samedi 2 mai 2009

FEMMES, HOMMES....


FEMMES, HOMMES .....


Par Monica

Que veulent les femmes? Qu'en est-il du mystère des femmes?
Des hommes se posent ces questions, qui suscitent ma perplexité. Freud a parlé du Continent noir de la féminité. La différence entre hommes et femmes serait-elle assez forte pour générer ce sentiment d’étrangeté, d’incompréhension, d’inquiétude, voire de méfiance?

Que veulent les hommes ? Qu'en est-il du mystère des hommes ?
Je ne me pose pas ces questions.
Les hommes m’apparaissent comme des autres, si semblables à moi. Pourquoi et comment puis-je apparaître à certains d’entre eux comme une personne étrange, une étrangère ?

Nous naissons, vivons, mourons.
Nous avons été engendrés par un homme et une femme, avons été portés dans la matrice maternelle, sommes passés par la même porte étroite – sauf lorsque nous avons été extirpés de l’utérus par une césarienne.
Nous avons les mêmes organes sensoriels, le même cerveau, nous dormons, rêvons, mangeons, digérons, urinons, déféquons, souffrons, sommes heureux, ressentons certains plaisirs de la même façon.
Nous avons grandi en côtoyant des filles, des garçons, des hommes, des femmes, des animaux femelles et mâles. Nous avons découvert les mers et les océans, les montagnes et les prairies, les fleurs et les arbres.

A la naissance, l’état civil nous a assigné un genre : fille (code 2) ou garçon (code 1). Nous avons découvert durant l‘enfance que filles et garçons portaient une petite différence. Pour les uns, un sexe saillant et pendant, pour les autres, un sexe plus secret, avec des plis et des replis. A la puberté, les caractères sexuels secondaires se sont marqués: les seins des filles se sont développés, leur utérus s’est mis à saigner de façon cyclique. Les garçons ont mué, leur voix est devenue grave, des poils ont poussé. Les hormones des unes et des autres ont modifié les humeurs, ont changé le regard porté sur soi et sur autrui. Enfin, le processus de la procréation a différencié hommes et femmes : les unes peuvent porter l’enfant, pas les autres.

Ces différences sont-elles si marquantes pour votre vie psychique et sociale ? Oui, sans aucun doute, mais jusqu’à quel point ?
La Nature est d’emblée un fait de culture. Les humains le savent si bien au fond d’eux qu’ils éprouvent le besoin de marquer le genre par des scarifications, des rituels. Dans certains pays, on marque encore les filles en leur ôtant le clitoris ou en mutilant leur vulve. Objets des hommes, elles doivent appartenir à leur seigneur et maître. Elles doivent procurer le plaisir sans l’éprouver, donner la vie aux enfants qui porteront le nom du père et vivront sous son pouvoir.

Longtemps on a moins nourri les filles, ce qui avait des conséquences sur leur développement physique. On les habillait de rose et on leur proposait des poupées – sensibilisation à la fonction maternelle. Vêtus de bleu, les garçons avaient d’emblée entre les mains des fusils et des voitures - sensibilisés à la fonction guerrière. De ces conditionnements au « féminin » et au « masculin », dont les mouvements féministes, humanistes, homosexuels, ont montré le caractère arbitraire, nous connaissons encore la force marquante au plus profond de nous.

Mais nous savons aussi que nous avons beaucoup en partage. En dehors du fait de porter en nous le même gène X, nous avons des mécanismes d’identification qui nous permettent d’explorer les virtualités de passivité et d’activité, d’abandon et de maîtrise, de masculin et de féminin, de maternel et de paternel qui sont en l’humain, dont la nature bisexuelle avait été affirmée par Freud lui-même. Dans certaines cultures, les hommes pratiquent la « couvade » grâce à laquelle ils peuvent ressentir ce qu’est la grossesse. Des êtres atypiques, que l’on appelle des transsexuels, ont un corps de femme et se sentent hommes, ou bien ils ont des corps d’hommes et se sentent femmes. D’autres, que l’on appelle homosexuels, sont attirés par des gens du même sexe et peuvent avoir des pratiques sexuelles actives et passives, qui transgressent les règles de la norme hétérosexuelle.

N’est-ce pas la preuve, s’il en était besoin, que l’humain a en lui des virtuels très vastes que son éducation, les conditionnements normatifs, lui ont permis de plus ou moins explorer, de plus en moins mettre en acte ?

Mais le continent noir de la féminité, je le sens, persiste dans certaines têtes d’hommes.

Est-ce parce qu’ils sont passés par la porte étroite de la mère, être de l’autre sexe ? Cette mère dont parfois Antonin Artaud aurait voulu dénier l’existence, dans un fantasme d’auto-engendrement ? Je ne peux pas être né d’une femme. Je redoute cette Mère fusionnelle, symbiotique, ce continent noir toujours susceptible de me happer, de m’empêcher d’accéder à mon identité, à ma liberté ? Mais beaucoup de femmes ont la même crainte.

Est-ce parce que le plaisir féminin a quelque chose de secret ? Parce que l'orgasme féminin peut être mimé, simulé, alors que l’orgasme masculin, lui, est visible dans ses spasmes et sa liqueur ? Mais cette notion de simulation ne concerne que le spasme final, elle ne peut s’appliquer au plaisir, dont la moiteur humide de la vulve signe l’indubitable existence chez la femme.

Est-ce parce que l’acte sexuel confronte l’homme à la puissance de l’érection et à l’affaissement de la détumescence, qui est en quelque sorte une expérience de castration, dont il donne à voir les signes à sa partenaire ?

Pourquoi une femme intelligente qui tente d’exprimer ce qu’elle pense est-elle souvent rejetée par les hommes, qui la contredisent, ne peuvent pas vraiment et pleinement l’aimer, voire tentent de la blesser, de la rabaisser, de l’humilier ? Avec une femme intelligente, disait Baudelaire, un homme se sent devenir pédéraste. Certains hommes ne peuvent admirer des femmes intelligentes. Alors les femmes doivent jouer de subterfuges pour ne pas se faire rejeter. Elles doivent rester humbles, poser des questions, avouer leur méconnaissance, leurs incertitudes. Elles doivent se montrer narcissiques pour plaire aux messieurs et jouer le jeu de la séduction. Chacun est bien à sa place, dans son rôle. Ainsi, l’homme, royalement rassuré, peut dire « Ah ! Elle est mignonne celle-là, je vais pouvoir lui apprendre des choses et lui souhaiter tout le bonheur possible». Pour les autres, trop « viriloïdes » peut-être, ce serait plutôt « Clos ta bouche, je me bouche les oreilles pour ne plus t’entendre et va voir ailleurs si je n’y suis pas» ?

Mais tous ces stéréotypes se heurtent à une réalité : hommes et femmes sont profondément marqués par les différences individuelles. Une femme peut davantage ressembler à un homme qu’à une femme, et inversement.

Donc, à mes yeux, il n’y a pas mystère féminin pas plus qu’il n’y a de mystère masculin.

173 commentaires:

  1. Corine Lesnes, journaliste au Monde, consacre sa « Lettres des Etats-Unis » du 28 mai à « La solitude de la juge Ginsburg, » de la « Scotus» (Cour suprême).
    La juge Ginsburg est la seule femme de la Scotus, en attendant d’être rejointe par Sonia Sotomayor. Elle se plaint de la muflerie de ses collègues, qui:


    « ne l’écoutent pas. Il faut qu’un homme répète ce qu’elle a dit pour qu’on la prenne au sérieux ! Même après seize ans de présence, la mésaventure lui arrive encore. « Je dis quelque chose - et je ne pense pas être une oratrice embrouillée -, mais ce n’est qu’après que quelque un d’autre a dit la même chose que l’on examine le point » s’étonne-t-elle. »

    C’était un phénomène bien connu des familiers des réunions de gauche et d’extrême gauche en France naguère. Il faut toute la naïveté du brave Melchior pour s’étonner qu’on le rencontre encore au plus haut sommet d’un Etat civilisé.

    La juge Ginsburg est néanmoins à l’origine de la loi « Lilly Ledbetter Act », la première signée par Obama en janvier, loi qui permet aux travailleuses victimes de discrimination de réclamer leur dû au-delà des six derniers mois; cela relève à la fois du Droit du Travail et du Droit des Femmes.

    http://www.clesnes.blog.le mondefr

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  2. Et voilà, cher Melchior, le pendant au "mystère féminin". En gros, muflerie oblige, "cause toujours, tu ne m'intéresses pas".

    Les dames, on les regarde,on s'inquiète de leur tenue, de leur coiffure, de leur grâce (ou de leur "laideur") mais on ne les écoute pas toujours, quand elles parviennent à parler, ce qui n'est pas nécessairement chose facile.

    Sa propre parole n'a de sens que lorsqu'elle est portée par un monsieur, déplore Mme Ginsburg.

    Le fait qu'elle défende la cause des femmes n'amplifie-t-il pas le phénomène ? C'est fort possible.

    La force des archaïsmes ...

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  3. Après avoir écrit un Billet sur "les femmes sympathiques", je mesure à quel point, parfois, le supposé "mystère" des femmes peut conduire certains hommes à méconnaître les femmes qu'ils rencontrent.

    Car, au fond, ce prétendu "mystère" ne serait-il pas tout simplement leur monde de fantasmes et de désirs de "LA femme" projetée sur des êtres réels... conduisant à les nier en tant que vrais êtres singuliers ?

    Ils ne voient dans l'autre que l'image interne qu'ils en ont, qu'ils font surgir dans la lumière en fonction de leur désir, puis qu'ils renvoient dans l'invisibilité dès que le désir fléchit, ou que l'autre menace leur égo et leurs certitudes.

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  4. OUI !!! C'est ça le mystère des femmes: elles évoluent sans se mettre sur veille! Elles ne flippent pas de la différence, la souplesse fait partie d'elles: l'enfantement est une souplesse et un lâcher prise intégré dans leur être ;)
    L'homme a une retenue plus évidente puisqu'il n'a pas cette mission du lâcher prise suprême, extrême...
    Il a donc peur de cette vibration différente de cette énergie de vie qui le dépasse et qu'il cherche à tout prix à raisonner pour mieux contrecarrer...
    Or, le couple ne se construira que sur une longueur d'ondes similaire, un taux vibratoire égale: pas d'attente mais un échange, pas d'emprise mais un échange, pas de dépréciations mais un échange....Se nourrir de l'autre commence par un échange dans une même dimension...Or les données de base sont si différentes puisque les modes veilles et vie s'opposent sans toujours se nourrir! Ce décalage se résume dans le mot "incompréhension". C'est plus simple de rester dans sa réalité sans se poser les questions essentielles qui destabilisent si souvent...Or, les plus grands sociologues et psychologues nous ont transmis une loi sans faille: pas de grands changements sans crises ;) A quand l'arrivée des modes conscience et la disparition des modes veilles??...

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  5. Je fais le pari que les traits communs aux hommes et aux femmes peuvent leur permettre de se mettre les uns à la place des autres.

    Il y a en chaque homme et en chaque femme des parts de masculin et de féminin, de maternel et de paternel, d'activité et de passivité. Les reconnaître en soi, sans avoir peur d'y perdre son latin, permet le partage.

    C'est par cette ouverture aux potentiels qui sont en chacun de nous, à nos virtualités humaines (cf mon Billet sur "Ellulie, par delà la différence", que nous accédons à la véritable altérité, en dehors des carcans.

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  6. Merci Monica pour cette réharmonisation entre les hommes et les femmes: thèse antithèse et...synthèse! Nous pouvons vivre dans un échange vrai puisque nous avons en nous une part de ying et de yang ;) Le tout est d'être conscient des processus pour ne pas les nourrir à nos dépends... Croire en un échange bon et beinveillant: un beau challenge, un pari passionnant que l'on veut toujours renouveler tant que papillon nous savons que nous avons la force d'un joli décollage devant un attrapeur aussi expert soit-il ;)

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  7. Oui, c'est cela: nous avons le ying et le yang en partage...

    Et ceux qui se refusent à reconnaître toutes ces virtualités en eux - ce qui ne veut pas dire qu'ils DOIVENT TOUTES les réaliser - s'enferment dans les stéréotypes et s'appauvrissent, appauvrissant l'autre. Alors, les papillons doivent pouvoir s'envoler ;o)

    J'ai mis dans le Billet suivant toutes mes utopies:
    http://harmoniques-nuances.blogspot.com/2009/05/par-dela-la-difference-la-grace.html

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  8. Ah, le mystère féminin: comme il a bon dos.
    Lu dans Le Figaro:
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    Un rapport remis mercredi au ministre du Travail révèle que les femmes touchent en moyenne 27% de moins que les hommes.

    Les inégalités entre les sexes perdurent. C'est le constat accablant dressé par Brigitte Grésy, l'inspectrice générale des affaires sociales, dans son rapport préparatoire à la concertation avec les partenaires sociaux sur l'égalité professionnelle entre hommes et femmes.

    Selon ce document, remis mercredi au ministre du Travail Xavier Darcos, 31% des femmes sont confrontées à la précarité du temps partiel. En outre, «l'activité féminine ne progresse plus depuis les années 90». Il existe «une ségrégation professionnelle persistante», due au choix d'options et de filières qui conduisent à des métiers «concentrés dans 10 familles professionnelles (aide aux personnes, secrétariat, santé, etc.)».

    De plus, les femmes connaissent un taux de chômage supérieur aux hommes, 8,3% d'entre elles sont sans emploi contre 7,3% des hommes.

    Quant aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes, ils s'élèvent, selon le rapport, à 27% et augmentent avec le niveau des diplômes. Par ailleurs, pour Brigitte Grésy, «les femmes représentent les deux tiers des bas salaires. Elles sont en outre près de 20% (contre 11% des hommes), à être rémunérées au smic».

    «Cette réalité nous fait honte», a déclaré Xavier Darcos en promettant, d'ici deux ans, plus de transparence sur les écarts de rémunérations entre les sexes. ***

    Pour aider les salariées, Brigitte Grésy établit une liste de propositions. Elle souhaite notamment «jouer la carte de la paternité et réformer le congé parental». L'inspectrice générale des affaires sociales propose également de modifier le taux de majoration des heures complémentaires. Ils passeront «à 25% dès la première heure complémentaire pour les contrats de moins de 16 heures par semaine». Elle souhaiterait en outre voir se développer les conditions d'accès aux droits à la retraite et favoriser la formation professionnelle.

    Les femmes sont très rares au sein des instances dirigeantes des grandes entreprises publiques et des sociétés cotées en bourse. Ainsi, Brigitte Grésy souhaite «voir arriver dans les rangs des conseils d'administration, 20% de femmes dans un délai de deux ans et 40% dans six ans. Aujourd'hui, seulement 8% de femmes exercent dans les conseils d'administration des 500 premières entreprises françaises».

    Selon l'inspectrice générale, «ce sont des clubs d'hommes, qui se trouvent dans une logique de connivence et n'acceptent pas les femmes dans leur instance. Il faut casser cette logique». Mais ces quotas ne devront pas se mettre en place au détriment de la qualité. «On ne remplace pas un bon par une mauvaise», insiste Brigitte Grésy. En cas de non respect des obligations de mixité, les entreprises verront les nominations des dirigeants annulées.
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    *** Merveilleuse formule de langue de bois. Mr Darcos promet plus de transparence sur les écarts de rémunérations entre les sexes. Ah bon, il ne s'agirait donc que d'un problème d'opacité ?

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  9. Si les choses poursuivent leurs cours actuels, l'avenir est s'assombrit encore un peu plus pour beaucoup de femmes. Pire pour les "monoparentales" précoces ou tardives qui ont eu l'audace de faire un break pour élever leur(s) enfants... Pour peu qu'elles aient eues l'outrecuidance de faire des études la retraite à 67 ans deviendra un rêve inaccessible pour elles. Travailler jusqu'à 75 ou 80. Elles sont solides les drôlesses!

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  10. Charmant...Nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge du machisme le plus primaire.
    Lu sur le Post
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    Après le viol d'une jeune fille à la piscine de St Ouen, l'association NPNS se dit scandalisée par les commentaires sur Internet...
    Internet.

    "Elle l'a bien cherché"

    "Mais pourquoi la fille était en maillot de bain ?"

    C'est le genre de commentaires que le mouvement NPNS ne veut plus voir sur la toile !

    La semaine dernière, une jeune fille a été violée dans les vestiaires de la piscine municipale de Saint Ouen (Seine-Saint-Denis) par un jeune garçon qui l'avait draguée et qu'elle avait éconduit. L'agresseur présumé, un garçon de 21 ans, a depuis été mis en examen et écroué.

    Mais sur le web, l'histoire ne s'arrête pas là.
    Elle a fait le tour des sites d'informations (l'histoire avait notamment été relatée sur Le Post par Tian), des forums de discussions et des blogs... Et les commentaires vont bon train. Pas toujours du meilleur goût !

    NPNS dénonce un "déferlement de réactions machistes".
    Pour y faire face, l'association propose même de lancer le "Web respect city", une opération visant à informer les jeunes sur l'usage d'Internet, les lois à respecter. Objectif affiché : "Sensibiliser filles et garçons à être eux-mêmes modérateurs des forums et des salons de discussion".

    Gros défi !
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    Gros défi: yes indeed!




    (Source: RTL)

    A lire sur LePost.fr:
    - Viol à la piscine municipale de Saint-Ouen: le présumé suspect écroué
    - Seine-Saint-Denis: une ado de 15 ans violée à la pisicine municipale de Saint-Ouen

    A lire sur le web :

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  11. 40 coups de fouet pour "tenue indécente" (port du pantalon) et lutte pour la liberté
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    http://backoffice.slate.fr/story/9955/soudan-loubna-ahmed-al-hussein-sous-la-menace-du-fouet

    Lundi 7 septembre, se tient à Khartoum le procès de Loubna Ahmed Al-Hussein. Cette journaliste soudanaise est devenue un symbole dans son pays et à travers le monde. Un symbole du combat en faveur du respect des femmes et de leur liberté.

    Pour avoir porté une tenue jugée «indécente» par les autorités - un pantalon et une longue blouse - Loubna Ahmed Al-Hussein risque quarante coups de fouet.

    Loubna Ahmed Al-Hussein a refusé les coups de fouet et a demandé à être jugée. Elle a démissionné de son poste à la Mission des Nations unies qui lui conférait une immunité, et a demandé le procès. Elle se bat contre l'article 152 du code pénal soudanais, qui prévoit la flagellation pour quiconque «commet un acte indécent ou un acte qui viole la moralité publique ou porte des vêtements indécents».

    Elle met un coup de projecteur sur la condition des femmes au Soudan et les mauvais traitements qui leur sont servés.

