais celui de son siècle.

    Et dans cette famille, vous savez quoi? j'y étais parfaitement heureuse.

    Le bonheur, ce dont auquel chacun d'entre nous sans doute aspire, va au-delà de l'économie, du pouvoir d'achat. Il se construit, enfin je crois, dans l'adhésion à une histoire.

    L'histoire de France, celle de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne, de ma tendre et si chérie Grève, se construit dans le creuset de son peuple. C'est à mon sens, et je peux me tromper, l'histoire des nations, que l'on ne peut balayer d'un revers de main, comme si elle n'était rien, comme la fatigue au coeur des soldats allemands en 18 en territoire étranger.
    Parce qu'on peut se poser la même question chez les soldats français : pourquoi ont-ils eux, continuer à se battre, avec le coeur, si ce n'était leur terre ?

    On ne sait pas bien comment se construisent les identités.

    Il en reste une donnée qui me semble universelle : quelles sont nos terres?

    et je ne parle pas de terres géographique. Je pense ici à nos terres culturelles.

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  61. je voulais dire : ma si chérie Grèce. en Grève bien sûr. Je ne me conçois pas sans elle.

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  62. Chère Brocéliande, je suis née d'une mère espagnole et d'un père français car son grand-père, espagnol, avait choisir de devenir français.

    Mes grands-parents paternels ont donné à leurs enfants des prénoms français: Charles, Eugénie, François, Alfred et mes parents ont donné à leurs enfants des prénoms français.

    Qu'ils en soient remerciés. Ainsi, dans notre identité, nous portons nos racines andalouses (le patronyme) et nos racines françaises (le prénom).
    Nombre d'amis de ma famille d'origine italienne ou portugaise ont agi de même.

    J'ai vécu mes premières années au Maghreb et j'ai côtoyé des femmes arabes mariées et mères très jeunes, enfermées dans leur maison, marchant devant leurs maris dans la rue, cachées sous leur voile. Les retrouver aujourd'hui dans les rues en France m'est franchement insupportable. Car je sais bien ce qui accompagne ce morceau de tissu: l'interdit d'éducation, de profession, l'assujettissement, la lapidation, l'excision... Le retour à un archaïsme contre lequel les femmes européennes se sont battues.

    Et ça, c'est ma terre culturelle. Je ne veux pour rien au monde y renoncer.

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  63. je suis très émue par tes écrits Monica. Vraiment très émue.

    Qui sommes-nous sans notre histoire?

    De cette France et de l'adhésion de tes ancêtres, que je connais à travers le sublime Camus, ou aussi, l'histoire des "pieds-noirs" espagnols.

    et aussi celle des Alsaciens qui ne voulant pas être Allemands, furent pieds-noirs. Celle aussi des harkis. Et pour ces derniers, mon coeur saigne.

    C'était un choix bien au-delà de leur culture. Mais la misère de ces peuples rapatriés, fut exactement la même.

    Cette Europe sublime, gréco-latine, britannico-germanique (si je puis me permettre), je refuse qu'ils en fassent n'importe quoi.

    Entre Maastricht et le traité de Lisbonne, il y a, me semble t-il, un gouffre.

    Ce qui importe, c'est notre honnêteté, comme tu viens de le définir pour toujours repenser l'histoire des peuples.

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  64. Tendre Monica,

    Je ne sais pas si le droit européen fut toujours du côté des féministes. je crois même qu'il ne le fut pas, au nom de la liberté de religion.

    La Belgique et la France agissent toujours en franc tireur.

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  65. Pour l'Europe je crois qu'au fond Melchior
    Et Brocéliande sont d'accord
    Sur le point de départ et le point d'arrivée
    C'est sur la stratégie qui doit être activée
    Que porte leur différend
    Peut-être pas irréductible au demeurant.

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  66. Ce que je pense de nous, et je pense à l'âne, sans nous "savoir", parce qu'il nous faudrait être "sans mouvement", fixe...., cher Grifollet, c'est qu'au-delà de l'entente ou de la mésentente, naît le ferment, l'honnêteté, le savoir se tromper, la recherche de l'autre dans les mots mêmes de nos désaccords.

    Un peu comme se demander ce qui se cache derrière ce texte en latin volé par cette petite fille faite de tresses dressées et de jupons si relevés, gravé en un autre temps, tissé de vérité, en un autre langage, le grec, que je ne parle pas.

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  67. Un article que je trouve intéressant dans le Monde, signé Martin Wolf.

    Pourquoi la Fed a raison.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/11/15/pourquoi-la-fed-a-raison_1439996_3232.html

    J'en souligne ci-dessous ce que j'ai aussi découvert récemment dans les écrits de Gordon.

    La nature du système monétaire contemporain est la création d'argent à partir de rien au travers des prêts souvent irresponsables consentis par les banques privées. Pourquoi une telle privatisation d'une fonction publique serait-elle juste, tandis que l'action de la banque centrale cherchant à satisfaire les besoins de la population serait qualifiée de route vers la catastrophe ? Quand les banques refusent de prêter et que la masse monétaire croît à peine, c'est pile ce qu'une banque centrale devrait faire.

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  68. Qui est ce Gordon ? Ne serait-ce pas plutôt ce bon Monsieur Frédo ? Il est d'ailleurs piquant de remarquer une parenté lexicale entre Martin Wolf et Frédéric Lordon quand il s'agit d'épingler les ahuris de la doxa dominante un peu pantelante mais qui s'essaie encore à l'arrogance : hurlements, pleurs, hystérie. Ma foi, qu'ils braillent. Si cela pouvait être le signe que le monde va enfin leur échapper…

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  69. Salut, c'est Melchior.

    Je ne suis pas sûr de bien comprendre l’argumentation de l’éminent éditorialiste du Financial Times. Une chose est sûre: la BCE devrait, tout comme la Fed, avoir un double objectif au lieu d’un seul, et se soucier autant de favoriser l’emploi que de contenir l’inflation (le véritable problème étant d’ailleurs plutôt celui d’un gouvernement économique fédéral).

    Il est inexact de dire que les banques créent de la monnaie « à partir de rien ». Elles produisent des formes de crédit, à partir d’une substance qui pour être immatérielle n’en est pas moins réelle: la confiance des différents acteurs de la vie économique (entreprises, ménages, etc.).

    D'autre part, que les banques soient de statut privé ou public importe peu, ce qui compte c'est la manière dont elles sont contrôlées (par qui ? comment ?).

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  70. Tu as tout à fait raison Parleur, il s'agissait bien de Lordon.

    A melchior : L'on pourrait dire en reprenant votre définition et à propos des bulles spéculatives en général et en particulier celle de l'immobilier qu'il y a eu "abus de confiance". Le prêteur ayant fortement abusé l'emprunteur. Et ce sont les enfants de l'emprunteur qui paieront la note.

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  71. Abus de confiance, abus de pouvoir et abus de position dominante. Ce qui pose le problème d'une redéfinition du droit de propriété...

    (C'est toujours Melchior, en panne de connexion).

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  72. Pour rire un peu, et faire court : Aujourd'hui dans le Monde, à propos de la crise de la dette et du malheur des Irlandais :

    La BNP Paribas, 3200 milliards d'actifs, numéro 1 mondial. Rien à foutre des autres... Pourrait même s'acheter la France, l'Espagne, et un bout du Portugal... Alors les queues des perdus du libéralisme le plus dur devant les soupes populaires... ^^

    J'aime bien lire le Monde... On se sent, comment dire, plus paisible.... ^^

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  73. Bonsoir ! C'est Melchior.

    Faut-il élire une Constituante ?

    Il paraît que deux formations, le NPA et le PG, insistent pour convoquer une Assemblée constituante.

    Outre qu’on ne voit pas très bien qui convoquera cette assemblée ? Un gouvernement provisoire, peut-être ? Tombé de quel ciel et par quel heureux hasard ? je ne suis pas sûr que ce soit une très bonne idée, si j’en crois l’expérience historique.