    Au-delà de cette seule question, Loubna Ahmed Al-Hussein ouvre un espace pour que soit débattu l'état de l'ensemble des libertés au Soudan, et en premier lieu la liberté d'expression.

    Depuis le début de l'année 2009, deux journalistes étrangers ont été expulsés du pays. Les publications sont quant à elles soumises à une censure préalable implacable.

    Le combat de Loubna Ahmed Al-Hussein est largement soutenu par des associations féministes, des droits de l'homme, et relayé dans les médias. Il est également soutenu internationalement.

    Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, s'est dit «profondément préoccupé» par ce dossier.

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  12. Le gouvernement battrait en retraite sur les retraites des mères (et pères) de famille
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    LU dans Le Parisien:

    Le gouvernement ne touchera pas aux retraites des mères de famille (Julie Cloris)

    Est-ce l'idée de voir des millions de femmes descendre dans la rue, poussette en avant, pour défendre leur avantage en matière de retraite qui a incité le gouvernement à la prudence ? Xavier Darcos, ministre du Travail et des Relations sociales, invité du Grand rendez-vous Le Parisien/Aujourd'hui en France - Europe 1, a annoncé dimanche matin qu'il ne toucherait pas au dispositif de bonification des retraites des mères de famille comme cela avait été envisagé en décembre dernier, dans un rapport arrêtant des pistes de réforme.

    Parallèlement, la Cour de cassation, se fondant sur une jurisprudence européenne, a donné raison récemment à des pères de famille qui demandaient, au nom d'une implication de plus en plus grande auprès des bambins, à bénéficier du même avantage. A savoir: huit trimestres de bonification par enfant. Ce qui fait qu'une femme qui a eu et élevé deux enfants peut partir à la retraite quatre ans avant une femme qui n'en a pas eu, ou un papa.

    Depuis la fin août, le ministre consulte donc les partenaires sociaux sur ce dossier ultra-sensible. A gauche, l'ancienne Garde des Sceaux Elisabeth Guigou avait même dénonce «la grande hypocrisie» du gouvernement. Après un vote de l'Assurance vieillesse, Xavier Darcos a finalement tranché en annonçant la «sauvegarde du dispositif».

    Appelé «majoration de durée d’assurance», ce coup de pouce était au départ destiné à compenser le manque à gagner, en termes de progression de salaire ou de perspective de carrière, subi par les femmes par rapport à leurs collègues masculins ou à leurs compagnons. Même au stade de la recherche d'emploi, les femmes, parce qu'elles ont des enfants ou sont en âge d'en avoir, partent avec un handicap lorsqu'elles postulent à un travail. Selon une étude de la Dares (Direction de l'animation de la recherche des études et des statistiques au ministère de l'emploi) publiée en juillet 2009, les hommes sont ainsi plus souvent recrutés en CDI que les femmes alors que ces dernières sont plus diplômées.

    «La Cour de cassation a dit que les hommes devaient bénéficier des mêmes avantages que les femmes, (...) nous considérons que c'est injuste, que les femmes, et les femmes seules, doivent bénéficier de la majoration de durée d'assurance», a affirmé Xavier Darcos. C'est un élément de justice pour équilibrer avec les disparités de carrière» que le quotidien familial rend souvent nécessaire.

    Les hommes aussi pourront bénéficier de bonification

    En revanche, une fois le texte voté, les couples mariés ou pacsés pourront répartir cette bonification. La première année de majoration d'assurance vieillesse restera accordée aux femmes «au motif qu'elles ont attendu un enfant et qu'elles ont commencé à l'élever». La deuxième pourra bénéficier au papa «si le couple le souhaite» et «si le père démontre qu'il a élevé ses enfants» entre 0 et 4 ans. Le congé paternité ou parental vaudra-t-il sésame ? «Il faudra trouver les critères», a simplement répondu Darcos, sous le regard de Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy.

    Enfin, le ministre a annoncé que les parents adoptifs allaient bénéficier totalement de la bonification des points de retraite, «comme si le couple avait attendu l'enfant».

    Débat clos ? Reste à régler la question de la facture. Aujourd'hui, les avantages accordés au mères de familles par la sécurité sociale représenté chaque année un coût de 4 milliards d'euros. A l'heure où le gouvernement réfléchit à retarder l'âge légal du départ à la retraite, Xavier Darcos devra trouver les budgets pour financer le dispositif.

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  13. Nous sommes retournés à l'ère glaciaire, les amis. Au secours, Foucault, ils sont devenus dingues!

    Voilà que l'on reparle de "castration chimique" pour les violeurs multirécidivistes. Comme si le viol n'était qu'une question d'hormones et de "sexe", comme si le viol était généré par une pulsion purement physiologique. Coupez-leur le pénis, ils ne violeront plus! Ben voyons !

    C'est quoi cette ânerie ?[pardon, Melchior ;o)]

    Un homme tout à fait impuissant peut violer une femme avec un objet, la tuer, de même qu'une femme peut aussi violer un homme ou une femme.

    Le viol n'est pas un "acte sexuel", c'est un acte de violence qui simule l'acte sexuel. Le viol ne part pas d'une pulsion purement physiologique, mais d'un complexe état psychologique, qui s'appuie en dernière instance sur une représentation sociale des femmes comme objets sexuels.

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  14. Waouh, bonjour la modernisation du PS...
    Coucou, qui est oublié ? Je vous le donne en mille...
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    Les dirigeants socialistes, malgré des chiffres de participation en demi-teinte, étaient contents de leur coup. Ils ont été heureux du résultat de vote des militants, jeudi 30 septembre, sur la rénovation du PS : plébiscite sur le non-cumul des mandats, large oui sur l'organisation de primaires ouvertes... Un «bel exercice de démocratie», a estimé la première secrétaire Martine Aubry. Pour le porte-parole du PS Benoît Hamon, «C'est une approbation massive par les militants des orientations proposées par la première secrétaire et la direction du parti qui vont changer en profondeur le visage du parti socialiste».

    Le PS va désormais «inscrire de nouvelles règles de fonctionnement» qui en fera «un parti plus nombreux, plus populaire, plus démocratique et plus transparent», a déclaré Hamon en jugeant la participation à un étiage «assez élevé» pour des consultations internes hors congrès, où l'enjeu de pouvoir stimule les votants. «Je suis fière d'être dans un parti qui est à l'avant-garde démocratique et je pense qu'il va faire des petits dans les autres partis», a jouté Martine Aubry.

    Plus démocratique, et plus populaire, à l'avant-garde, mais pas plus paritaire, a noté le NouvelObs.com. A l'occasion du vote de jeudi, les militants socialistes investissaient également leurs têtes de liste pour les élections régionales. 19 sortants investis et seulement 3 femmes têtes de liste pour 21 hommes (Emmanuelle de Gentili en Corse, Marie-Guite Dufray en Franche-Comté et Ségolène Royal en Poitou-Charentes).

    Ça ne fait pas lourd, alors même que les militants approuvaient la proposition de la direction d'instaurer la parité dans les instances du parti... Parmi les 11 questions soumises au vote des militants jeudi, trois concernaient cette question de la place des femmes et de la diversité.
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    C'est quoi ça ?
    Hou les menteurs !

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  15. A propos de la castration chimique, ces quelques remarques de bon sens (lues dans Slate.fr)
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    «Castration chimique» ? En janvier 2008, dans les colonnes du Monde le Pr Pierre Lamothe, psychiatre, chef de service du service médico-psychologique régional de Lyon contestait le terme qui, selon lui, «véhicule une idée de mutilation du délinquant sexuel comme s'il était puni par où il avait péché».

    «Nous lui préférons le terme d'aide au contrôle chimique des pulsions. Il faut le marteler : aucune mesure "passive" ne peut résoudre le problème du délinquant sexuel. Cela ne fait que le maintenir dans l'idée illusoire que la source de sa pulsion est extérieure à lui. Ce qui est efficace, c'est de réconcilier le délinquant avec lui-même et avec sa vulnérabilité, en lui laissant toujours la possibilité de dialogue, dans la relation thérapeutique, même si c'est très difficile avec les pervers. La grande erreur, c'est de vouloir "terroriser les terroristes" en matière de délinquance sexuelle. »

    Cette position est très largement partagée par tous les spécialistes de la prise en charge médicale des délinquants sexuels qui soulignent que dans la très grande majorité des cas leurs patients n'ont pas besoin d'un tel traitement médicamenteux. En pratique la castration chimique (toujours associée à une prise en charge globale et notamment psychologique) ne peut avoir d'utilité que chez les personnes qui ont des problèmes spécifiques dits de «compulsion», phénomène qui les «dépasse» et les conduit à «passer à l'acte».

    Contrairement à la tonalité sécuritaire et quelque peu démagogique de l'actuel discours politique sur ce thème, tous les spécialistes ajoutent qu'il ne saurait être question d'administrer une castration chimique sans l'accord du malade à la fois pour des raisons éthiques et thérapeutiques. Lorsqu'elle peut être utile, cette technique n'a de sens que si elle est utilisée de manière transitoire, pour permettre au malade volontaire d'être plus réceptif à la prise en charge qui lui est proposée. Imposer une telle pratique serait, de l'avis des spécialistes, aller à l'encontre même de l'objectif recherché. De la même manière, on ne saurait instaurer une castration chimique «à vie» puisqu'elle n'a de sens et de portée que dans le cadre d'un suivi thérapeutique qui, généralement, ne dépasse pas quelques années.

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  16. Modernisation du PS ... et propagande.

    Avant garde, tu parles !
    Parité : pipeau
    non-cumul : repipeau : aujourd’hui peut-être et demain sûrement un peu plus de limitation de cumul mais absolument rien de plus que la proposition UMP de Loi organique de juin dernier. (sauf limitation a trois mandats exécutifs se suivant.)

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  17. C'est un orchestre de pipeaux...

    Les flûtes à bec sont de sortie, mais je ne suis pas certaine qu'elles charment beaucoup les serpents et serpentes...

    D'autant qu'on entend drôlement de canards et de couacs dans cette symphonie, coin coin, couac couac... Grr...

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  18. Lu dans le Monde d'aujourd'hui... des horreurs:
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    Guinée : l’horreur des femmes tuées, violées, battues, humiliées

    Reportage de RFI, une semaine après le massacre perpétré au stade de Conakry le 28 septembre. Les Guinéens restent horrifiés et sans réponse par rapport à la violence qui s’est déchaînée.

    Les bérets rouges, non seulement ont tué de très nombreux militants venus assister au meeting de l’opposition, mais ils ont aussi commis des viols dont le nombre et la brutalité était jusqu’ici inconnus dans ce pays.

    Le visage encore tuméfié une semaine après le massacre de manifestants à Conakry, une Guinéenne soulève son boubou et dévoile ses bras et fesses meurtris: “J’ai 57 ans et ils m’ont mise à nu! J’ai vu les soldats mettre les fusils dans le sexe des femmes quand ils me frappaient.” Un récit rapporté par Laurence Boutreux, de l’AFP .

    Une femme témoigne pour RFI: “Un soldat est venu me prendre et me mettre sur le sol, ce soldat avait un couteau il a déchiré tout mes habits, il m’a mise à nu et après il m’a frappée.”. Une autre femme, d’abord frappée par un militaire : “Un deuxième militaire m’a prise, m’a déshabillée, violée et a frappé tout mon corps, je ne peux pas l’expliquer, ce que je sais c’est qu’on m’a violée et qu’on m’a frappée, frappée, frappée.” Toujours pour RFI, un jeune homme: “Je courais pour m’enfuir et je me suis retrouvé devant une salle de basket, là, j’ai ouvert la porte et j’ai vu cinq filles qu’ils violaient.” Un autre témoin : “Il y avait trois militaires qui ont attrapé une femme qui pleurait. Ils ont rentré un fusil dans le sexe de l’une d’entre elles et ils ont tiré.”

    “Des images qui circulent sur le Net montrent des Guinéennes déshabillées et humiliées en pleine rue, lors de la répression de la manifestation organisée lundi par l’opposition au stade de Conakry” rapporte le site Les Observateurs lié à France 24. Plusieurs photos de femmes mises nues et humiliées par des militaires ont été postées sur le forum “Guinée News” , le 30 septembre, et envoyées aux Observateurs. Le site ne publie que l’un de ces clichés (ci-dessus), après avoir flouté le visage de la victime. les témoignages recoupent ceux recueillis par RFI. “J’ai vu deux gendarmes essayer d’intervenir pour que les soldats laissent partir les femmes. Mais l’un d’eux a crié : ‘Pourquoi n’est-elle pas à la maison ? Pourquoi n’est-elle pas au foyer ? C’est pas ma sœur. C’est pas ma cousine. J’en fais ce que je veux !’”

    Le haut commissaire des Nations unies en charge des Droits de l’Homme, Navi Pillay, a réclamé une enquête sur les exactions commises par l’armée. Elle exige également que “les auteurs d’exécutions sommaires, de viols et d’autres violations des droits de l’Homme soient traduits en justice”.

    Le président de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), Thierno Maadjou Sow, dispose déjà des témoignages “d’une trentaine de femmes violées” par les militaires. “Nous sommes en train de constituer une association de femmes violées, afin que les victimes puissent porter plainte”, annonce ce Guinéen de 77 ans, ancien vice-président de la Fédération international des droits de l’Homme.

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  19. Lu dans Courrier International d'aujourd'hui une autre vilainie:
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    Épouses étrangères en situation précaire

    Comme d'autres en Asie, des hommes singapouriens contractent des mariages arrangés avec de jeunes étrangères qui rêvent d'une vie meilleure. La réalité s'avère souvent tout autre, s'indigne The Strait Times.

    Une fourgonnette remplie de jeunes épouses potentielles s'arrête devant un restaurant d'Hô Chi Minh-Ville pour faire descendre ses passagères. L'employé de bureau singapourien que j'accompagne se tourne vers moi et me dit : "Je veux une femme qui ressemble à Gong Li ou à Zhang Ziyi" - deux superbes actrices chinoises.

    Le cinquantenaire, qui avoue n'avoir jamais eu de femme dans sa vie, a sélectionné deux candidates assez jeunes pour être ses propres filles. Il m'a ensuite demandé mon avis : laquelle des deux devrait-il choisir ? Sidérée par sa question, j'ai tout de même réussi à souffler : "Choisissez la plus vieille, la différence sera moins flagrante." En tout et pour tout, il a mis environ quatre heures à se décider pour cette fille de fermier de 26 ans.

    [...]

    Depuis que les agences matrimoniales ont commencé à organiser ces séjours éclairs au Vietnam - cinq jours et quatre nuits, mariage inclus - il y a une dizaine d'années, un nombre croissant de Singapouriens partagent leur vie avec des femmes vietnamiennes. On ignore le nombre exact de ces unions. On sait toutefois que de plus en plus de Singapourien-ne-s choisissent de s'unir avec des étrangers.

    [...]

    Le ministère du Développement communautaire, de la Jeunesse et des Sports (MCYS) a commencé, il y a deux ans, à publier des brochures répertoriant les organismes d'aide aux mariées étrangères. Elles sont publiées en anglais, en chinois, en vietnamien et en indonésien. Un porte-parole du ministère a indiqué qu'elles avaient pour objectif "d'informer les mariées non singapouriennes sur le processus matrimonial et les organismes vers lesquels elles peuvent se tourner pour faciliter leur installation à Singapour".

    Mais peut-être devrait-on faire plus pour ces femmes que leur remettre une liste de numéros de téléphone. En discutant avec des travailleurs sociaux, on se rend compte de ce que "s'installer" signifie pour certaines d'entre elles.

    Les organismes d'aide affirment que les femmes étrangères sont de plus en plus nombreuses à faire appel à leurs services pour échapper à un mari violent ou qui ne remplit pas ses obligations. D'autres ont tout simplement été abandonnées par leur époux.

    L'avocat Cheng Kim Kuan, qui offre aux mariées étrangères une aide juridique gratuite, raconte avoir rencontré l'une de ces femmes qui avait été renvoyée à Hainan [île au sud de la Chine], enceinte, par son époux. Celui-ci avait affirmé ne pas pouvoir subvenir aux besoins de sa femme et de son enfant à naître. Ils étaient mariés depuis moins d'un an.

    Au vu des bases instables sur lesquelles sont bâties ces relations conclues à la va-vite, des histoires comme celles-là ne devraient pas nous surprendre.

    Contrairement aux femmes singapouriennes, qui peuvent bénéficier du soutien de leur famille ou d'autres structures d'aide, les étrangères mariées à des hommes violents doivent souffrir en silence.

    Nombre d'entre elles sont en possession d'une carte de séjour temporaire qui doit être renouvelée régulièrement par leur garant, généralement leur mari. Si celui-ci ne renouvelle pas leur carte de séjour, elles risquent d'être expulsées et séparées de leurs enfants.

    D'autres restent, quoi qu'il arrive, parce qu'elles sont financièrement dépendantes de leur mari. Et la vie n'est généralement pas rose pour elles, racontent des travailleurs sociaux. Certaines sont enfermées chez elle et traitées comme des bonnes ou des esclaves sexuelles, racontent les bénévoles. "Certains hommes ont l'impression que comme ils ont ‘acheté' leur épouse, ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent", explique Susie Wong, directrice de Star Shelter, un organisme qui accueille les femmes victimes de mauvais traitements.

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  20. Nous ne sommes pas sortis de l'auberge
    (Y sommes-nous jamais entrées? Qu'on se le dise: les filles ne peuvent pas (se) coucher pour préparer!)
    Lu dans Le Monde
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    En prépa, les filles ont moins souvent une place en internat que les garçons. 36 % des filles trouvent place en internat contre 64 % des garçons, selon les calculs d'un collectif d'associations qui veut relancer le débat.

    Véronique Chauveau, la vice-présidente de Femmes et mathématiques vient de saisir la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde), vendredi 2 octobre.

    2 élèves sur 5 sont des filles. En 2008-2009, elles représentaient 34 000 des 80 000 étudiants des classes préparatoires. 3 élèves sur 4 en prépas littéraires et un tiers seulement en prépas scientifiques sont des filles. En filière économique et commerciale, la parité est atteinte.

    71,6 % des élèves de ces classes sont titulaires d'un baccalauréat scientifique.

    2,8 % d'élèves de plus à la rentrée 2008. Une progression constante depuis 1995.

    Les lycées français proposent près de deux fois moins de lits d'internat aux filles qu'aux garçons inscrits en classes préparatoires (CPGE). Sur la seule région parisienne, vingt-six lycées avec CGPE disposent d'un internat. Mixte dans dix-huit cas, réservé aux garçons pour les huit autres. Et ces derniers ne sont pas des moindres puisque Stanislas, Chaptal, Dorian, Janson-de-Sailly et Jean-Baptiste-Say ne logent que les garçons.

    Même situation au prestigieux Henri-IV.

    "Double discrimination"
    "La discrimination est même double, s'insurge François Taddei, fondateur de l'association Paris-Montagne. Elle touche les filles dans leur ensemble, certes, mais plus encore celles qui sont issues des milieux les plus défavorisés".

    Sur le site du collectif Ouvrons les portes, les témoignages s'enchaînent et les souvenirs refont surface. Nina, une étudiante allemande, aujourd'hui à l'ENS Cachan, se souvient : "Je me suis vu refuser une place d'internat à Janson-de-Sailly. Restaient les foyers des lycéennes. Mais il faut connaître, surtout quand on vient de l'étranger ! J'ai fini par y avoir une place, mais bientôt je me suis rendu compte que j'y bossais moins bien que dans la salle d'études du lycée, et j'ai payé un deuxième repas chaque jour pour pouvoir y rester quelques heures de plus. Ma mère étant au RMI, et moi-même exclue des bourses à cause de ma nationalité, je n'aurais pas pu finir ma prépa si mon grand-père n'était pas mort entre la sup'et la spé', me laissant de quoi me nourrir !" Car le foyer coûte plus de deux fois plus cher que la pension, se situe parfois loin et prive d'une entraide.

    Dans ces classes difficiles, les enseignants sont unanimes pour reconnaître que le travail en groupe est une des clés de la réussite individuelle. D'excellentes prépas privées ne prennent d'ailleurs que des internes et en font un argument de l'offre. En vivant hors internat, les jeunes filles sont exclues des soirées de travail et de la camaraderie qui aident à tenir durant ces deux ou trois années difficiles.

    Cette injuste répartition des chambres ne date pas d'hier. C'est une des dernières résurgences du passé puisque ce n'est qu'en 1882, soit quatre-vingts ans après la création des lycées napoléoniens, que s'est ouvert le premier lycée public de jeunes filles. Quant à la mixité du fleuron de notre système qu'est Polytechnique, elle ne date que de 1972.

    Le débat est donc relancé. Avancera-t-il en 2009, alors que la parité filles-garçons est très loin d'être atteinte dans les disciplines scientifiques à l'ENS ?

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  21. Merci pour l'info. Je ne pensais pas qu'on en était encore là !

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  22. Lu dans l'Express.
    La recherche, ou l'art d'enfoncer des portes ouvertes
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    Des chercheurs de l'Institut suédois de recherche sociale, à Stockholm, ont constaté que l'impact du niveau d'études d'une femme sur le risque de décès de son mari au cours de la décennie suivante était loin d'être négligeable.

    "Traditionnellement, les femmes sont plus impliquées que les hommes dans la vie du foyer et leur niveau d'études pourrait donc être plus important pour le mode de vie de la famille, par exemple en termes d'habitudes alimentaires", soulignent-ils.

    En ce qui concerne les femmes, il est apparu que leur longévité était plus influencée par la classe sociale de leur compagnon que par leur propre profil professionnel.

    Le statut social étant un élément dans lequel interviennent notamment le niveau d'études, les revenus et la profession, cette observation est directement liée "aux conditions matérielles du foyer", notent les chercheurs.

    Robert Erikson et Jenny Torssander en sont arrivés à ces conclusions, publiées sur le site internet du Journal of Epidemiology and Community Health, après avoir analysé des données concernant plus d'un million et demi de Suédois.

    Il était déjà avéré que le fait de vivre en couple réduit le risque de décès prématuré et cette nouvelle étude suggère que le choix du partenaire pourrait constituer un élément important de l'équation, a déclaré Robert Erikson à Reuters.

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    Résumons les découvertes fondamentales de ces chercheurs:
    - Les hommes vivent plus longtemps si leur épouse a fait de longues études.
    - Les femmes vivent plus longtemps si leur époux a un bon statut social.

    Il vaut donc mieux être marié, riche et cultivé, que célibataire, pauvre et inculte.

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  23. Un excellent article que m’a envoyé Parleur hier, sur l’affaire Polanski/Mitterrand.
    http://peripheries.net/article324.html
    Polanski, Mitterrand : le soliloque du dominant par Mona Chollet
    J’en donne le début et la fin.
    L’arrestation de Roman Polanski à Zurich, le 26 septembre, et l’exhumation de l’affaire pour laquelle il reste poursuivi par la justice américaine, auront été l’occasion pour un nombre assez effarant de commentateurs - et de commentatrices - de démontrer une fois de plus à quel point leur vision de l’érotisme se passe aisément de cette broutille que représente, à leurs yeux, la réciprocité du désir féminin (on se contente en général de parler de «consentement», mais plaçons la barre un peu plus haut, pour une fois). En témoigne l’expression «vieille affaire de mœurs », utilisée dans les premières dépêches ayant suivi l’arrestation, ainsi que dans la pétition du gratin du cinéma mondial lancée en faveur du réalisateur franco-polonais : de nombreuses voix se sont élevées pour faire remarquer à juste titre que, s’agissant de la pénétration et de la sodomie d’une adolescente de 13 ans préalablement soûlée au champagne et shootée au Quaalude, c’était un peu léger.
    Partout, les défenseurs du cinéaste soulignent, comme s’il s’agissait de l’argument définitif en sa faveur, que la justice «s’acharne» alors que la victime elle-même, Samantha Geimer, demande le classement de l’affaire : or, elle le demande parce qu’elle ne supporte plus l’exposition médiatique, et peut-être aussi parce qu’elle a été indemnisée ; pas parce que, avec le recul, elle admet que ce n’était pas si grave, ou qu’elle a bien aimé l’expérience, comme on semble le fantasmer...

    Mona Chollet décline et démonte toutes les équations ignobles qui sous-tendent le traitement de cette affaire
    1)Dire oui à un homme, c’est dire oui à tous les hommes
    2)Le grand retour du « puritanisme américain »
    3)Comme si les filles sortaient du ventre de leur mère en rêvant de devenir mannequins
    4)«Des poupées vivantes»
    5)Un érotisme de ventriloques (comment j’ai été découverte dans la rue, comment un photographe m’a remarquée, comment j’ai enchaîné les couvertures et les défilés, comment je suis devenue riche et célèbre, comment j’ai rencontré l’amour, comment - apothéose - je suis devenue maman... Mais en passant plutôt rapidement, en général, sur l’étape «Comment j’ai dû empoigner la queue du Grand Photographe»)
    6)La vieille mythomanie du client de la prostitution
    7Sois belle et tais-toi, ou la pauvreté des rôles féminins
    8) «L’homme est un créateur, la femme est une créature»

    «L’homme est un créateur, la femme est une créature» : autant dire que cette division des rôles a des racines très profondes. Dans Sois belle et tais-toi, toujours, Maria Schneider, covedette avec Marlon Brando du Dernier tango à Paris de Bernardo Bertolucci, sorti en 1972 et dans lequel, comme dit Wikipédia, « ne tablette de beurre devint célèbre», raconte, elle, que, durant le tournage, Bertolucci lui a à peine adressé la parole : «Il a fait le film avec Marlon.» Une autre lui fait écho : «Tout le cinéma n’est qu’un énorme fantasme masculin.» Trente-cinq ans plus tard, le constat, à peu de choses près, reste valable. La seule différence notable, c’est peut-être que plus personne, ou presque, n’y trouve sérieusement à redire.

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  24. Allez, dans ce fatras, une bonne nouvelle lue dans Le Monde.

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    Le prix Nobel d'économie a été attribué aux Américains Elinor Ostrom, première femme récompensée depuis la naissance de ce prix en 1969, et Oliver Williamson pour leurs travaux sur "la gouvernance économique", lundi 12 octobre.

    Leurs travaux sont particulièrement dans l'air du temps, en plein débat sur la meilleure organisation des marchés financiers et de l'économie mondiale mais aussi sur la protection de l'environnement et des ressources naturelles, un domaine essentiel des travaux d'Elinor Ostrom.

    "Ils veulent comprendre des organisations qui ne sont pas des marchés (...) et ils montrent comment ces institutions résolvent les conflits", a salué Tore Ellingsen, membre du comité Nobel, lors de l'annonce du prix à la presse.

    Elinor Ostrom, de l'Université d'Indiana, est récompensée par le comité "pour avoir démontré comment les biens communs peuvent être efficacement gérés par des associations d'usagers". Elle a "remis en cause l'idée classique selon laquelle la propriété commune est mal gérée et doit être prise en main par les autorités publiques ou le marché", salue le comité, qui sacre pour la première fois une femme depuis sa première attribution en 1969.

    En se fondant sur de nombreuses études sur la gestion par des groupes d'usagers des ressources en poissons, en élevage, les forêts ou les lacs, la lauréate américaine a montré que leur organisation était souvent meilleure que ne le croit la théorie économique, souligne le comité.

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    Bon, ils n'ont mis que 40 ans ;o)

    Il faudrait aller étudier les théories de cette dame, qui met en avant la notion de "groupe d'usagers".
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  25. Lu dans Agoravox sur le Blog d'Eurosocialiste, une question qu'elle est très bonne
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    L’un des trois leaders de l’UE doit être une femme.

    Bien que le traité de Lisbonne ne soit pas encore tout à fait ratifié, les médias ont déjà beaucoup spéculé sur la personne qui pourrait occuper l’un des deux postes dirigeants de l’UE aux côtés de celui -déjà pris- de Président de la Commission européenne : le Président du Conseil européen et le Haut représentant pour les affaires étrangères et la sécurité.

    Agacées par le fait que la plupart des noms qui sont actuellement discutés par les médias sont des noms d’hommes, certaines politiciennes et journalistes européennes ont commencé à réagir: lire ici, ici et là. Dans une interview donnée récemment à TheParliament.com, Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne s’indigne : "C’est une honte que jusqu’à maintenant aucune femme n’ait été mise en avant en tant que candidate possible. Tout ce dont on entend parler, ce sont des gens comme Tony Blair et d’autres hommes". Je suis d’accord avec elle. Mais j’irais encore plus loin. C’est plus qu’une honte, c’est une insulte à toutes les femmes.

    Alors pourquoi Margot Wallström et de nombreuses autres Européennes sont–elles si agacées par cette situation ? Jetez un coup d’œil à la plus récente photo de famille du Conseil européen que j’ai pu trouver (ci-dessous). Faisons un jeu : Cherchez l’erreur !

    Conseil européen de juin - CC Le Conseil de l’Union européenne

    Non, il ne s’agit pas du violet éclatant du tailleur d’Angela Merkel (deuxième rang, milieu)... Non, il ne s’agit pas du fait que Tarja Halonen, la présidente finlandaise ne porte pas de tailleur coloré, comme il semble être d’usage parmi les femmes dirigeantes européennes... Cherchez encore. L’erreur, c’est qu’à part Angela Merkel, Tarja Halonen et Mary McAleese (présidente irlandaise, absente sur la photo), il n’y avait aucune autre femme chef d’Etat (je ne compte pas les reines) ou de gouvernement dans les 27 Etats membres de l’Union européenne au moment où cette photo a été prise (depuis, Dalia Grybauskaité a été élue présidente de Lituanie). L’erreur sur cette photo, c’est qu’il y a environ 98% de costumes gris/noirs.

    Il existe de nombreuses femmes talentueuses, charismatiques et compétentes qui pourraient occuper l’un des deux postes dirigeants de l’UE qui restent à attribuer. Voici une liste des noms féminins que "certains" journalistes ont mentionnés :

    * Angela Merkel, Chancelière allemande, chrétienne-démocrate
    * Tarja Halonen, Présidente finlandaise, sociale-démocrate
    * Margot Wallström, Vice-Présidente de la Commission européenne responsable des relations institutionnelles et de la communication, ancienne ministre suédoise de la culture, des affaires sociales et de la jeunesse, sociale-démocrate
    * Mary Robinson, ancienne Présidente irlandaise, ancienne Commissaire des Nations Unis pour les droits de l’homme, indépendante
    * Ursula Plassnik, ancienne ministre autrichienne des affaires étrangères, chrétienne-démocrate

    Ce ne sont que quelques noms. Je suis sûre qu’il y en a bien plus. Des idées ? N’hésitez pas à faire des propositions en commentant cet article

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  26. Une analyse critique intéressante sur une certaine presse féminine publiée dans Acrimed:
    http://www.acrimed.org/article3230.html
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    La conclusion:

    Les femmes, dont la fonction naturelle et instinctive est de procréer, assurent l’équilibre de la société en assumant cette fonction, donc, celles qui refusent de l’assumer mettent en péril l’équilibre de la société.

    S’il est « médiatiquement incorrect de contester aux femmes la possibilité de choisir leur vie», il semble en revanche médiatiquement tout à fait possible et nécessaire de rappeler en douceur que si la laisse s’est allongée, si elle peut se porter avec des strass et le sourire, elle n’en demeure pas moins toujours une laisse sur laquelle on tire de temps en temps pour un bon rappel à l’ordre naturel
    .

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  27. A rapprocher de la Charte du Hamas: malgré leur infériorité, les femmes sont respectables, en tant qu'usines à hommes.

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  28. Et pour le commentaire d'encore avant j'aurais bien proposé Gro Brundtland, elle a toute l'envergure nécessaire. Hélas, Norvégienne, elle n'est pas éligible.

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  29. Coucou Melchior,

    Vive Wikipédia !

    Gro Harlem Brundtland, née le 20 avril 1939, est une femme politique norvégienne.

    Chef du Parti travailliste, ministre de l'Environnement de 1974 à 1979, première femme ministre d'État en Norvège en 1981, puis de nouveau de 1986 jusqu'en 1989, et de 1990 jusqu'en 1996.

    Elle est à l'origine de la formalisation du concept de développement durable.

    Directrice générale de l'OMS de 1998 à 2003.

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  30. A Paris, des milliers de personnes pour défendre les droits des femmes

    LEMONDE.FR avec AFP | 17.10.09 | 17h48


    Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris pour réclamer une "réelle égalité femmes-hommes", notamment sur les salaires et les retraites, à l'appel de 103 associations féministes, syndicats et partis de gauche.

    Réuni derrière la bannière "Ensemble pour une réelle égalité", le cortège était mené par les féministes du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF) et de l'association Femmes solidaires, suivies de plusieurs responsables politiques nationaux, de Martine Aubry (PS) à Marie-George Buffet (PCF) en passant par Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) ou Olivier Besancenot (NPA), et des syndicalistes comme Bernard Thibault (CGT) ou Gérard Aschieri (FSU).

    En Ile-de-France, cette manifestation s'inscrit dans un contexte de vigilance en ce qui concerne le droit à l'avortement. Depuis le mois de mai 2009, les centres IVG ferment les uns après les autres, avertissaient cette semaine dans Le Monde plusieurs féministes. (Lire la tribune : "Non, ma fille, tu n'iras plus avorter à l'hôpital public !"). Dans la manifestation, Anne Hidalgo, adjointe PS du maire de Paris, s'est fait l'écho des inquiétudes surl a situation en Espagne, où une manifestation anti-avortement a réuni des centaines de milliers de personnes samedi : "Il y a encore des forces qui essaient de revenir sur ce qui pour nous est acquis, même dans un pays progressiste comme l'Espagne", a-t-elle dit.

    "Les droits des femmes sont toujours mis en cause, dans une société de crise comme la nôtre ce sont souvent les femmes qui sont les premières licenciées, les premières précarisées et nous savons que leurs droits propres comme le droit à disposer de leur propre corps sont toujours remis en cause", a déclaré la première secrétaire du PS Martine Aubry.

    Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que "parmi les discriminations dont sont victimes les femmes, ce qui se passe au travail est particulièrement important", évoquant 25 à 30% d'écart de rémunération pour les mêmes postes, "le temps partiel subi, les contrats à durée déterminée, bref les petits boulots".

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  31. Lu dans l'Express:
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    Alors que plusieurs milliers de sympathisants de la cause féministes se sont rassemblés samedi à Paris, Gisèle Halimi estime que le droit à l'avortement «traverse une période sombre». «Bien entendu, il n'y a pas de menace d'abolition frontale du droit à l'avortement», a déclaré sur RTL l'avocate et militante de la cause des femmes, «mais on supprime les moyens qui permettent de bénéficier de cette liberté».

    «Or, une liberté sans les moyens d'en jouir, ce n'est qu'une liberté abstraite», a-t-elle ajouté avant d'évoquer la fermeture de plusieurs centres d'interruption volontaire de grossesse (IVG) en région parisienne. «D'après notre commission IVG de (l'association) Choisir la cause des femmes, on a fermé le centre de l'hôpital Broussais (Paris, 14e), on a fermé le centre de l'hôpital Tenon (Paris, 20e) on a fermé le centre Jean Rostand à Ivry-sur-Seine, et demain c'est imminent on va fermer Bobigny», a affirmé Gisèle Halimi.

    «Tout cela s'est passé très vite, depuis mai-juin 2009», a ajouté la présidente de l'association Choisir la cause des femmes, créée en 1971, trois ans avant la loi sur le droit à l'avortement. «Il y a 12.000 avortements en moyenne en Ile-de-France (par an) et là on est en train d'en empêcher le quart, soit 3.000 avortements», a précisé Gisèle Halimi.

    Avant la manifestation de samedi, le mouvement du Planning familial avait dénoncé jeudi «la logique de rentabilité» conduisant au «démantèlement des centres d'IVG autonomes», notamment en région parisienne, en citant les mêmes établissements que Mme Halimi. Mise en cause, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait assuré que les «regroupements» actuellement en cours donnaient lieu à des «transferts d'activités» sans «diminuer le volume d'activités».

    Les activités IVG de Broussais ont ainsi été transférées à Cochin (Paris, 14e) ou celles de Tenon à Saint-Antoine (Paris, 12e), a indiqué l'AP-HP.

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  32. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  33. Par moments on a l'impression que tout est à refaire, à reprendre depuis le début. Voilà au moins un sujet sur lequel tous les partis, syndicats et organisations de gauche pourraient se retrouver par-delà les clivages habituels.

    D'autre part y a une réflexion et des campagnes à mener au niveau européen (Irlande, Pologne, Espagne, Italie...).

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  34. c'est très grave que des mesures soient ainsi prises...un tel droit est important à conserver et à améliorer...Le destin de beaucoup de personnes s'en trouve soulager, des situations de vie seraient catastrophiques si on revenait en arrière...Des femmes et des hommes se sont battus pour ce droit à l'avortement... Agissons à notre tour pour le maintenir dans des conditions décentes...Merci Monica pour ces infos qui font la lumière sur un gouvernement obscure et nous évitent de prendre des vessies pour des lanternes...