    1789. Il n’est pas question de minimiser l’œuvre des premiers Constituants de la Révolution française. Serment du Jeu de Paume, distinction de la Gauche et de la Droite, abolition des privilèges, Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (qui figure toujours dans le Préambule de l’actuelle Constitution) etc. etc. Cette œuvre est considérable. Mais la Constitution même, issue de leurs travaux n’aura pas duré bien longtemps, n’est-il pas vrai ?

    1917. En Russie, la Révolution « de février » convoque une Constituante pour donner une Constitution à la République. Elle est élue, se réunit, et paf ! Elle est dissoute aussitôt par la Révolution d’ « octobre ». C’est pas de chance, hein !

    1945-46. En France, la Constituante émet un projet, il est retoqué par référendum. La deuxième mouture est acceptée par le Peuple souverain, mais chacun s’accorde à dire que sous cette Constitution, la IVème République n’a pas très bien fonctionné. Seul subsiste, là encore, le Préambule - qui reprend la DDHC89 et la complète à partir du Programme du CNR, et qui figure dans la Constitution actuelle, celle de 58 modifiée 65.

    Est-ce à dire qu’il ne faut pas de changements constitutionnels ? Si, pour aller vers la VIème République.

    On peut utiliser pour cela les dispositions prévues par la Constitution actuelle, et les procédés de la démocratie participative. Cela vaut mieux que de confier tous les pouvoirs - sauf la ratification - à une assemblée unique, source d’abus dont nous avons aussi quelques exemples historiques.

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  74. Ségolène Royal se portera-t-elle candidate ?

    Je n’en suis pas sûr.

    Il se peut qu’elle soit contrainte à différer pour plusieurs années sa candidature, comme de Gaulle en 1953 (dans un contexte constitutionnel différent), et comme Mitterrand en 1969, chacun des deux étant contraint d’attendre son heure, 1958 pour de Gaulle, 1974 (pour être candidat de nouveau) et 1981 (pour gagner) en ce qui concerne Mitterrand. Il n’y a pas que la certitude d’y voir clair et la volonté de vaincre, il y a aussi les circonstances.

    Ségolène Royal devra-t-elle renoncer ?

    Je n’en suis pas sûr non plus.

    Il apparaît de mois en mois plus évident que la Droite connaît une crise profonde, et que la Gauche conventionnelle n’est guère en meilleur état. Les failles et lézardes sont de plus en plus apparentes dans le système institutionnel classique. Des opportunités vont se faire jour pour les audacieux(ses) à qui la Fortune sourit, surtout ceux (celles) qui sauront se faire entendre du Peuple souverain et le rappeler à la conscience de son pouvoir. De quoi faire grincer quelques dents et se tordre quelques groins.

    (Résumé: p’têt’ben qu’oui, p’têt’ben qu’non. Vamos a ver.)

    En cas de renoncement, ce serait la candidate de EELV, Eva Joly, qui aurait ma préférence au premier tour.

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  75. La distinction explicite entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité remonte à Max Weber, sociologue allemand du début du XXème siècle.

    Pour faire court: la première veut qu’on agisse strictement selon ce qu’on croit juste en soi, sans se laisser impressionner par les conséquences. « Fais ce que dois, advienne que pourra? » Si ta maxime est qu’il ne faut jamais mentir, tu ne dois pas faire même un « pieux mensonge ». Si tu dois obéir à tes chefs (ou au règlement)… Etc.

    La seconde veut qu’on prenne zen considération les conséquences de son action. « En toutes choses il faut considérer la fin. Dans Les Misérables, Mgr Bienvenu ment aux gendarmes, Sœur Simplice ment à Javert… Le danger est d’aller de compromis en compromissions.

    Bien entendu, in medio stat virtus. Chacun doit trouver (à ses risques et périls) la bonne combinaison des deux éthiques, armer de conviction son esprit de responsabilité et inversement.

    Un fil conducteur en politique: la poursuite du bien public, c’est la recherche, non du bien absolu, mais du moindre mal.