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  35. un vrai débat pour améliorer...et non poour revoir à la baisse les interventions, certes nombreuses mais tellement nécessaires au bien être de la socété...libre et consentante...

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  36. Chère Fabienne, Cher Melchior, je crains que ce ne soit pas seulement une impression. Pour ce qui a trait à la situation des femmes, tout est sans cesse vulnérable, mis en question. Les acquis ne le sont pas en profondeur, sans doute parce que les racines du mal continuent, dans la profondeur de la terre, à être nourries.

    Comme la Hollande avec ses polders conquis sur l'avancée des eaux, nous devons combattre sans cesse pour que la mer du sexisme ne recouvre pas les fragiles acquis de l'égalité...

    Une lutte à mener sans faillir.

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  37. Une vidéo tournée hier pendant la manifestation en faveur des droits des femmes:

    http://www.leparisien.fr/actualites-informations-direct-videos-parisien

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  38. Pendant ce temps, dans une partie de l'Espagne, la Navarre très catholique (lu dans Le Figaro):
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    Plus d'un million de personnes protestaient contre le projet de libéralisation de l'avortement qui permettrait d'avorter librement dans un délai de 14 semaines.

    Personnes âgées, familles avec enfants et poussettes, groupes d'adolescents , religieuses et curés: une marée humaine a envahi le centre de la capitale espagnole. Ils étaient plus d'un million de catholiques soutenus par l'Église et la droite, à manifester samedi à Madrid contre le projet de libéralisation de l'avortement du gouvernement socialiste. Les organisateurs ont chiffré à 1,5 million de personnes la participation à cette manifestation, tandis que la région de Madrid, gouvernée par les conservateurs, a avancé le chiffre d'1,2 millions de participants.

    La manifestation a été organisée par le Forum de la famille, une plateforme d'organisations catholiques conservatrices, qui avait déjà fait descendre des centaines de milliers de manifestants dans la rue en 2005 pour protester contre la loi autorisant le mariage homosexuel. Ici, il s'agit d'aller encore plus loin que la seule critique du projet de loi. «Le message de fond est que le débat ne sera pas clos tant qu'il y aura un seul avortement en Espagne», a déclaré son président, Benigno Blanco, au quotidien catholique ABC.

    L'ancien chef du gouvernement conservateur José Maria Aznar (1996-2004) et plusieurs élus de la droite, dont la présidente de la région de Madrid, Esperanza Aguirre et la secrétaire générale du Parti populaire (PP) Maria Dolores de Cospedal, ont participé à cette marche.

    Le projet de loi approuvé le 26 septembre en conseil des ministres et qui sera débattu à partir de novembre au Parlement, réforme une loi de 1985 qui n'avait dépénalisé l'avortement que sous certaines conditions. Il s'inspire de la législation en vigueur dans la plupart des pays de l'Union européenne. S'il est adopté en l'état, les femmes vivant en Espagne pourront avorter librement dans un délai de 14 semaines, et de manière exceptionnelle, jusqu'à 22 semaines de grossesse en cas de «risque pour la vie et la santé» de la mère ou «de graves anomalies du fœtus». Il ne pourra enfin être pratiqué sans limite de temps qu'en cas de «maladie extrêmement grave et incurable du fœtus».

    Actuellement, l'avortement n'est autorisé qu'en cas de viol (jusqu'à 12 semaines de grossesse), de malformations du fœtus (22 semaines) ou de «danger pour la santé physique ou psychique de la mère» (sans limitation de temps). Mais dans la pratique, le risque pour la santé psychique de la mère est le motif invoqué par plus de 90% des femmes, ce qui a donné lieu à des avortements très tardifs et controversés.

    Le projet contient une disposition très controversée, y compris dans l'électorat de gauche: les mineures de 16 et 17 ans pourront avorter librement sans consentement ni information préalable de leurs parents. Les Espagnols sont majoritairement opposés à cette disposition, alors qu'ils se divisent en camps à peu près égaux entre partisans et opposants à la réforme dans son ensemble, selon les sondages.

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  39. Les activités IVG de Broussais ont ainsi été transférées à Cochin (Paris, 14e) ou celles de Tenon à Saint-Antoine (Paris, 12e), a indiqué l'AP-HP.

    Saint-Antoine, ou l'un des hôpitaux spécialisés dans les problèmes de stérilité. Bonjour d'ambiance! A l'accueil, sa secrétaire qui vous regarde de travers, et les prises de rendez-vous impossible avant les délais légaux...et dans les salles d'attente... Il suffit d'imaginer

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  40. On peut considérer que 2009 était l’année de la Femme pour le gouvernement... Depuis le début de l’année les mauvaises attaques pleuvent.

    Je n’ai plus les références en tête mais lu l’an dernier le passage d’un ouvrage de deux “économistes-sociologues” décryptant les causes inattendues de certains faits : en l’espèce la baisse de la criminalité chez les jeunes dans les années 90 dans l’Etat de New York était directement lié à la baisse des naissances non désirées après le droit à l’avortement à la fin des années 70.

    Un enfant si je veux, un enfant (et plus!) quand je veux!

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  41. Comment peut-on mettre en place des mesures restrictives sur des lois qui sauvent chaque jour des centaines de femmes...et d'hommes...Bref quelle est la logique d'un tel retour en arrière? Le gouvernement connaît-il l'impact psychologique d'un enfant né dans un contexte peu favorable voire impossible?? S'il y a des moyens d'agir, alors je me ralierais à l'action... Préserver ses droits...Triste d'arriver à de telles régressions...

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  42. Les attaques sexistes pleuvent de tous les côtés.

    Viols des femmes en Guinée, montée des intégrismes de tous poils dans les pays musulmans ou catholiques, avortements des foetus filles,
    parité non respectée dans les internats, les élections, la franc-maçonnerie, perpétuation des inégalités salariales entre hommes et femmes...

    .... discours effarants du ministre de la culture sur le viol collectif posé comme un simple "écart" ,

    .... discours désinhibés, au nom du "non puritanisme", de gens( y compris de gauche) sur les femmes violées, dignes des années noires d'avant la reconnaissance du viol comme un crime...

    ... définition des luttes contre l'oppression sexiste comme purement "catégorielles", alors que c'est un système de pouvoir qui traverse tous les autres...

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  43. Allez allez, on se calme...
    J'allume le lampadaire, trois jolies bougies, ça va mieux ?
    Un p'tit thé à la menthe, des cornes de gazelle?

    Pas de complaisance "victimaire". Nous faisons des constats, MAIS corrigés par la perspective des combats.

    On ne se laisse pas abattre. On continue, la mano en la mano !
    NO PASARAN !

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  44. Acte de résistance Smoking non smoking ;o)
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    Une lycéenne américaine conteste haut et fort le refus de son école de publier sa photo de cérémonie de diplôme dans l'almanach scolaire parce que, se revendiquant homosexuelle, elle y pose en smoking plutôt que revêtue de la toge drapée réservée aux filles.

    Ceara Sturgis, 17 ans, très bonne élève de terminale au lycée Wesson Attendance Center dans le Mississippi, gardienne de but dans l'équipe de football et joueuse de trompette dans la fanfare scolaire, s'habille toujours de façon assez masculine parce qu'elle affirme être homosexuelle, selon le journal local Clarionledger.

    Lors de la séance de photo de fin d'année, Ceara a posé, habillée comme un garçon en smoking et l'école a refusé que ce portrait soit publié dans le "Yearbook", l'almanach de fin d'année scolaire.

    Ceara et sa mère, Veronica Rodriguez ont contesté cette exclusion et demandé à l'organisation de défense des libertés Aclu dans le Mississippi de se saisir du cas. Elles estiment que l'école a enfreint la liberté d'expression de Ceara et son droit à être traitée de la même façon que ses camarades.

    Dans un communiqué, l'administration scolaire du district est restée ferme sur ses positions vendredi.

    "Nous avons demandé à nos conseils juridiques de vérifier la validité de la position de l'école sur cette affaire (...). La jurisprudence des tribunaux fédéraux va tout à fait dans le sens de la politique qui a été adoptée par le district", affirme Rickey Clopton, responsable de l'administration scolaire.

    La jeune fille, qui estime "défendre quelque chose pour pas mal de gens qui (la) soutiennent" et voit cela comme "un honneur", revendique 250 signatures de soutien sur une page du site internet de socialisation Facebook où elle a exposé l'affaire, selon le Clarionledger.

    D'autres cas d'écarts au code vestimentaire à l'école sont récemment intervenus.

    Dans le Maryland, au Lycée Westlake de Waldorf, le mois dernier, une élève a finalement été autorisée à porter un smoking sur la photo de fin d'année, après plainte de sa mère.

    En Floride en revanche, un garçon de 16 ans venu à l'école avec des talons hauts et les yeux maquillés, a été renvoyé chez lui se changer, tandis qu'un nouvel avis sur les sites de l'administration scolaire de Floride stipule que les élèves "doivent se vêtir" selon la mode qui sied à leur sexe.
    ____________________
    OUARF !
    .

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  45. Merci pour les bougies qui créent des zones de mystère et allument des étincelles dans les yeux des filles.
    Je ne suis ni défaitiste ni déprimé et le combat ne m'effraie pas, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais autant on peut lutter contre l'ignorance autant la connerie est sans remède (Lacan n'a pas fait que des calembours solennels) et c'est ça qui m'étouffe.
    Mais ça ne m'empêche pas de respirer. En réponse à ton ouarf! sympathique mais bruyant le moment me paraît venu de placer un ouaf aussi distingué qu'oxymorique…

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  46. Un article sympa de Renaud Chenu dans Bakchich sur la Manif du 17, que je résume
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    http://www.bakchich.info/Les-feministes-remontent-au-front,09010.html
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    Bakchich a battu le pavé avec les féministes du Collectif National du Droit des Femmes (CNFD, rassemblant une centaine d’organisations) samedi 17 octobre entre Bastille et Opéra. 15.000 personnes (surtout des femmes) bravant la pluie pour rappeler à nos consciences endormies que l’égalité homme-femme, théorique et gravée dans le marbre de la loi, est un mirage qui ne fait frémir qu’Éric Zemmour et autres testosthéoriciens de la « crise de la masculinité ».

    Premier constat frappant, beaucoup de jeunes femmes regardant interloquées le défilé passer sous leurs yeux sans ressentir le besoin urgent de s’y joindre pour défendre l’émancipation des femmes. Le «on n’était pas au courant» concurrençait assez largement le «c’est contre la burqa ?».
    Une ado portant haut la mini-jupe nous lâche entre deux considérations politiques de haut vol «ces meufs, c’est toutes des hystériques».

    Deuxième observation, plus drôle, la petite surprise du préfet qui a le sens du décorum. 80% de l’encadrement policier visible était féminin.

    Retour dans la manif’, là où la conscience féministe est forcément plus aiguë. On cherche, on cherche, mais on ne trouve pas. Aucune organisation de droite.

    En dehors de nominations ministérielles très médiatiques, Sarko n’a pas vraiment fait avancer la cause féministe dans l’Hexagone. Une des dernières trouvailles gouvernementales pour gratter au porte monnaie des Français(e)s n’est rien que la remise en cause des retraites des mères de familles.

    La crise est comme ces fauves affamés, elle s’attaque en premier lieu aux plus faibles: les femmes, surtout les immigrées.

    Côté France, le constat est peu glorieux. En moyenne, les femmes gagnent 25% de moins que les hommes et assurent 72% des tâches domestiques. Une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les deux jours et demi et la comptabilité des viols révèle une réalité atroce : une femme est violée toutes les 10 minutes dans l’Hexagone. Des chiffres qui traduisent un phénomène de société où se mêlent sexisme ordinaire, inégalités salariales, avancées des obscurantismes religieux ou montée de l’assujettissement des corps aux lois du marché.

    La testostérone tue et brise des vies chaque jour, tandis que chacun s’accordera pour dire que le féminisme n’a jamais tué personne. Le 17 octobre était «une première étape, nationale» pour «relancer le combat féminisme».

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  47. Dans l’inconscient collectif “féministe” est péjoratif. Pour mobiliser largement contre les maux des femmes il faut changer de mot.

    Sarkozy a fait deux choses cette année qui montre sa vision des femmes : relever le plafond de la pension de réversion pour les veuves, décider de la suppression de la demi part fiscal pour avoir élever seule ses enfants.

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  48. Coucou Caroline,

    Une remarque d'abord: c'est un homme qui a écrit cet article, et il rendait compte d'un mouvement dont, quel que soit le mot qui le dénomme, il se sent solidaire. Et il pointe non sans malice que ceux qui n'aiment pas ce mot ne sont pas ses potes. Ce ne sont pas les miens non plus, je l'avoue.

    Nous avons déjà eu cette discussion et je suis d'accord pour ne pas pinailler sur les mots, si ces mots gênent. Je veux bien parler de lutte antisexiste, point barre.

    Cependant, je veux quand même approfondir quelque chose: pourquoi ce mot-là gêne-t-il dans l'inconscient collectif?

    J'ai sur ce point un avis fondé sur ma très longue expérience de militante féministe ayant animé beaucoup de débats: derrière ce mot, beaucoup voient les affreuses lesbiennes qui aiment les femmes et haïssent les hommes.

    Beaucoup d'hommes, et surtout de femmes rejettent ce mot pour cela. Et ce type de rejet me fait triplement braire.

    - Parce que des lesbiennes ont été des locomotives dans ces mouvements, c'est un fait, prouvé historiquement.Dénier ou renier leur apport est une injustice.

    - Parce que les lesbiennes ne haïssent pas plus les hommes que quiconque. Parfois, elles aiment, comprennent... plus ou mieux les hommes que certaines femmes hétérosexuelles enfermées dans leur carcan de "féminitude" voire au pire de "femellitude".

    - Parce que cette crainte d'être "prise pour une lesbienne" relève à mes yeux de l'homophobie.

    Je le répète: je me fous des mots. En revanche, je ne renie pas ce mot, ni ne me désolidarise des hommes et des femmes qui le défendent. Je suis à leurs côtés, sans l'ombre d'une ambivalence.

    En fait, dans l'inconscient collectif, je pense aussi que le mot "féminisme", qui contient le radical "fém", cache la forêt: celle de l'oppression sexiste qui, de fait, défavorise les femmes et favorise davantage les hommes. A mo avis, même en changeant de terme, on se heurtera aux mêmes résistances.

    Mais tu as dû remarquer que, pour faire consensus avec toi car nous défendons la même cause, je ne parle plus depuis un moment que de "sexisme" ;o)

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  49. Juste une remarque:
    on entend souvent: "je ne suis pas féministe, mais...", suivi d'un discours féministe, de même que "je ne suis pas écologiste, mais", etc.
    C'est sur la même structure que "je ne suis pas raciste mais", en plus sympathique, non ?
    Il faudrait faire une vraie étude psycho-socio sur les représentations féminines (et masculines pendant qu'on y est) du féminisme* et de ses combats. On aurait sans doute tous (et toutes) des surprises. (*le mot et la chose)

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  50. Au-delà des mots qui pourraient nous diviser , occupons-nous des réalités qui nous unissent...
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    http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/22/la-recession-mondiale-frappe-d-abord-les-femmes_1257346_3244.html
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    L'ONG Plan international dresse un tableau complet dans un rapport intitulé "La Situation des filles dans le monde 2009, l'heure des comptes", publié mi-octobre.
    Les discriminations envers les filles commencent dès les premières années de la vie (et même avant, si l'on prend en compte le "foeticide" des filles). Dans 58 pays, la crise pourrait déboucher sur un accroissement de la mortalité infantile atteignant 400 000 décès par an, en majorité des petites filles.

    La crise menace aussi les progrès de la scolarisation des filles. "Au cours des vingt dernières années, le pourcentage des enfants n'ayant jamais fréquenté l'école est tombé de 21 % à 11 % pour les garçons de 10 à 14 ans, et de 39 % à 18 % pour les filles", rappelle le rapport. Les filles parviennent difficilement à passer le cap de l'enseignement secondaire (43 % dans les pays en développement). Pour la jeune femme elle-même, la poursuite d'études a une incidence très concrète : "2 000 dollars de plus que celles qui se sont arrêtées à l'école primaire".

    Autre fléau aggravé par les crises : la prostitution.

    C'est sur l'emploi des femmes que la récession se fait d'ores et déjà sentir. Selon l'OIT, 22 millions de femmes pourraient perdre leur emploi dans le monde en 2009, le taux de chômage augmentant plus vite pour les femmes que chez les hommes. Entre 50 % et 55 % des salariées occupent des emplois considérés comme "vulnérables" contre 47 % à 52 % des hommes.

    Dans les pays émergents, où le marché du travail s'est fortement féminisé à la faveur de la mondialisation, l'impact est déjà énorme. "Dans le secteur formel, et notamment dans les secteurs destinés à l'exportation, où 75 % à 80 % de la main-d'oeuvre est féminine, 7 travailleurs licenciés sur 10 à cause de la crise financière sont des femmes".

    En Afrique, cent mille emplois de l'industrie textile - dont 90 % sont occupés par des femmes pauvres - sont menacés.

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  51. Un touchant hommage à Carole Roussopoulos, cinéaste féministe, qui vient de s'éteindre à l'âge de 64 ans:

    http://www.lesquotidiennes.com/soci%C3%A9t%C3%A9/carole-roussopoulos-pionni%C3%A8re-de-la-vid%C3%A9o.html

    Saluti, Carole !

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  52. Un petit texte sympathique: "Combattre les formes invisibles de solidarité masculine"
    Nathalie Kosciusko-Morizet(Le Post) Par David Réguer

    Sur son blog, NKM se demande pourquoi les femmes sont si peu représentées dans les instances dirigeantes.

    Dans un post intitulé "Pour faire voler en éclat le plafond de verre", elle indique que les femmes françaises représentent seulement 7% des patrons de moyennes et grandes entreprises et 7% des sièges dans les conseils d'administration.

    Les chercheurs américains parlent de plafond de verre, dit-elle, "pour désigner cette forme d’obstacle contre lequel les femmes à fort potentiel viennent buter, ce qui entrave leur ascension professionnelle."

    Les raisons ? Au-delà de l'autocensure que s'infligeraient les femmes (elle ne semble pas convaincue par cette thèse), NKM a la conviction qu'il s'agirait plutôt "d'une forme de solidarité masculine qui favorise la cooptation des hommes entre eux pour accéder aux plus hauts postes."

    "J’ai la conviction que ce n’est pas la compétition qui est défavorable aux femmes, mais une forme spécifique de compétition, celle qui passe par les réseaux et la cooptation." dit-elle.

    Une solution ? Les quotas. NKM donne l'exemple de la Norvège où les entreprises ont l'obligation de faire siéger 40% des femmes, pour "combattre les formes invisibles de solidarité masculine".