    Quand le Prophète (béni soit son nom) s’est adressé aux Arabes anté-islamiques brutaux qui battaient à mort leurs femmes, il ne leur a pas dit: « Dieu interdit de battre les femmes », c’est lui qui aurait été mis à mort pour le coup, sans aucun bénéfice pour la cause des femmes. Il a dit: sans doute on peut les battre, mais aussi doucement qu’avec une plume, jamais plus fort, de peur d‘offenser Dieu… À son époque, c’était un progrès phénoménal.

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  76. C'est bien connu : Mahommet est un grand humaniste mal compris des ignorants.

    Et le moindre mal, Cohn Bendit nous l'a toujours indiqué : pour que l'Europe se fasse: il faut pour les Français : un smic jeune, des délocalisations et dernièrement : qu'il aligne leur régime de retraite sur celui des Allemands. Parce que ce qui importe, c'est que nous soyons tous égaux. Aussi, je vais me voiler immédiatement, pour ne pas être différente de ma voisine. Ce qui importe c'est l'égalité.

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  77. Si l'immense majorité musulmane habitant en France ne peut plus compter sur la fermeté des convictions des laïcs, pour freiner les extrémistes, alors ils ne pourront que renoncer à leur rêve de liberté.

    Et de cela j'en suis totalement et fermement convaincue. Aussi je trouve vos arguments fallacieux. Du genre : les laics sont des racistes. Amen

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  78. C'est un peu comme les Irlandais qui en ce moment sont littéralement pris en otages par les banques allemandes et anglaises, au nom du mirage européen. Des imbéciles. Ils pensaient pour s'être délivrés du joug des Anglais, il n'y a guère moins d'un siècle, qu'ils ne retomberaient pas sous un autre joug. A 5% le prêts assortis de conditions bien saignantes, ils vont payer longtemps leur rêve d'un autre monde. Tout comme les Polonais qui ont immigrés chez eux en masse d'ailleurs.

    Ainsi va la loi du capital, lui, absolument pas raciste ou xénophobe. Prêt à employer toute la main-d'oeuvre du monde entier du moment qu'elle n'est pas chère. Pour le reste, ce n'est pas leur affaire. Et les peuples, leurs habitudes, leurs cultures, la façon dont ils peuvent être broyés, c'est totalement dépassé. Ce qui compte c'est juste de savoir jusqu'où les gouvernants sauront démontrer "aux marchés" leur habilité à faire rendre gorge à ces mêmes peuples.

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  79. Pour finir les nations ne sont pas synonymes d'étriquées. Une nation c'est ce qui me donne de force ou de gré une certaine façon d'être, une culture, une histoire. Le manque de nation c'est le pourquoi Zweig, finalement apatride, se suicida, malgré tout, malgré lui, malgré la finesse de son analyse.
    Il voudrait mieux être logique : L'on ne peut hurler contre la double peine imposée par Sarkozy aux nouveaux français coupables de crime et penser dans le même temps que la nation est une idée dépassée.

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  80. Le plaidoyer choc de DSK pour plus d'Europe...et une TVA européenne
    Source : La Tribune.fr - 19/11/2010 | 17:16 - 1176 mots |
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    Le directeur général du Fonds Monétaire International (FMI) et possible candidat aux présidentielles françaises de 2012, Dominique Strauss-Kahn (DSK) a lancé vendredi plusieurs propositions choc pour relancer la zone euro et l'Union européenne (UE), dont une TVA européenne et une autorité budgétaire centralisée. Il plaide pour un transfert de pouvoirs des États-membres vers la Commission...


    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20101119trib000574546/le-plaidoyer-choc-de-dsk-pour-plus-d-europeet-une-tva-europeenne.html

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  81. Je pense avoir déjà expliqué pourquoi je ne crois pas à la fécondité d’une fermeture nationaliste. Et je suis fermement attaché aux principes du fédéralisme et de la subsidiarité.

    Je ne suis pas comptable des bêtises qu’il arrive à DCB de proférer. Pour en citer deux: je désapprouve sa sortie sur le refus des minarets par les Suisses; et je crains qu’il n’ait dérapé récemment à propos de Mélenchon. En revanche je suis d’avis que c’est à tort qu’on en fait un suppôt du néo-libéralisme.

    Mahomet lui non plus ne me semble pas être le diable. Comme tous les fondateurs et réformateurs, il était le produit d’une époque, le « reflet » des tendances manifestes et cachées d’une société; il a pu aider des changements positifs à advenir. La femme était, avant lui, en Arabie, une chose. Il en fait une personne, un sujet (de second rang, certes, mais quand même… n’oublions pas qu’à peine trois cents ans plus tôt les chrétiens doutaient encore que les femmes aient une âme). Ses conceptions ne satisfont évidemment pas nos exigences d’après les Lumières, mais ce n’est pas rien, et on peut s’appuyer là-dessus dans notre dialogue avec l’Islam civilisé. Me semble-t-il.

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  82. Une TVA européenne: je serais pour, si elle était sous contrôle du Parlement européen.

    Une autorité budgétaire centralisée, faisant pendant à l'autorité monétaire, serait aussi une bonne chose... toujours sous contrôle du Parlement européen.

    Voilà des occasions de réclamer une consultation constitutionnelle du peuple européen souverain.

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  83. L'on pourrait parler de fédéralisme, et discuter de ses avantages et inconvénients, si le parlement européen avait un réel pouvoir. Or il n'a qu'un avis consultatif dans les domaines qui comptent.

    Il me semble d'autre part difficile de discuter de moyens financiers sans discuter du projet européen. Et pour l'instant, cette Europe est d'essence libérale et impérialiste. C'est inscrit dans le traité de Lisbonne.


    Je ne crois pas que DBE disent des bêtises. Il est cohérent avec son projet européen. Et rejoint en cela les propos de DSK : dérégulation du marché du travail pour tendre vers un contrat de travail et des "droits sociaux" valables sur l'ensemble du continent. C'est d'ailleurs une idée qui court chez EE : casser le CDI pour un "meilleur partage du travail entre tous".

    D'ailleurs, les écolos européens sont, tout comme DSK, pour que les citoyens européens délèguent "une partie" comme ils disent, de leur souveraineté à l'Europe, à des gens qui ne sont mêmes pas élus. Il ne s'agit dont plus ici de démocratie mais de la construction d'une oligarchie. Ce qui arrangerait beaucoup de monde, vu que les peuples européens ont une fâcheuse tendance à voter pour l'extrême-droite au prétexte qu'il y a trop d'immigrés. (Et que l'immigration, c'est l'avenir de l'Europe).

    D'autre-part, les écolos ne peuvent prôner la même Europe pour tous et prétendre, par exemple, défendre en France, la retraite à 60 ans. C'est une aberration économique et une vision très nationaliste. DBE est mille fois plus cohérent pour le coup.

    Combien de fois ont-ils dénoncer l'idée de protectionnisme (mot très vilain), avant d'admettre qu'il en faudrait peut être un peu aux frontières de l'Europe. (Frontières?).

    Enfin, je n'opposerais pas systématiquement nations et construction européenne. D'abord, parce que ce sont des nations qui composent l'Europe, qu'on le veuille ou non, même si elles nous gênent. Et puis cela sous-entend qu'avant le traité de Lisbonne ou celui de Maastricht, il n'y avait pas de volonté politique commune en Europe.

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  84. En tous les cas, à "gauche", l'idée d'un protectionnisme ne fait plus aussi peur.

    Lu dans Le Monde:

    Arnaud Montebourg, 48 ans, est candidat à l'élection présidentielle. Le député socialiste de Saône-et-Loire l'a annoncé, samedi 20 novembre, sur ses terres de Frangy-en-Bresse, avant d'entamer un tour de France. Dans un entretien au Monde, il explique les raisons de son engagement par la nécessité d'"ouvrir un cycle politique nouveau, à dix-huit mois de l'élection présidentielle".