    Une autre solution ? Que les femmes créent leurs propres réseaux de solidarité. Cela commence à exister d'ailleurs, il existe même un "guide des clubs et réseaux au féminin".

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  53. Lu dans le Nouvelobs.

    S. Royal a annoncé jeudi 12 novembre sur RMC-Info et BFM-TV qu'elle allait envoyer dans tous les lycées de sa région des "chèques-contraception", bien qu'elle n'ait pas reçu, "pour l'instant", l'aval du ministère de l'Education. Ces "chèques-contraception" vont être distribués "en début de semaine prochaine" aux infirmières scolaires, a-t-elle indiqué. Ségolène Royal a également affirmé que "malgré le blocage du ministère de l'Education nationale", qu'elle ne "comprend pas", elle agira.

    Chaque carnet gratuit comporte quatre tickets. Le premier permet "d'aller faire une consultation médicale gratuite", le deuxième permet "d'accéder à l'achat de contraceptifs", le troisième permet de "faire des analyses médicales" et dernier est un bon "pour une visite de contrôle".
    Ségolène Royal entend ainsi "lutter contre les grossesses précoces des filles mineures". Selon la présidente de la région, quand celles-ci tombent enceintes, "soit pas défaut d'information, soit parce qu'elles sont isolées, soit parce qu'elles sont en rupture de famille, c'est une grande souffrance".

    "A 16 ans, 17 ans parfois 15 ans quand vous mettez un enfant au monde, je crois que c'est fait dans de mauvaises conditions", a-t-elle également estimé. La contraception pour les mineures doit permettre à des jeunes filles "de milieux sociaux très très modestes et souvent en situation d'abandon de maîtriser leur avenir".

    Ségolène Royal a également rappelé que les infirmières des établissements scolaires distribuaient déjà la pilule du lendemain, soulignant qu'elle avait œuvré pour cette mesure. Mais, selon la socialiste, "c'est encore mieux de prévenir".

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  54. Luc Chatel refuse la proposition de S. Royal, qui a été interrogée par l'AFP.

    "C'est en tant que présidente de région et que femme que je m'exprime", a dit S. Royal qui a rappelé avoir "connu toutes les difficultés pour faire accepter la pilule du lendemain dans les établissements scolaires".

    "Je pense que Luc Chatel devrait reconnaître cette action comme exemplaire et la généraliser dans toutes les régions".

    "Il est dommage que Luc Chatel ignore que l'Éducation nationale a déjà comme mission de venir au secours de la détresse des élèves puisqu'une circulaire officielle prévoit déjà la contraception du lendemain", a-t-elle poursuivi.

    "L'action régionale que j'ai conduite prend en compte la détresse sociale que représente en France 6.000 grossesses précoces dont 500 pour la région Poitou-Charentes et ces grossesses sont en voie d'augmentation", a poursuivi Mme Royal.

    Elle fait valoir que "cette action qui a été adoptée à l'unanimité des conseillers généraux -majorité droite comme gauche- a bien sûr été mise en place en coordination avec le Planning familial, qui est souvent très éloigné des lycées ruraux".

    Cette action, dit-elle aussi, est "le résultat d'une très longue consultation avec les professions médicales, les associations de parents d'élèves qui nous ont donné leur accord et les plannings familiaux".
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    Dès lors que la pilule du lendemain avait été acceptée, le refus de la contraception est une absurdité pour le moins rétrograde.

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  55. Un article intéressant sur la burqa et l'égalité dans Le Monde
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    http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/11/19/le-voile-face-au-concept-d-egalite_1269178_3232.html
    ____________________

    L'auteur s'étonne,en tant que juriste, que, après avoir passé en revue quelques notions floues comme le trouble à l'Ordre public ou l'atteinte à la dignité humaine, les spécialistes réunis aient fini par conclure à l'impossibilité d'interdire la burqa sans risque de contentieux.

    Si je pense au principe d'Égalité, c'est parce qu'il est l'un des trois piliers de notre organisation sociale, avec la Liberté et la Fraternité. Loin de constituer un slogan démodé, notre devise Liberté Égalité Fraternité définit le fondement du contrat social français et même le dernier, le terme Fraternité un temps incompris, est on ne peut plus actuel et se nommerait aujourd'hui Solidarité, entre les générations, entre les riches et les pauvres, etc.

    La Liberté, premier fondement, a été déclinée à l'envi si bien qu'on doit maintenant parler au pluriel des Libertés. L’Egalité a connu elle aussi un fort développement en droit public et est aujourd'hui brandie pour s'attaquer aux différences qui subsistent entre hommes et femmes.

    Dans ce contexte, pourquoi ne pas utiliser ce principe d'Égalité pour interdire la burqa ? Car avec ce voile intégral, c'est bien de soumission extrême d'un sexe à l'autre qu'il s'agit et donc d'afficher une inégalité entre hommes et femmes, sauf si les hommes étaient soumis à la même contrainte et se couvraient aussi du même voile. Il est beaucoup moins question ici de religion puisqu'on nous répète à chaque débat que le voile ne figure pas au nombre des préceptes de l'Islam. C'est plutôt le signe d'une forme ancienne pour ne pas dire archaïque d'organisation sociale qui fait que même en Europe, les pays du sud ont vu longtemps les femmes voilées et soumises. La liberté de religion n'est donc pas en cause et même si elle l'était, elle devrait céder devant le principe d'Égalité comme ce serait le cas si demain une religion nouvelle devait prescrire une différence entre hommes et femmes ? Il faut revenir aux fondamentaux juridiques et même simplement humains car, disons-le, ce qui heurte le plus dans la burqa, c'est la négation de la personne humaine sous ce voile. Le malaise perdure parce qu'on ne peut s'imaginer ces personnes autrement qu'enchaînées, ou du moins fortement soumises à leur groupe, même et surtout si elles jurent du contraire la main sur le cœur.
    Le principe d'Égalité doit néanmoins être manié avec précaution du fait de sa puissance quasi-atomique qui fait que son efficacité toucherait non seulement la burqa mais aussi le voile et, d'autre part, la sphère privée autant que publique : il ne pourrait exister d'établissement, même privé, où serait permis la distinction entre hommes et femmes, donc pas de voile dans les écoles même privées ni dans les entreprises, où le port du voile crée des tensions même parmi les syndicats qui luttent contre les discriminations. En effet, face à une atteinte aussi flagrante à l'Égalité entre hommes et femmes, il n'est pas de lieu où celle-ci puisse être tolérée. Imaginerait-on par exemple, que l'esclavage étant aboli, il serait autorisé en privé ? Ce principe d'Égalité a pour avantage d'être universel ou du moins applicable dans toute l'Europe et n'oublions pas précisément que la question fondamentale qui se pose actuellement est la place des femmes dans la société. Or, contrairement à l'évolution relativement récente dans les sociétés modernes, beaucoup de sociétés continuent de lui attribuer un rôle de bête de somme. Le futur permettra peut-être un temps aux deux systèmes de cohabiter géographiquement mais, sur un même territoire, il peut difficilement y avoir de règles contradictoires et surtout, dans un monde globalisé, rien n'interdit aux intéressées de vivre dans le pays de leur choix et de s'y conformer aux règles sociales (les femmes occidentales se voilent en Arabie Saoudite par exemple).

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  56. Ça va de soit mais c'est toujours réconfortant de le voir écrit noir sur blanc. J'en extrais un p'tit bout de phrase parce qu'il me semble crucial :
    "… même et surtout si elles jurent du contraire la main sur le cœur."
    Voilà un point qu'il faudrait pouvoir développer et soutenir, pour aller contre le fameux et calamiteux "c'est mon choix" qui en appelle (à mon avis fallacieusement) à la liberté individuelle contre l'égalité. Mais c'est pas simple. Qui et comment va décider que ce "choix" est aliéné, comme sans doute nous le pensons tous ici ? Sur quoi peut-on s'appuyer pour conférer une légitimité, comment dire… républicaine ? à cet arbitrage indispensable entre liberté (ouaf de scepticisme, si je puis me permettre) et égalité ?

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  57. Oui, Parleur, c'est la question cruciale de l'aliénation de l'opprimé aux rapports de pouvoir, dont le masque (le voile) le plus abject est la prétendue "liberté" dudit opprimé.Un bouclage parfait, à double tour.

    Je trouve pertinent l'un des arguments de l'auteur, qu'avait évoqué Caroline: Imaginerait-on par exemple, que l'esclavage étant aboli, il serait autorisé en privé ?
    Non, bien-sûr.

    L'égalité entre citoyens suppose que nul ne doive faire quelque chose parce qu'il est femme, homme, noir, blanc...

    Dès lors qu'une pratique n'est imposée qu'à une catégorie, à un groupe, elle est liberticide et contredit le principe d'égalité.

    En revanche, peut-être (à creuser cependant), le port d'uniformes pour des raisons de métier, de religion, ne semble pas mettre en cause le principe d'égalité.

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  58. Il m’est agréable de lire ce que je pense. Ce n’est pas si fréquent. Qui est l’auteur du papier?

    @Parleur :
    L’égalité (en droit) ne souffre pas de limite - dans son principe -, la liberté (individuelle) en a une à la base en s’arrêtant ou commence celle des autres. Le principe d’égalité impose que les libertés individuelles soient les mêmes pour tous sans distinction de couleur, de religion ou de sexe. Nous n’avons pas la liberté individuelle de nous opposer au principe d’égalité. La République ne peux donc accepter que certaines citoyennes s’inscrivent contre lui. Mais “ils” vont bien nous écrire un texte bidon qui nous interdira à tous de nous déguiser...

    @ Monica : Les uniformes.
    Pour des raisons de métiers : personne ne vous oblige à le porter en dehors de vos heures de travail. Il protège ou identifie pour les besoins de l’exercice du métier. Personne ne vous oblige non plus à exercer un métier impliquant le port d’un l’uniforme. Ce n’est donc pas du tout le même registre.

    Les religieuses puisque c’est d’elles dont il s’agit en général lorsqu’il est question de voile : leur costume lorsqu’elles en ont un ne dit pas “je suis un être inférieur soumis aux diktats de mon mari et des hommes de ma famille y compris mon petit frère”, mais “Je suis mariée avec Jésus”. J’ai connu un certain nombre de religieuses, soeurs de la Charité et religieuses en civil. Je peux garantir que ces femmes n’avaient aucun doute quant à leur égalité avec les hommes. Je souris même en me les rappelant dans quelques scènes qui me fait dire aujourd’hui : Certaines étaient même persuadées d’être largement supérieures et n’hésitaient pas à leur faire savoir!!
    Il n’est cependant pas anodin de noter que les curés ont été autorisés à laisser tomber leur soutane et à endosser des costumes civils, pas les religieuses.

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  59. Caroline, l'auteur de l'article est curieusement anonyme: R. von W., Avocat. C'est pourquoi je ne l'ai pas cité.

    Pour les uniformes professionnels et religieux, nous ne sommes pas, en effet, dans une mise en question du principe d'égalité.

    Pour les religieuses, notons que la Congrégation des petites sœurs du Père de Foucault sont en civil. Donc, certaines ont échappé au voile....

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  60. Du point de vue juridique: il y a, au moins dans nos contrées, une coutume extrêmement forte, qui veut que dans l’espace public les gens se présentent au regard d’autrui le sexe couvert et le visage découvert. Cette règle est si puissante que les législateurs n’ont pas éprouvé le besoin de la codifier, de façon générale: elle va de soi.
    On ne peut déroger à cette règle que dans des conditions particulières. On peut couvrir son visage par très grand froid, ou lors du carnaval; une personne défigurée, une célébrité qui fuit les paparazzi peuvent aussi le faire sans scandale.
    Le visage découvert est la règle, le couvrir ne peut être que l’effet d’une exception. Ce que la coutume interdit, la loi ou la jurisprudence peut le permettre, s’il y a un motif légitime. Vouloir manifester qu’on fait partie d’un « genre » soumis à l’autre « genre » est-il un motif légitime ? N’est-ce pas plutôt violemment contraire à l’ordre public ?
    Il me semble que le port de la burqa contrevient à l’ordre public, et que la « justification » pseudo-religieuse est un redoublement de cette atteinte.
    Reste entier le problème de la meilleure manière d’y faire face.

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  61. Melchior s'était donc caché sous la burchat de Griffollet?

    En tous les cas, j'apprécie le commentaire de la bourrique de charme, notamment ce merveilleux va de soi... que certains mettent en cause, ce qui nous fait légitimement violence:
    dans l’espace public les gens se présentent au regard d’autrui le sexe couvert et le visage découvert. Cette règle est si puissante que les législateurs n’ont pas éprouvé le besoin de la codifier, de façon générale: elle va de soi.

    Mais c'est bien sûr !

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  62. « On nous répète à chaque débat que le voile ne figure pas au nombre des préceptes de l'Islam. C'est plutôt le signe d'une forme ancienne pour ne pas dire archaïque d'organisation sociale qui fait que même en Europe, les pays du sud ont vu longtemps les femmes voilées et soumises. »

    Effectivement le port de la burka ou autre voile intégral n'est inscrit nulle part dans le coran. Toujours est-il, qu'à l'heure actuelle, ce sont tout de même les tenants de la ligne dure de l'islam qui à travers le port du voile intégral, érige en valeur suprême l'asservissement des femmes. Il n'y a qu'à voir ce qui se passe au Soudan où un policier quelconque à le droit d'arrêter et de maltraiter n'importe quelle femme au nom de la charia. La liberté de mouvement des femmes est tout récente. Entre la pratique religieuse et cette dernière, je choisis sans hésiter la première. Et parce que souvent en politique on a des choix à faire, je suis pour que l'on légifère en matière de burka. C'est symbolique? Tant pis et tant mieux. Cela les confine chez elle? Qu'elles restent chez elle. Le port du voile à l'école à aussi fait couler beaucoup d'encre. Je me contrefous de la liberté de quelque-unes à choisir l'allégeance à une religion qui les veut voilées, contre la liberté de toutes les autres. Je suis pour les lumières et contre l'obscurantisme. La politique c'est aussi un rapport de force. Les acquis des femmes occidentales sont trop faibles pour qu'une quelconque tolérance à l'extrême les mette en danger. Chez les hommes qui pratiquent et imposent cette pratique à leurs femmes, même si elles l'ont totalement intégrées, il y a aussi une volonté politique d'asservir la femme et d'en faire, quoiqu'ils en disent un objet sexuel qui n'a d'autres raison d'être que la satisfaction d'un homme. Et si elle échoue à le satisfaire, elle est répudiée, mise au ban. Elle n'est même pas un citoyen de seconde zone. Elle appartient à tous, prostituée ou lapidée. Nous n'avons pas que des droits. Nous avons aussi des devoirs. Je ne me bats pas tous les jours pour que les femmes accèdent à la pleine égalité (salaire, vie dans l'entreprise..., pour que l'on reconnaisse la violence conjugale)... Pour céder à la volonté de quelques-unes de porter le voile intégral, comme on porte un drapeau. La valeur dominante de nos sociétés occidentales, c'est l'argent. Et l'argent se fait à tout. Pas les valeurs républicaines. Elles sont le fruit d'une démarche volontaire qui ne rapporte rien, pas l'ombre d'un dollar. Elles sont le pas que l'on fait vers ce qu'on estime être juste. Un partage entre le bien et le mal.

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  63. Diable, c'est qu'elle est en colère, notre Brocéliande. Saine et juste colère dont je tiens à lui dire combien je l'approuve et la partage. Nous n'allons certes pas jouer les idots utiles compassionnels ! Bravo la frangine.

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  64. Merci Parleur,
    A ce propos, on peut remercier Ségolène d'avoir redonné à la colère ses titres de noblesse. :)

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  65. N’oublions pas que, en défendant l’égalité contre vents et marées ici, nous la défendons aussi ailleurs.

    La lutte contre l’obscurantisme concerne les femmes du monde entier.

    Comment la patrie prétendument des «droits de l’homme» pourrait-elle oublier ses devoirs ?
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    http://www.courrierinternational.com/breve/2009/11/16/les-mariages-precoces-sont-la-norme
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    Au Burkina Faso, une fille sur cinq est mariée avant l'âge de 14 ans. En effet, 47,8% d'entre elles contractent une union avant l'âge de 17 ans, rapporte le quotidien burkinabé Sidwaya. Or qui dit mariage précoce dit mariage forcé.

    Les principales raisons invoquées par les familles sont la précarité des conditions de vie, le besoin de main-d'œuvre, la crainte d'une grossesse hors mariage – source de déshonneur –, ou encore la conservation de la virginité jusqu'au mariage.


    Les opposants à cette pratique rétorquent que les fillettes se trouvent exposées aux maladies sexuellement transmissibles, aux violences morales et physiques, à la déscolarisation, aux fistules obstétricales et aux grossesses précoces, entraînant une forte mortalité maternelle et infantile.

    Confrontées à ce phénomène, les autorités burkinabées ont organisé le 13 novembre une réunion d'information auprès des populations à risques, dans la province de Séno au Sahel.

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  66. Hé hé Le Grand Orient se fait tacler en interne sur la question des femmes
    ;o)
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    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/11/23/01016-20091123ARTFIG00642-admission-des-femmes-le-grand-orient-doit-revoter-.php
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    Fait rarissime dans l'histoire de la plus grande loge maçonnique de France, la justice interne a cassé le vote du Grand Orient, qui avait refusé en septembre de devenir mixte et d'initier des femmes en son sein. Un «comité secret» doit se réunir pour sortir du blocage.

    Le Grand Orient, première obédience maçonnique de France, traverse une nouvelle crise sur la question de l'admission des femmes en son sein. La justice interne vient en effet d'annuler un vote souverain du grand convent (l'équivalent de son assemblée générale annuelle) qui s'est réuni à Lyon, le 4 septembre dernier.
    Après plusieurs années de débat, les questions de savoir si les loges du Grand Orient peuvent ou non initier des femmes, et si elles peuvent admettre comme membres, des femmes déjà initiées, avaient été soumises au vote des 1.200 délégués. Ceux-ci avaient répondu non : 56 % avaient voté contre l'initiation des femmes et 58,7 % contre l'affiliation de sœurs qui auraient déjà été initiées dans d'autres loges.
    Les partisans de l'ouverture formelle des loges du Grand Orient aux femmes (en fait, les loges leur sont ouvertes pour toute une série de travaux mais elles ne peuvent en devenir membres à part entière) ont saisi la Chambre suprême de la justice maçonnique et ont obtenu gain de cause, le 20 novembre dernier. S'il n'y a rien à redire sur la validité du vote de Lyon, il y a bel et bien un «vice de procédure» sur la formulation de la question qui avait été posée aux frères. Dans un souci de clarification, celle-ci avait été reformulée d'un commun accord au dernier moment, mais en dehors du respect strict des procédures. C'est cette faille qui a été utilisée pour casser le vote lyonnais. Cette annulation d'un vote de convent est quasiment sans précédent dans les annales du Grand Orient.
    L'actuel Grand Maître, Pierre Lambicchi, se refuse de parler de crise interne. Dimanche prochain, il va présider un Conseil de l'Ordre mensuel, sous la forme d'un «comité secret», pour décider quand sera revotée l'admission des femmes au Grand Orient, en septembre prochain ou lors d'un convent extraordinaire qui se réunirait plus tôt.
    Quelle que soit la procédure, le problème de fond reste intact, car cinq loges du Grand Orient ont décidé au printemps dernier d'initier des femmes. D'autres initiations se prépareraient pour créer une situation de fait accompli.
    Pour sortir du blocage, l'idée du Grand Maître serait de créer une «union du Grand Orient» avec trois branches distinctes : masculine, féminine et mixte. Ce qui permettrait à chaque loge de se décider sur la question de l'admission des femmes et d'adhérer ainsi à l'une ou l'autre de ses branches.

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  67. Taxis roses au Mexique. Lu dans Le Monde
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    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/11/24/a-puebla-au-mexique-des-taxis-roses-reserves-aux-femmes_1271285_3222.html
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    Inspiré des Pink Ladies Cabs de Londres, le concept des Pink Taxis, lancé le 6 octobre, fera bientôt école dans d'autres villes mexicaines. L'initiative plait aux femmes, victimes du machisme ambiant. "L'objectif, c'est la sécurité", commente l’une des conductrices, dont le taxi est équipé d'un GPS et d'un bouton d'alerte sous le volant, connectés aux services de police. Joignable 24h/24h par téléphone ou par Internet, son véhicule est aussi doté d'un terminal de carte bancaire pour limiter les risques de vol avec agression.

    Comme la plupart de ses collègues, Maria n'était pas taxi à l'origine. Elle a mis les mains dans le cambouis, appris les gestes qui sauvent et l'autodéfense durant 160 heures de formation financées par l'État de Puebla.

    Avec 40 courses par heure, deux fois plus le week-end, les 35 Pink Taxis semblent faire leurs preuves, malgré des tarifs 10 % supérieurs à ceux des taxis classiques. "Cette politique de prévention rencontre un franc succès", se félicite Valentin Meneses, secrétaire chargé des transports, qui prévoit de doubler le nombre de taxis roses à Puebla, avant de les lancer dans trois autres villes de l'État.

    La mairie de Mexico devrait lui emboîter le pas: "Nous étudions un service similaire pour 2010", annonce Ariadna Montiel, directrice du réseau de transport de la capitale. Depuis dix ans, dans cette mégalopole de 20 millions d'habitants, des rames de métro sont interdites aux hommes aux heures de pointe. Depuis janvier 2008, le programme "Atenea" complète le dispositif, avec 67 autobus réservés aux femmes. "Ça évite les attouchements. En plus, ces bus sont moins pleins que les autres", explique une conductrice en refusant l'accès à un homme. "Seuls les messieurs accompagnés d'un enfant peuvent monter. Prenez le prochain !"

    A l'Institut des femmes de Mexico (Inmujeres), la directrice Martha Lucía Mícher explique que "ces initiatives répondent à un vrai besoin, dans une société où les hommes pensent que le corps des femmes leur appartient".

    Le défi est de taille : 87 viols dans des taxis ont été dénoncés en 2008 dans la capitale. "Il y en a plus, mais ils ne sont jamais dénoncés", déplore-t-elle. Pis, une femme est assassinée toutes les six heures au Mexique et 67 % des Mexicaines disent avoir subi des violences sexistes, selon l'Institut national des statistiques.

    "L'idée est de changer les mentalités par des actions qui marquent les esprits", explique Tania Enriquez, directrice des politiques publiques à la Commission nationale d'éradication de la violence contre les femmes.
    Elle reconnaît néanmoins que "sans une véritable politique éducative, ces actions risquent de n'avoir qu'un impact limité".

    D'autant qu'elles ne font pas l'unanimité, comme l'explique une journaliste: "D'un côté on milite pour l'égalité des sexes, de l'autre on utilise des moyens de transport qui discriminent les hommes. En plus, peindre en rose des taxis renforce les stéréotypes."

    Avec ses 4 millions de passagères annuelles, le programme "Atenea" reste modeste. "L'idée n'est peut-être pas révolutionnaire, mais elle crée des emplois pour les femmes", conclut Maria. Un argument de poids dans un pays qui compte 900 000 chômeurs supplémentaires cette année. - (Intérim.)
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    Et il vaut bien mieux des taxis roses que des burqas noires, in anycase !

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  68. Encore le voile… Grr ! Lu dans L'Express
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    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/une-femme-voilee-met-le-feu-a-l-assemblee_830826.html
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    Les députés UMP sont très remontés contre le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, à qui ils reprochent d'avoir laissé une jeune femme voilée assister aux débats parlementaires.

    Le 12 novembre dernier, un groupe de jeunes s'installe dans les tribunes de l'Assemblée. Parmi eux, une jeune fille arbore "un voile encadrant strictement le visage et descendant jusqu'au genou", précise la députée du Nord, Françoise Hostalier. "Elle était très remuante, on ne pouvait pas l'ignorer", ajoute l'ancienne secrétaire d'Etat aux affaires scolaires.
    Deux orateurs, le Nouveau Centre François Rochebloine et Philippe Goujon, interviennent en séance pour exprimer leur surprise. L'article 8 de l'Instruction générale du Bureau, sorte de règlement applicable aux visiteurs, ne stipule-t-il pas que "le public admis en séance se tient assis et découvert"?

    "Je suis donc allée voir les huissiers pour savoir si la jeune femme était entrée ainsi vêtue à l'Assemblée, raconte Françoise Hostalier. Ils m'ont répondu avoir respecté les consignes de la présidence de l'Assemblée. Mais comment une chose pareille peut-elle intervenir dans le temple des valeurs républicaines, dont l'un des piliers est la laïcité et l'autre l'égalité entre hommes et femmes?"


    Très critiqué, Bernard Accoyer s'est d'abord défendu par écrit. Dans une lettre adressée à ses collègues, il précise: "La prescription de se tenir 'découvert' n'a pas été écrite pour le contexte actuel: elle remonte à une époque où la déférence due à la représentation nationale voulait que l'on retire son couvre-chef dès lors que l'on assistait à la séance publique."

    Et le président de l'Assemblée d'ajouter: "Opposer cette disposition au port de tenues ayant la signification d'une appartenance religieuse lui donnerait une portée qu'elle n'avait pas à l'origine, dans un domaine où nous nous devons d'agir avec la plus grande circonspection, précisément dans ces lieux qui sont au cœur de la démocratie."

    Le message n'a guère convaincu les députés UMP, qui étaient encore très remontés ce mardi matin. Il est vrai qu'en pleine mission parlementaire sur la burqa, l'affaire fait désordre. Le député de l'Ain Michel Voisin a assuré qu'en 2000 une religieuse catholique avait été contrainte d'enlever son voile pour monter en tribune, tandis que l'aumônier militaire qui l'accompagnait se délestait de sa grosse croix en bois.
    Françoise Hostalier, elle, n'en démord pas: elle réclame que l'article 8 soit modifié pour que hommes et femmes ne puissent porter de couvre-chef. "La France est très attendue sur cette question des signes religieux ostentatoires, il faut poser des jalons. Sinon, quel message enverra l'Assemblée nationale à ces femmes qui dans le monde osent braver les autorités de leur pays au prix de leur liberté, voire de leur vie?"

    En l'absence de réponse claire de Bernard Accoyer, la députée se dit prête à manifester avec ses collègues féminines. Elles ont déjà prévu de venir dans l'hémicycle avec les couvre-chefs de leurs terres d'élection...

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  69. Merci Monica pour cette revue de presse dévoilée. sourire. Ouarf, niark

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  70. Un voile à l’Assemblée! Ils sont vraiment devenus fous nos vieux barbons!

    Au fait saviez vous qu’aux yeux des instances de l’UMP rédactrices de l’argumentaire présenté pour appuyer le débat sur l’identité nationale :

    "... La France, c’est (...) une certaine place de la femme dans la société, ...

    Nous qui pensions que la “France c'est ... l'égalité entre les femmes et les hommes” nous apprenons en plein 21° siècle que la femme n’a qu’une “certaine” place. Au lit, à table ou debout devant les fourneaux?

    Comment qui dirait not’président qui aime not’langue? J’chuis pas sure que j’vais restée tranquillement à ma place bien longtemps, M’am Monica. Si y en a que çà dérange l’égalité faut qu’il ‘ dise. On se demande c’est à quoi çà leur a servi d’aller dans les écoles de la République. C’est que j’trépigne de plus en plus moi, M’am Monica. Tous les matins en me maquillant, j’me dis que c’est pas le moment, mais c’est dur d’rester tranquille. Pace’que ch’ai pas vous M’am Monica, mais moi j’ai bien envie de lui en donner ... de la rupture.

    Plus sérieusement j’en reviens à mon billet du début de l’année; des portes inacceptables ont bien été largement ouvertes à l’encontre des femmes.
    Je suis effarée par toutes les régressions qui nous (H&F) tombent dessus dans tous les domaines et qui ne rencontrent aucune opposition politique sérieuse.

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  71. Le mot que j'ai eu à saisir pour valider mon précédent commentaire?

    OSONS

    !!!!!

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  72. M'am Caroline, moi aussi je trépigne.. Et M'am Brocéliande, elle a poussé un grand cri de colère.

    Si nous ne nous bougeons pas les fesses, nous allons nous faire avoir au coin du bois... et ce ne sera pas la forêt enchantée de Brocéliande.

    OSONS !

    Dévoilons nos désirs d'égalité sans aucune espèce de compromission.

    Allez hop, tous les êtres humains opposés au sexisme, embarquons-nous dans les taxis roses, les montgolfières bleues, et au combat !

    NON MAIS !

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  73. Catherine Cabrol, photographe, a publié un livre intitulé Blessures de femmes. Elle a invité des femmes de différents âges et pays à poser devant l'objectif.

    Les photos sont belles et dignes. Ce ne sont pas des victimes, mais des êtres debout...

    http://www.lemonde.fr/a-la-une/portfolio/2009/11/24/blessures-de-femmes_1271431_3208.html

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  74. Lu dans l'Express, un article de Christophe Carrière sur les ravages du sexisme.
    OSONS !
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    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/la-domination-masculine-passee-au-crible_830702.html
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    Avec son documentaire sur les ravages du sexisme sorti mercredi dernier, le réalisateur belge Patric Jean emballe les militantes de la cause des femmes. Et les machos enragent...

    Pour nous convaincre de la sincérité de son discours, Patric Jean n'aurait pas trouvé mieux. Réalisateur de La Domination masculine, remarquable état des lieux d'un machisme pernicieux ancré dans les moeurs qui mène tout droit à la violence sur les femmes, ce Belge vivant entre Bruxelles et Paris annule un premier rendez-vous pour... récupérer son bébé fiévreux à la crèche. La mère, également documentariste, est en déplacement. Patric Jean, féministe convaincu de 41 ans, est évidemment pour le partage des tâches familiales.

    A voir l'implacable constat qu'il dresse dans son film, c'est à croire que la "parenthèse enchantée" des années 1970 n'a jamais existé et que la condition féminine a recouvré son statut d'avant-guerre. "Il serait idiot de dire que nous n'avons pas avancé depuis cinquante ans, corrige-t-il. Mais la réduction des inégalités entre hommes et femmes progresse tellement lentement... qu'on atteindra la parité dans deux cent cinquante ans!" Pour illustrer son propos, Patric Jean a baladé sa caméra des speed-datings parisiens –où les candidates reprodui­sent les clichés sexistes avec le sourire et le plus grand naturel – à l'école polytechnique de Montréal (Québec), théâtre de l'exécution sommaire de 14 étudiantes en ingénierie le 6 décembre 1989 par un antiféministe de 25 ans. Le réalisateur s'est immiscé sous un nom d'emprunt parmi des "masculinistes" canadiens, militants vindicatifs de mieux en mieux organisés depuis une dizaine d'années, dont il a recueilli des témoignages effrayants. "Ils sont évidemment furieux d'avoir été trompés", raconte-t-il, menacé de mort à demi-mot dans des blogs particulièrement virulents. "L'un dit que, si je viens présenter mon long-métrage au Canada, je risque de passer à côté de ma propre vie et de connaître mon Waterloo."

    Le réalisateur est précisément né près de la cité belge, dans un milieu ouvrier. Son père, mort quand il avait 2 ans, interdit à sa mère de continuer une prometteuse carrière de chanteuse d'opéra. Elle enseignera le chant et élèvera seule son fils. D'où cette énergie farouche à défendre les femmes? "J'ai plutôt évolué grâce aux diverses compagnes avec lesquelles j'ai vécu", répond l'intéressé. Le réalisateur, désormais invité dans tous les colloques des suffragettes françaises, ne se leurre pas sur l'avenir. "Le masculinisme connaît en France une progression constante."

    Son documentaire n'est donc pas seulement un constat, mais aussi un signal d'alarme.

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  75. Un pas de plus... en fait tout petit. Presque dérisoire.
    Plus qu'hier et moins que demain ?OUARF !
    -------------------
    Lu dans Le Monde

    La prochaine Commission européenne comptera neuf femmes sur vingt-sept membres.

    "Une de plus qu'aujourd'hui" s'est réjoui son président, José Manuel Barroso, mardi 24 novembre au Parlement européen.

    Dans la journée, les Pays-Bas ont proposé de reconduire leur actuelle commissaire, Neelie Kroes. Elle pourrait succéder au portefeuille du Commerce à la Britannique Catherine Ashton, nommée haut représentant pour les affaires étrangères.

    Les autres femmes proposées sont la ministre danoise du climat et de l'énergie, Connie Hedegaard, la députée socialiste grecque Maria Damanaki, la commissaire aux télécoms sortante, la Luxembourgeoise Viviane Reding, la ministre suédoise des affaires européennes, Cecilia Malmström, la représentante irlandaise à la Cour des comptes européenne, Maire Geoghegan-Quinn, la commissaire à la santé sortante, la Chypriote Androulla Vassiliou, et l'eurodéputée bulgare Rumiana Jeleva.

    M. Barroso devrait distribuer les portefeuilles d'ici à la semaine prochaine.

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  76. Sourate 34

    34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs que Dieu accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection de Dieu. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Dieu est certes, Haut et Grand !

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  77. La bible

    " Vous qui craignez le Christ, soumettez-vous les uns aux autres ; femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur. Car le mari est le chef de la femme, tout comme le Christ est le chef de l'Église, lui le Sauveur de son corps". Mais, comme l'Église est soumise au Christ, que les femmes soient soumises en tout à leurs maris " (Ep 5,22-24).

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  78. Oui, Brocéliande nous devons dénoncer le sort de ces françaises là que nos zélites abandonnent à leur triste sort et enferment dans la lecture au pied de la lettre du Coran par souci de xénophilie aveugle en le rapprochant du carcan dans lequel nous étions également enfermée et que nos élites passées (parfois les mêmes ) ont participé à ouvrir.
    De toute façon nos sorts sont liés.

    PS après vérif c’est la Sourate 4-34

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  79. Ecrivain, poète et universitaire, Abbdelwahab Meddeb n'est pas du genre à masquer sa pensée. Il parle de "la fiction selon laquelle le Coran transcrit la parole incréée de Dieu". On en a fait un texte tabou, dit-il, alors qu'il faudrait l'interroger sans cesse, "rouvrir la guerre des interprétations".
    Un de ses précédents ouvrages, paru en 2002, était intitulé La Maladie de l'islam (rééd. "Points"). En sept ans, la maladie s'est aggravée, tandis que se dégradait un peu plus l'image de cette religion en Occident. Qu'on ne compte pas sur l'auteur pour réduire l'affaire à de l'islamophobie. "Les théologiens réformateurs du XIXe siècle, écrit-il, voulaient moderniser l'islam. Les intégristes d'aujourd'hui entendent islamiser la modernité." Mais, plus encore que le fanatisme de certains, c'est "la wahhabisation des esprits" qui l'inquiète. Le Monde. Les fondamentaux, pas les fondamentalistes.

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  80. Et là, sacrement du mariage, Vatican II

    De même maintenant, le Sauveur des hommes, I'Epoux de l'Eglise, vient à la rencontre des époux par le Sacrement de mariage. Et il demeure avec eux : ainsi que lui-même a aimé l'Eglise et s'est livré pour elle, de même les époux par leur donation réciproque, doivent (1) s'aimer dans une fidélité perpétuelle. L'authentique amour conjugal est élevé au rang d'amour divin; la puissance rédemptrice du Christ et l'action salvatrice de l'Eglise dirigent et enrichissent cet amour pour conduire efficacement les époux jusqu'à Dieu, pour les aider et les fortifier dans leur mission sublime de père et de mère.

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  81. Oui Caroline,
    D'ou l'intérêt des propos de Tareq Oubrou, toujours dans le même article du Monde du 4 12

    "Tareq Oubrou, est aujourd'hui imam de Bordeaux, et c'est tout l'intérêt de son long entretien avec Michaël Privot et Cédric Baylocq (Profession imam, Albin Michel, 252 p., 16 €) : on n'a pas affaire seulement à un intellectuel réformateur, mais au responsable religieux d'une communauté locale, appelé quotidiennement à résoudre des questions précises.

    Cet homme de 50 ans, dont la pensée a évolué, plaide pour "un islam occidental", capable de "se séculariser théologiquement". La pression laïcisante, affirme-t-il, est une chance, qui nous permet de "revoir les fondamentaux" de notre religion, alors que la grande tolérance des pays anglo-saxons ressemble à "une indifférence à la limite du mépris". Tareq Oubrou prône une "charia de minorité" : autrement dit une adaptation des règles de l'islam à la laïcité française. Il pense aussi que les musulmans établis en Occident devraient observer, en matière religieuse, une certaine discrétion, rendre leur religiosité "moins visible".

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  82. Eh oui, chère Brocéliande, tous les dogmes religieux sont, à des degrés divers, les ennemis de l'égalité et de la liberté. Ils oppriment les femmes en posant comme une vérité de "nature immuable" - puisque d'ordre divin ! - les processus socioculturels.

    Les paroles de Tareq Oubrou sont très fortes et très sages. Nous sommes bien d'accord avec lui: c'est aux religions de s'adapter aux sociétés, et non pas aux sociétés de s'adapter aux religions ! La religion relève du privé, non du public. Et cela particulièrement dans les sociétés qui ont choisi la laïcité. La religion ne doit en aucun cas prescrire le comportement social des gens en dehors de la sphère privée. Cette infiltration est, nous le savons, toujours délétère.