    Son credo ? La "démondialisation", concept inventé par le sociologue philippin Walden Bello. "Economiquement et écologiquement, la mondialisation est un désastre car elle survalorise l'exportation, explique le député socialiste. Il faut donc assumer un certain protectionnisme comme un outil pour le développement, au nord comme au sud."

    Pour y parvenir, M. Montebourg propose cent mesures qui "tracent un chemin de transformation où le politique reprend la main". Secrétaire national à la rénovation au sein du PS, il veut "d'abord interdire un certain nombre de pratiques spéculatives" et se propose de "créer une taxe globale sur les activités financières".

    Dans une logique de rupture avec le capitalisme – qui n'est pas sans rappeler le candidat Mitterrand d'avant 1981–, le candidat à la candidature du PS le dit sans ambages: "Mes propositions sur les finances ne sont pas régulatrices, ce sont des lois sécuritaires."

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  85. Mahomet lui non plus ne me semble pas être le diable...n’oublions pas qu’à peine trois cents ans plus tôt les chrétiens doutaient encore que les femmes aient une âme).

    "Comment donc l'Eglise n'aurait-elle pas reconnu une âme dès l'origine à celle qui fut la mère de Dieu? Comment n'aurait-elle pas reconnu une âme à celles qui accompagnèrent le Christ? A quoi sert donc le salut pour qui n'aurait pas d'âme? Pourquoi donc l'Eglise les aurait-elle baptisées? Comment certaines d'entre elles auraient pu être déclarées saintes? Tout démontre l'absurdité totale de cette rumeur. Et pourtant, elle est régulièrement reprise. "

    Ce n'est pas de moi, mais de Marc Lefrère dans un de ses papiers de blogs sur le club med. Mais cela me semble pertinent.

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  86. je ne suis pas une spécialiste des religions. Mais l'on ne peut vendre la respectabilité de l'une en arguant de l'obscurantisme de l'autre, il y a de cela des siècles.

    Ce qui importe aujourd'hui, c'est de voir au quotidien quelle est le message qu'elle diffuse. Et l'islam modéré ne remplit, pour l'instant, guère les mosquées.

    Sur Paris, alors que les musulmans prient jusque dans les rues, notamment rue Myhra, la grande mosquée de paris est quasi vide. Une histoire de choix d'imam et de messages.

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  87. Dans tous les cas, je ne suis pas "contre" les religions. Elles existent depuis que l'homme est. J'essaie simplement d'être vigilente quant aux messages qu'elles peuvent délivrer.

    Et l'on ne peut nier la montée des extrémismes qui visent essentiellement à détruire les "libertés" très fragiles des femmes.
    Pour l'instant, en Europe, (ce qui n'est pas le cas aux Etats-Unis où c'est plutôt l'obscurantisme chrétien qui est à l'oeuvre), l'offensive contre la liberté d'être des femmes est plutôt portée par la religion musulmane.

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  88. Sur le protectionnisme: c'est, comme l'inflation, une facilité séduisante. L'ennui, c'est qu'en matière d'échanges internationaux les partenaires ne sont pas seulement fournisseurs, ils sont aussi clients, et qu'un ancien fournisseur éconduit tend à devenir un client qui se détourne. (Je ne suis pas toujours et partout contre tout protectionnisme, de même qu'une faible dose d'inflation peut être stimulante; mais il faut y regarder à deux fois).

    Le déni de l'âme à la femme est en effet une incohérence. Deux remarques: 1) les théologiens de ce temps-là ne sont pas à une incohérence près. 2) il faut féliciter le Concile de Nicée d'avoir fait une ferme mise au point (en récompense, admettons Nicée en Europe, en faisant adhérer la Turquie !).