    Les histoires autour des minarets, de la burqa, ne semblent pas - ou peu - des expressions de haine raciste, mais des révélateurs très puissants d'une extrême tension entre deux visions opposées du monde, comme le disait la psychologue que tu as citée hier.

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  83. Rendre lisible les musulmans qui méritent de l'être pour leur lecture apaisée du Coran. Quel journal voudra si coller systématiquement... à suivre
    ...

    Je n'ai pu résister à mettre en ligne ce billet là "ailleurs" :
    Femmes, de la Bible au Coran en passant par la République.

    (trop long pour un commentaire je l'envoi à Monica)

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  84. Un article intéressant de Raymond Viger dans Agoravox sur les limites et les effets pervers de la légalisation de la prostitution aux Pays Bas, en Allemagne et en Australie. Il confronte les objectifs et les réalités après 10 ans d’expérience.
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    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/effets-pervers-de-la-legalisation-67182
    ________________________
    Redonner une dignité aux femmes prostituées ainsi qu’un statut professionnel : La légalisation ou la décriminalisation du sexe redore le blason de l’industrie du sexe et les femmes demeurent à la merci des opérateurs du système.

    Aider à mettre fin à l’exploitation de femmes immigrantes victimes de la traite aux fins de prostitution . Ce n’est pas du tout le cas. La traite des femmes immigrées (qui représentent plus de 80% des prostituées) continue, voire a augmenté aux Pays Bas.

    Contrôler l’expansion de l’industrie du sexe. L’industrie du sexe a progressé de 25% aux Pays-Bas. En Australie, la prostitution suit la hausse du tourisme et l’expansion des casinos. En Suisse, le nombre de maisons closes a doublé en quelques années.

    Faire disparaître les prostituées de la rue. Plusieurs femmes refusent le contrôle et l’exploitation par ces nouveaux « hommes d’affaires ». Elles se retrouvent à la rue. De plus, en augmentant le nombre de bordels et de prostituées dans les pays où il y a eu légalisation, lorsque les femmes ne répondent plus aux normes de leurs employeurs, elles se retrouvent à la rue.

    Supprimer le contrôle des groupes criminalisés et les importants revenus rattachés à la prostitution. En Australie, la prostitution s’est véritablement développée dans le secteur illégal. Ce sont les groupes criminalisés qui bénéficient de cette nouvelle réglementation.

    Protéger les femmes prostituées contre les abus et la violence. Les établissements de prostitution, qu’ils soient légaux ou non, se préoccupent des clients et non de protéger les femmes..

    Faire la promotion de la santé des femmes. Dans les maisons closes contrôlées, une politique pour l’usage du préservatif est en place. Malgré tout, selon une étude, 47% des clients demandent des rapports sexuels sans préservatif. Les trois quarts de ces clients proposent même de payer plus cher un rapport sans préservatif et presque la moitié des prostituées ont été agressées si elles insistaient pour que l’homme utilise un préservatif.

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  85. Un article coup de boule de Juliette Keating dans Bakchich qui me fait bien plaisir:Les féministes ont la gueule de bois. http://www.bakchich.info/Les-feministes-ont-la-gueule-de,09677.html

    Qu’une femme se déclare féministe et elle s’exclut du genre des vraies femmes : l’excès ne sied point à la féminité s’il n’est excès de coquetterie.

    «Il y a les femmes et les féministes !», s’exclama un convive, au cours d’une ripaille par laquelle nous célébrions l’agonie de la vieille année. Un rire général honora la saillie et la conversation s’orienta vers un sujet plus en vogue. L’humoriste était une femme.

    La féministe n’est pas une femme mais une insulte. Un troisième sexe mal identifié, frappé de misandrie hystérique et plus ou moins lesbienne dont les manifestations échevelées confinent au ridicule.

    Qu’une femme se déclare féministe et elle s’exclut du genre des vraies femmes: celles qui bénéficient des quelques avancées arrachées au prix de deux siècles de luttes opiniâtres, tout en proclamant haut et fort leur dégoût du féminisme. L’excès ne sied pas à la féminité s’il n’est excès de coquetterie. Sois belle, raisonnablement intelligente et ne fais pas d’ombre à ton homme, tel est encore l’idéal féminin supérieurement incarné par Carla Bruni.
    Pourtant, les femmes de tête sont mises à l’honneur en ces derniers jours de 2009.Le Figaro publie un sondage sur les femmes politiques ayant marqué l’année tandis que Le Monde demande à ses lecteurs d’élire «la pionnière de l’année» parmi un choix international de femmes ayant obtenu certains postes de responsabilité dans leur pays, sans proposer aucune Française d’ailleurs.
    Ainsi, comme au carnaval ou les dominés deviennent les rois d’un jour, on fête aujourd’hui les incompétentes, emmerdeuses et salopes des 364 autres jours. Toutefois, la satisfaction de ces femmes médiatiques doit rester modeste : «attention», avertit le journaliste du Figaro, «les femmes qui ont marqué l’actualité en 2009 n’ont peut-être pas laissé un bon souvenir. Savoir se faire remarquer n’est pas un indice de popularité.»

    Notre très viril, et homme à femmes, ministre de l’Identité nationale pourrait en témoigner.
    Mais d’où vient à la citoyenne ordinaire ce sentiment diffus que la condition de la femme est en régression dans le pays des droits de l’Homme ? Seraient-ce les statistiques pointant la surreprésentation des femmes dans les emplois sous-qualifiés et le travail partiel malgré une meilleure réussite scolaire ? Les discriminations à l’embauche et dans les progressions de carrière et de rémunération ? Le compte funèbre des victimes de violences conjugales ? L’estimation de la valeur d’une personne par l’existence et la taille supposées de ses cojones?

    Pas même. Il suffit d’entrer dans la librairie de son quartier et d’y découvrir le «coin des filles» : de la littérature jeunesse rose bonbon, paillettes et fluo, où sont racontées des histoires bêtifiantes de fées, de princesses, de princes charmants, d’animaux trop choux et plein de trucs de filles que les garçons peuvent pas comprendre. Trois hautes étagères débordantes : un marché juteux !

    Au seuil de la nouvelle décennie, rares sont les femmes qui osent se revendiquer féministes. Le mouvement féministe semble plus que jamais marginalisé. Mais renoncer au mot n’est-ce pas aussi renoncer aux idées qu’il porte?
    _____________
    Je suis d'accord avec cette Juliette.

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  86. Comment ne pas être d'accord avec cette misandre hystérique, forcément hystérique et échevelée.
    Je voudrais juste dire à cette frangine dont la combativité rieuse et furieuse me fait jubiler qu'il vaut mieux renoncer au mot, contingent, qu'à la chose, fondamentale et non négociable. Puisqu'on nous a salopé le mot féminisme qui pour nous voulait dire justice élémentaire et qui est maintenant chargé de connotations telles qu'il faut toute une rééducation pour le faire comprendre, continuons et amplifions le combat avec un nouveau drapeau plus difficile à détourner de son vrai sens : antisexisme. Je sais bien que même le mot/concept d'antiracime est en butte à des attaques sournoises mais c'est quand-même plus difficile.
    Virgil, lesbienne échevelée.

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  87. Il faut te faire une raison Monica, Parleur à absolument raison. Avec le vol noir de sexistes qui nous foncent dessus on ne peux pas se permettre d’utiliser un mot repoussoir pour faire avancer les choses.
    A qui la faute s’il est devenu repoussoir si ce n’est celle de certaines féministes si extrémistes que cela n’a plus de sens?
    Nous pouvons fédérer contre le sexisme, pas pour le féminisme.
    Tu as le “droit” d’aller lire “Réforme territoriale : Plus régressif il n’y a que la suppression des élections!”
    http://www.mediapart.fr/club/edition/collectivites-locales-seulement-une-question-dinstitutions/article/030110/reforme-terri
    ou j’évoque notamment la suppression de la parité dans le projet de réforme des collectivités territoriales...

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  88. Chère Caroline, je me suis fait une raison et je ne m'accroche jamais aux mots, mais aux causes.

    N'empêche que cette Juliette m'a fait grand plaisir. Voir des beaufs se gausser des luttes féministes, ça fait mal aux ovaires, nom de Zeus et une copine donner un couo de boule, c'est si bon. Quelle injustice pour les féministes qui ont tant apporté!

    Et la "faute" chère Caroline, ce n'est pas tant celle des féministes que de la façon dont on les a caricaturées. Remarque que ce terme est revendiquée par le Iraniennes ou les Polonaises...pendant que nous sommes obligés, nous de le renier... Tristes tropiques.

    Mais le combat, qui n'est pas de mot, continue. Olé !!! Adelante !!!

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  89. Oui Monica. Les féministes extrémistes ont bon dos. Elles servent simplement de prétexte aux fantasmes machistes (y compris chez beaucoup de femmes) pour s'exprimer comme étant la voix du bon sens, aarrgh !

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  90. A moi aussi le “coup de boule” du texte m’a fait plaisir.
    Cela n’empêche que, je persiste, des féministes ont tout fait pour que toutes les féministes soient caricaturées...
    Entre la nécessité d’en finir avec la femme “mère sinon rien” et le rejet méprisant de tout ce qui touche à la maternité il y a un monde.
    Entre la dénonciation de la femme-objet-paré-pour-le-mâle et le look-trappeur-sinon-rien, il y a un monde

    Les féministes extrémistes n’ont pas que bon dos, elles ont par leurs excès permis aux sexistes de dénaturer le mot et c’est bien dommage.

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  91. Caroline,
    après réflexion je me dis que je ne peux pas ne pas répondre.
    Je crois que vous mélangez un peu phénomène et épiphénomène.
    Dans tout mouvement il y a toujours une frange extrême. Toujours. Pourquoi dans le féminisme est-ce cette frange extrême, cet arbre minoritaire, qui cache la forêt de la révolte normale contre un état de choses intolérable aussi bien dans les faits que dans le principe ?
    N'inversons pas les responsabilités. L'épiphénomène des quelques excitées hautement prévisibles n'est pas la cause du rejet antiféministe. Il est simplement pain béni pour tout ceux (et celles) que la légitimité du mouvement féministe dérange profondément, qui en ont peur, compte tenu de leur idéologie et de leur fragilité existentielle. Je trouve dommage d'en arriver à presque justifier ce rejet en tirant à côté de la cible et en accetant que l'attention soit détournée du seul véritable enjeu: la reconnaissance sans réserve, en principe et dans la réalité concrète du fait qu'à connerie égale une femme vaut un homme. Et vice versa.

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  92. Mais je ne dis, ne pense, rien d’autre en écrivant
    “elles ont par leurs excès permis aux sexistes de dénaturer le mot et c’est bien dommage”.

    Lorsqu’une des rares intellectuelles féministes de ces dernières décennies, E.Badinter que je respecte par ailleurs et avec laquelle je suis le plus souvent d’accord, au printemps 2009 part violemment en croisade contre l’allaitement qui serait aliénant et enfermerait les femmes dans le monde animal des mammifères, je dis qu’elle nage en plein délire totalitaire et qu’elle nuit d’autant plus gravement au féminisme que c’est elle qui le dit.

    Plus généralement on ne peut rassembler largement pour défendre une juste cause ou une population sans se démarquer des excès inacceptables qui dénaturent et servent de répulsif à la cause ou à la population parce qu’ils donnent prises aux “antis” toujours friands d’amalgames pour nuire mais aussi parce que c’est dans ces marges là que l’on trouve les intégristes totalitaires. Lorsque le mal est fait il faut bien en prendre acte et prendre une autre porte pour faire avancer les choses.

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  93. Caroline
    Vous n'avez pas tort non plus. C'est vrai qu'Elisabeth Badinter yoyotte complètement sur ce sujet, portant et encourageant un fantasme très répandu et grandement dommageable… SAns doute en effet faut-il marquer clairement notre écart par rapport à ce qui nous apparaît comme des dérives ou des excès fâcheux et, vous avez raison de le rappeler, nuisibles à la cause qu'ils veulent défendre. Mais sans jamais nous laisser entraîner dans des querelles oiseuses. Question de dosage, sans doute. Je préfère dire et faire connaître les avantages décisifs et indicutables de l'allaitement maternel, avec des arguments solides, que de me friter avec Badinter. Ou avec Caroline pour cause de verre à moitié plein ou à moitié vide !

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  94. Parleur
    L’avantage quand personne n’a tort c’est qu’on ne renverse pas les verres!
    Mon féminisme à moi tient en quelques mots “Fichez-nous la paix!”
    ex : Allaiter c’est idéal (normal c’est étudier pour), agréable (si,si) et pratique - et le monde du travail devrait l’intégrer -, mais si vous n’avez pas envie n’allaitez pas. Il y a de "bonnes et de mauvaises mères" dans les deux camps.

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  95. Coucou les amis,

    Je ne tiens pas à un mot, mais à la lutte.

    Je me rallie sans hésiter au mot "antisexisme" s'il est plus fort pour la lutte.

    Pour dire le vrai - hélas - je n'en suis pas certaine. C'est le FOND qui dérange les sexistes, faisant feu de tout bois. Ils chercheront les mêmes poux dans la tête des anti-sexistes qu'ils en cherchent dans celle des féministes.On le sent, Caroline, quand des personnes te répondent "là-bas".

    Cependant, restons justes avec le féminisme, d'autant qu'il est aujourd'hui revendiqué par des femmes du monde entier!

    Le féminisme comporte plusieurs branches, comme tout mouvement de lutte. Il y a les branches "naturalistes", les branches radicales... Chacune a apporté et apporte sa lumière.

    E. Badinter est une personne qui exprime une opinion; elle ne représente pas "les" féministes. Si elle juge que l'allaitement est dégradant, parce qu'elle tente très fortement d'attaquer l'idéologie naturaliste qui a enfermé les femmes, je considère son opinion, que partagent d'autres femmes. Je ne dis pas qu'elle s'est plantée. Non, elle a le droit de penser ce qu'elle pense, et ce qu'elle dit ne fait pas du mal à la mouvance féminisme pour autant.

    Je note ses positions contre la burqa ou en faveur de la gestation pour autrui. Elle a des opinions, que je peux partager (souvent), ne pas partager (parfois).Mais elle ne représente pas les féministes. Elle a seulement la chance d'avoir une place sociale qui donne à ses propos un écho médiatique qu'aucune féministe n'a jamais eu.

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  96. Le petit coup de sang d’un homme belge contre le pape.
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    http://francoisquinqua.blog.lemonde.fr/2009/12/31/la-femme-selon-le-pape/#xtor=RSS-32280322
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    La Femme selon le Pape

    J’aurais voulu terminer cette année 2009 par une note positive, joyeuse et pourquoi pas un brin coquine, mais voilà qu’une fois de plus l’homme en blanc du Vatican m’interpelle. Cette fois, c’est le statut de la Femme qui est en cause.

    Tout le monde sait pertinemment bien que la Femme n’a pas la place qui lui revient dans l’Eglise catholique romaine. Si vous en doutiez encore, Benoît XVI vient de remettre les pendules à l’heure.

    Si l’on en croit le compte rendu (AFP) de sa dernière audience générale (mercredi), «Dieu a voulu que la femme soit une compagne de l’homme, et non son esclave ni sa dominatrice». A première vue, il n’y aurait pas de quoi fouetter un chat, mais avançons un peu dans le raisonnement. Selon le guide suprême de l’Eglise qui reprend à sa manière les termes du catéchisme enseigné aux enfants depuis des siècles, «Dieu créa la femme à partir d’une côte d’Adam et non pas à partir de sa tête, afin qu’elle ne soit ni une dominatrice ni une esclave, mais sa compagne».
    Certains n’admettront jamais que la Femme est l’égale de l’homme.
    Cette allégation totalement réductrice, illustrée par une allégorie désuète et indigne dans la bouche d’un intellectuel, n’a heureusement pas d’influence sur notre vie sociétale à nous, occidentaux, puisque la religion ne régente plus le quotidien. Les défenseurs du Pape et de son enseignement doctrinal auront beau jeu de regretter que les propos de Benoît XVI sont tronqués, sortis de leur contexte et exploités honteusement par les anticléricaux. Personne ne pourra en tout cas nier que l’Eglise catholique est et reste rétrograde sur le plan sociétal, sans aucun espoir d’évolution.

    Ce dernier coup de sang clôture mon année 2009 sur ce blog.

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  97. LU dans Le Nouvel Obs
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    L'auteur et comédienne féministe d'origine algérienne, Rayhana, a été agressée, aspergée d'essence, et insultée mardi soir alors qu'elle se rendait Maison des Métallos (11ème), mais cela ne l'a pas empêchée de monter sur scène, a-t-on appris mercredi auprès de son entourage.

    La préfecture de police a confirmé l'agression, mais n'a pas voulu donner de détails car "une enquête a été ouverte".

    Selon son entourage, Rayhana a été aspergée d'essence et ses "agresseurs lui ont ensuite jeté une cigarette au visage, fort heureusement sans enflammer la jeune femme".

    "L'agression physique s'est doublée d'une agression verbale qui laisse peu de doutes sur le lien existant entre cette tentative d'homicide et les représentations en cours qui se poursuivront jusqu'a la fin" a indiqué la même source.

    La secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, lui a fait part de "tout son soutien (...) et salue son engagement dans le combat pour l'émancipation des femmes". "Le combat pour le droit des femmes ne reculera devant aucune menace", déclare Fadela Amara qui ajoute : "Cette agression nous rappelle malheureusement que la lutte pour l'émancipation des femmes et contre l'obscurantisme est toujours d'actualité".

    Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a exprimé sa "profonde sympathie et son amical soutien" a Rayhana agressée juste avant la représentation de sa pièce.

    "Indigné par ce terrible événement, qui semble trouver son origine dans le sujet même de ce spectacle (qui donne la parole à neuf figures féminines aux prises avec le refoulement et la violence, réunies dans un hammam à Alger), je condamne avec la plus grande fermeté ces agissements d'une extrême gravité" écrit le maire dans un communiqué.

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  98. C'est d'une grande tristesse.

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  99. Oui, c'est triste et inquiétant, chère Brocéliande, et peu de journaux en parlent...

    Ils préfèrent gloser sur de plus nobles faits divers, et se répandre pour certains en redondantes rubriques nécrologiques...

    Et pourtant, cette tentative de "torche" rappelle d'horribles faits, loin en Inde et plus près de nous, n'est-ce pas?

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  100. Lu dans Le Figaro:

    Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) "condamne l'agression" dont a été l'objet la comédienne et féministe Rayhana et "appelle le ministre de la Culture à soutenir publiquement" sa pièce "A mon âge, je me cache encore pour fumer", dans un communiqué publié aujourd'hui.