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  89. Je crois que nous ne pouvons négliger ce que j’appelle l’alliance des barbus et des barbons. Ce n’est pas aux musulmans que nous devons les attaques de ces deux dernières années contre le planning familial, la disparité de nos assemblées et de notre gouvernement, le retour au scrutin uninominal qui renverra à leurs foyers toutes ces conseillères régionales que le scrutin de listes paritaires a permis de voir émerger, la très belle augmentation du plafond de la réversion - destinée aux “femmes normales” qui sont veuves après n’avoir parfois jamais cotisées - et supprimer la petite niche fiscale destinée aux “femmes de peu” qui ont élevées seules leurs enfants et tant de etc...
    Les intégristes musulmans tiendraient moins le haut de leurs pavés si “l’ordre moral” (important lorsque l’on veut une société oligarchique basée sur l’héritage) n’était pas de retour dans notre pays laïque.

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  90. Eh oui, Caroline, l'intégrisme musulman ne peut s'imposer que parce qu'il s'immisce dans les failles de notre société. L'égalité des hommes et des femmes, la laïcité n'étant pas acquises et se trouvant même menacées au sein même de nos société, les pratiques les plus régressives venues "de l'extérieur" sont acceptées, ou discutées, alors que la question de leur légitimité ne devrait même plus avoir à se poser.

    L'intégrisme musulman vient aussi occuper un espace laissé libre par l'échec des politiques d'intégration, qu'elles prennent le masque dur et rouge du chiffonnier et de son boutefeux, ou le masque mou et rosâtre de l'anti-stigmatisation moralinesque.

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  91. Frédéric Lordon va publier 2 articles dans Marianne sur la crise.

    Voici le premier, paru aujourd'hui:
    LORDON

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  92. Oui cher Melchior, je suis aussi pour l'adhésion de la Turquie à l'Europe, en vertu de cet adage si bien connu : plus l'on est de pauvres, plus l'on rit! ^^

    Quant à l'inflation, le protectionnisme ou à la dépréciation de la monnaie, enfin toutes ses données du grand jeu de l'oie de la finance mondiale, il me semble bon de ne pas y accoler de valeurs morales. Si l'on réussit à se désengluer de trente ans de moralisme exacerbé, l'on pourra peut-être réfléchir.

    @Caroline : vous me direz, si nous étions tous de fervents musulmans ou des papistes convaincus, cela supprimerait d'un seul coup le délicat problème du planning familial, mais aussi peut-être le problème de la représentation des femmes dans les instances politiques. ^^

    Resterait plus qu'à apprendre à diluer juste ce qu'il faut de cyanure dans la soupe de nos vieux, pour jouir en toute impunité d'une "fabuleuse" pension de réversion.


    Dans tous les cas, il y a de grandes chances comme le dit Lordon et il n'est pas le seul, que l'Europe n'ait plus du tout le même visage dans 18 mois.

    Et c'est vrai que j'ai du mal à coller au début de la campagne présidentielle en France, parce que tout se joue, en ce moment, ailleurs.

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  93. Je me demande toutefois, si Merkel (via la position de l'europe dans la crise irlandaise) n'a pas une fois encore (après la taxation des trasactions) la bonne solution lorsqu'elle entend faire payer les créanciers.

    Jorion :

    En application de l’idée que de nouvelles banques devaient être créées en Irlande, qui récupéreraient les dépôts bancaires des mauvaises, et pourraient être capitalisées avec les fonds européens de l’EFSF, qui trouveraient là leur meilleure utilité. Le paradoxe étant qu’une telle mesure serait une application, dans un autre contexte, de la politique préconisée par les Allemands – faire payer les créanciers – alors qu’elle est montrée du doigt comme étant à l’origine de la crise actuelle.

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  94. En fait, ce que je sais, au-delà de nos désaccords enrichissants, c'est que nous serions tous en cas de vrais problèmes, dans le maquis auvergnat si cher à Parleur. D'ailleurs, il me semble que de Gaulle, lorsqu'il parlait de l'unité de la France, avait cette phrase délicieuse : "ils veulent tous leur indépendance (les régions), mais personne ne voudra de l'Auvergne, c'est ce qui fait la France"... Enfin quelque chose comme cela.

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  95. Ah les 365 fromages de notre cher et vieux pays (366 les années bissextiles) !

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