    "Choqué par cette ignoble agression", il "demande au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, de réagir et de soutenir publiquement la pièce, qui se joue jusqu'au 16 janvier". Il "demande, par ailleurs, au ministre de l'Intérieur de redoubler d'efforts afin que l'auteur de cet acte soit identifié et puni".
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    Que fera le Ministre de la Culture ?

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  101. Il y a un Ministre de la Culture au gouvernement en ce moment? Tu veux parler de l’ancien présentateur de télé qui s’est lavé les mains de l’attaque faites à Marie NDiaye par Eric Raoult ? Celui qui trouve inacceptable une chanson qui critique la police mais rimbaldienne celle qui prône l’avortement à l’opinel ? Celui pour qui un viol collectif est une “connerie” mais la sodomisation d’une gamine shootée par un “vieux” et le tourisme sexuel des non-problèmes?
    Culture ? NS disait il y a deux jours “C’est bizarre, tout le monde de la culture est avec moi”....

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  102. je faute, tu fautes, elle fôte, nous fautons, vous feautez, elles sautent ...

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  103. puis-je juste rajouter : Caroline, tu me fais rire?

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  104. Oui, Caroline (hi hi, OUARF!), il semble qu'il y ait officiellement un Ministre de la Culture, ancien présentateur des Rois, Reines et Stars, mais ne sois pas de mauvaise foi, tu sais bien que désormais il réfléchit très longuement avant d'agir...

    Il prend son temps, il n'obéit plus à sa générosité instinctive.

    Et puis, bon, disons-le, cette femme a seulement failli se faire brûler, elle n'est pas morte, hein! Elle n'avait qu'à éviter de raconter des histoires de bonnes femmes dans un hammam...Elle l'a bien cherché, elle a provoqué, pff..

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  105. En somme un non-ministre de la culture n’a pas encore fait de non-commentaire à une non-agression de non-homme ... Cela se passe dans le non-monde d’A.Fienkelkraut !
    Brocéliande et Monica, bonsssssssouaaaaaaaar

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  106. L’auteur agressé reçu par ... la secrétaire d’état chargée de la famille.
    Quelqu’un pensait que les artistes femmes agressées pour leur travail et la liberté de leur expression méritaient l’attention du non-ministre de la culture toujours silencieux, du premier ministre ou du pdt ?
    C’est tellement insultant !
    Lire l’article détaillé sur cet auteur :
    http://www.liberation.fr/societe/0101613632-hammam-au-bord-de-la-crise-de-nerfs

    Quand on rapproche la motivation dans l'affaire Polanski (je rappelle que pour moi arguer de la prescription était légitime mais le "parce que c'est lui" inacceptable) et le sort fait à Marie NDIAYE et Rayhana je suis révoltée.

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  107. Tout a fait. Sauf que dans l'affaire, Polanski, il n'y avait pas prescription. Ce dernier a fui pour échapper a toute sanction...

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  108. “Légitime” est effectivement un raccourci rapide et inapproprié pour évoquer un moyen humainement justifiable.

    Notre ministre a cependant pris la peine d'envoyer une lettre de compassion à Rayhana.

    «Dans ce malheur qui vous atteint et qui vise symboliquement la liberté de la femme musulmane, je me réjouis néanmoins de ce que vous ayez échappé au pire et de ce que nous puissions continuer à applaudir à votre art et à votre beauté»,

    Aurait-il pris garde de ne pas se risquer à une vigoureuse défense de la liberté d'expression en général?
    Oh! cette référence à la beauté dès qu'il s'agit des femmes. Son art serait-il insuffisant pour continuer à l'applaudir? (cette dernière phrase pour donner raison à Monica qui m'accusait hier de mauvaise foi ... Je me confesse : c'est à mes yeux l'un des pires ministres de la culture que nous ayons eus)

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  109. L'on peut aussi imaginer que Frédéric Mitterrand emploie le mot "beauté" dans un sens plus "philosophique", puisqu'il lui écrit aussi :

    «Aux yeux du monde entier, vous avez montré de quelle trempe une femme violentée est capable. Votre pièce, si émouvante et forte, trouve hélas dans la réalité une nouvelle et dramatique illustration»


    Mais est-ce le cas? Je ne sais pas. Il est vrai que les politiques parlent rarement de la "beauté" d'un homme lorsqu'il mène un combat qui leur semble juste. Aussi, je crains fort que tu n'aies raison Caroline.

    J'apprends que la section antiterroriste de la brigade criminelle a été saisie de l'affaire.

    Est-ce dû à la période pré-électorale? Toutefois, les menaces de mort dont elle fut l'objet à Alger sont aussi à prendre en considération.

    "L'enquête sur l'agression de la comédienne (d'origine?) algérienne Rayhana a été confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle, les enquêteurs soupçonnant un lien avec la pièce jouée à Paris par l'actrice qui traite de la situation des femmes algériennes, a-t-on appris vendredi de source judiciaire."

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  110. Deux films sur la prostitution, deux approches radicalement différentes.
    1)Article dans Le Monde :
    http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2010/01/18/le-calvaire-sexuel-d-une-jeune-femme-ordinaire_1292508_3238.html
    Mes chères études, fiction réalisée par Emmanuelle Bercot aborde de manière frontale le thème de la prostitution étudiante est diffusée ce soir sur Canal+
    Inspiré du récit autobiographique de Laura D., ce film a évité les écueils : ne pas trahir la personne dont c'est l'histoire, éviter le glauque et le pathos et, surtout, ne pas porter de jugement moral sur la vie de cette femme. La réalisatrice assume, en outre, ne pas s'être documentée. "Une enquête sur l'exactitude des chiffres, ça ne m'intéresse pas." "Je ne travaille pas sur la psychologie. Je ne voulais pas faire de cette jeune femme une victime, mais une battante qui reste digne de bout en bout." Emmanuelle Bercot reconnaît avoir été beaucoup aidée par la "vraie personne" de Laura D, qui dit ne jamais avoir éprouvé le moindre plaisir lorsqu'elle se prostituait, mais parle plutôt de calvaire. Elle a visionné le film, une fois. Mais ne pourra jamais le revoir.

    2)Article dans Bakchich
    http://www.bakchich.info/Le-sexe-cul-par-dessus-tete,09804.html
    Le réalisateur Jean-Michel Carré donne la parole aux prostitués volontaires dans un documentaire anti-préjugés : "Les Travailleuses du sexe". En salles le 3 février.
    Boîtes à striptease, salons du film X, grandes surfaces épurées spécialisées dans le sex toy et le vibromasseur, réunions sexuelles à domicile, clubs échangistes, et la prostitution.
    Isabelle, mère de famille prostituée et fière de l’être, qui se dit « artisan ».Sonia respecte son métier autant que celui d’infirmière. Elle explique : «Il y a de l’exploitation dans le sport, la cuisine, etc. Les arguments justes contre la prostitution sont valables pour l’ensemble de la société». Sonia a des clients de toutes sortes. «Il y a un plaisir narcissique dans ce métier». Elle ajoute : «Chez moi, c’est un espace hors du cadre social. Le client n’est pas obligé d’être puissant, d’être fort. Il peut me parler ou pas. Tant qu’il respecte le contrat, il est libre». Il y en a un, même, qui lui demande de faire la morte. «Et il est très maladroit ! Il a dû être castré grave par une femme. Sa sexualité est foutue».
    Le film emmène jusqu’en Suisse, où la prostitution est autorisée et où les prostituées ont un statut social, la Sécu… Une jeune femme, souriante, confie s’être gardé un jardin secret : «Je n’accepte que le baiser, la fellation et la sodomie». Le reste, c’est pour son mec.
    Au final, le film réussit son pari. Briser un tabou et amener le spectateur à revoir ses préjugés conclut l'auteur de l'article.

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  111. La loi Veil, si chèrement acquise, a 35 ans... et elle semble en voie d'extinction...

    Pendant que «laissez les vivre» manifeste (dimanche à Paris)...

    Tenon, Rostand et Broussais ont fermé leurs portes. Avicennes et Saint Antoine sont en sursis. Les centres IVG parisiens connaissent une période difficile. La politique hospitalière est entrée dans une phase de rationalisation économique pour «une plus grande efficacité et une meilleure offre de soins» selon le ministère de la santé et l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris).

    La logique financière pousse au regroupement. Les centres IVG sont les premiers touchés.

    Cette gestion comptable de la santé n’intègre pas le facteur humain dans le calcul. Ariane Calvo, adjointe à la mairie du XXème arrondissement chargée de l’égalité hommes/femmes s’est battue au sein du collectif pour sauver le CIVG de l’hôpital Tenon.

    Mais le CIVG de Tenon a bien fermé, transféré aujourd’hui à Saint Antoine. Reste une antenne d’orientation et d’écoute où les deux infirmières semblent inquiètes de la tournure des évènements.

    Des craintes partagées du côté de Saint Antoine. Pas de personnel ni de moyens supplémentaires et un centre déjà surchargé qui voit arriver un surplus de demandes. Un démantèlement de Saint Antoine a été annoncé.

    L’ensemble de l’est-parisien ne disposerait alors plus que d’un seul CIVG, aux Bluets, alors que ce même territoire connaît une explosion des grossesses adolescentes (13-18 ans).

    Les conséquences sur les parcours d’avortement sont désastreuses. En Ile de France, il faut compter en moyenne trois semaines de délais du premier appel à l’avortement chirurgical, trois rendez-vous minimum plus tard (gynécologie, anesthésie...). Danielle Gaudry, gynécologue responsable de la commission avortement du Mouvement français pour le planning familial s’alarme : «les centres refusent parfois des femmes qui appellent à 10 semaines de grossesse car ils savent qu’ils ne pourront pas tenir les délais». Un tel refus est illégal. Mais peu de femmes, souvent seules et fragilisées dans une telle épreuve, vont occuper l’établissement et crier au scandale. Elles vont appeler une clinique privée, voire se tourner vers l’étranger, quand elles le peuvent.

    Du coup, les équipes des CIVG et des plannings familiaux paniquent. Sur l’avenir, sur le droit effectif du recours à l’IVG, sur le devenir de ces femmes qu’elles renvoient de plus en plus souvent ailleurs, faute de temps, de personnel, de moyens. Pour Ariane Calvo, la messe est dite: «tout est en place pour que le droit à l’IVG soit remis en cause en France. On serait revenus sur la loi Veil, ça n’aurait pas été pire…»

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  112. Il va falloir (entre autres choses) éplucher les programmes des listes candidates aux régionales. Brocéliande se demandait, sur un autre fil, comment la gauche en était arrivée à sa déliquescence actuelle. Un élément de réponse, c'est: en négligeant au fil des ans ce genre de préoccupations; mais quoi, c'est tellement éloigné des seules choses sérieuses que sont les soucis de carrière de tel ou tel politicien, sa place sur la liste, son fief, la protection de tel ou tel présidentiable...

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  113. Dans cette guerre qu'il serait bon de mener pour que les politiques retrouvent, ou trouvent pour certains, le sens de l'engagement, de la vertu et des idées, il me semble important de leur rappeler régulièrement qu'ils ne possèdent pas leur siège, mais bien un poste d'élu qui dépend des élections.

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  114. Lu et résumé dans Le Monde
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    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/01/20/la-majorite-defend-une-proposition-de-loi-sur-la-parite-dans-les-grandes-entreprises_1294099_3234.html
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    Après la parité politique, la parité économique pourrait arriver en France. Une proposition de loi, déposée en décembre 2009 pour instaurer des quotas dans les conseils d'administration des grandes entreprises, devait être examinée mercredi. Défendu par le président du groupe UMP, Jean-François Copé, et la présidente de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale, Marie-Jo Zimmermann, ce texte sera examiné par les députés, mercredi 20 janvier.

    Bien qu'elles aient massivement investi le marché du travail depuis les années 1970, les femmes ne représentent que 10,5 % des membres des conseils d'administration ou de surveillance des sociétés du CAC40. Dans les 500 plus grandes sociétés françaises, elles n'occupent que 13,5 % des postes exécutifs des comités de direction et des comités exécutifs, 42 % d'entre eux restant exclusivement composés d'hommes.
    Dans le monde économique, les femmes se heurtent à un véritable "plafond de verre". Malgré des parcours scolaires plus réussis que les hommes, elles ne représentent que 17,2 % des dirigeants d'entreprise.
    M. Copé et Mme Zimmermann proposent d'imposer un quota minimum de 40 % de femmes dans les instances de direction des sociétés cotées et publiques, ainsi que dans celles des établissements publics de l'Etat, en deux temps : un palier de 20 % de femmes au bout de trois ans, un autre de 40 % au bout de six ans. Toutes les nominations effectuées en violation de ce principe seront annulées.
    Cette proposition s'inspire de l'expérience de la parité politique. La féminisation de l'Assemblée nationale – de 1945 à 1993, étant passée de 5,63 % à… 6,07 %! –, les partisans de la parité estimaient que seule la contrainte permettrait aux femmes de faire leur entrée en politique. Ils n'avaient pas tort : grâce à la parité, les femmes sont massivement entrées dans diverses assemblées.
    Soutenue par l'Institut français des administrateurs, cette réforme s'inscrit dans un mouvement européen. La Norvège, qui a ouvert la voie en 2003, a été suivie en 2007 par l'Espagne, qui a prévu un quota de 40 % de femmes dans les conseils d'administration d'ici à 2015. En Belgique, la ministre de l'égalité vient quant à elle d'annoncer une loi imposant 30 % de femmes dans les conseils d'administration. Le Parlement européen a soutenu ces initiatives en adoptant en 2008 une résolution appelant les Etats membres à "favoriser une présence équilibrée entre les femmes et les hommes dans les conseils d'administration".

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  115. Lu dans Courrier International…
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    http://www.courrierinternational.com/article/2010/01/18/les-irakiennes-se-battent-pour-exister
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    Hamid Al-Hamdani, ancien champion de lutte, a mis sur pied le premier club féminin de lutte libre d'Irak, dans la ville de Diwaniyah.

    Jusqu'à vingt adolescentes et étudiantes se retrouvent désormais le vendredi et le samedi et enlèvent leur abaya – qui couvre tout le corps – pour pratiquer prises, projections et saisies. Les autorités ont été scandalisées et perplexes au début, mais le club a depuis fait des émules dans tout le pays.

    La lutte féminine, "c'est tout nouveau", explique Masar Hachi, 21 ans. "Il n'y avait jamais eu ça en Irak auparavant." Étudiante en 3e année de sport, elle trouve que son programme universitaire est trop théorique et que la vie des femmes est trop limitée. Newal Al-Hasnawi, une ancienne directrice d'école qui dirige le club et dont les trois filles sont passionnées de lutte, estime que "les femmes ont ainsi la possibilité de faire leurs preuves dans le sport".

    Après la création du club, la nouvelle s'est répandue et les jeunes femmes n'ont cessé d'affluer.

    Les chefs de la communauté ont eu vent de la chose et se sont hérissés. "J'ai eu des difficultés avec mon professeur à l'université, confie Mlle Hachi. Il disait : 'Vous êtes des filles, comment pouvez-vous faire de la lutte?'"

    Pour Faha Al-Naileh, 18 ans, une autre passionnée, dire que la lutte féminine est antimusulmane, c'est "idiot" mais très fréquent. "Il y a des tas de gens qui n'étaient pas d'accord, mais nous avons résisté."

    Newal Al-Hasnawi et ses trois filles ont "eu droit à des commentaires dans la rue, et même à l'université. Les gens pensaient que c'était étrange dans notre société." Même la Fédération irakienne de lutte a déclaré que le club était haram, interdit.

    Hamid Al-Hamdani assure que ses lutteuses et lui sont de bons musulmans. Les jeunes filles combattent soit en hidjab, soit dans des tenues qui leur couvrent la plus grande partie du corps.

    Grâce à une couverture médiatique enthousiaste, l'opinion publique a petit à petit fini par mieux accepter le club.
    La publicité autour du club a en outre fait des émules. D'autres équipes ont vu le jour et une compétition a été organisée.

    "Ça a été un succès, explique Hamid Al-Hamdani. Les membres du conseil provincial ont commencé par boycotter la compétition, mais ils ont fini par venir – et les filles étaient couvertes. Il y avait des hommes dans la salle, les médias, beaucoup de monde."

    Il voudrait désormais faire participer son équipe à des tournois en Turquie et en Syrie, où il pense qu'elle finira "première ou deuxième." Les membres de l'équipe n'ont toutes qu'un seul but : gagner une médaille olympique pour l'Irak.

    "La lutte est un des rares sports où la pratique féminine est encouragée", confie Mohamad Al-Said, du comité olympique. Le sport irakien, en particulier chez les femmes, était pratiquement réduit à néant. Depuis l'invasion de 2003 et la rébellion qui a suivi, la société est à maints égards plus religieuse et plus conservatrice que sous le régime de Saddam Hussein. "A cause de problèmes de sécurité et des partis religieux, les filles ont peur de sortir, ce qui explique leur faible engagement dans des activités sportives", ajoute-t-il.

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  116. Waouh !
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    http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/01/19/russie-prime-a-la-naissance-et-polygamie-pour-doper-les-naissances_1294046_3214.html
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    Le leader ultranationaliste russe Vladimir Jirinovski a proposé, mardi 19 janvier, l'instauration d'une prime à la première naissance et de la polygamie pour doper la natalité en Russie, des idées auxquelles le président Dmitri Medvedev a demandé à ses ministres de réfléchir

    "Je propose d'allouer 100 000 roubles [environ 2 350 euros] pour une première naissance", a déclaré M. Jirinovski, leader du Parti libéral démocrate (LDPR), cité par les agences russes. Avec une telle prime, "je vous assure que la moitié des femmes désireuses d'interrompre leur grossesse changeront d'avis et voudront accoucher", a-t-il ajouté lors d'une réunion de responsables russes au Kremlin consacrée à la démographie.

    Actuellement, l'Etat russe alloue une prime de 300 000 roubles (environ 7 000 euros) à la naissance d'un deuxième enfant, a-t-il rappelé. M. Jirinovski a également suggéré d'autoriser les hommes à épouser une seconde femme, laissant entendre que cette mesure permettrait d'encourager la natalité. "Si un homme obtient le droit d'épouser une seconde femme qui lui a donné un enfant, mais sans résilier son premier mariage et sans quitter sa première famille, il faut le laisser être responsable de sa deuxième famille", a affirmé le député.

    M. Jirinovski a également proposé d'accorder une aide aux couples sans enfants, au nombre de six millions en Russie, surtout aux hommes dont la santé "se détériore sous l'effet de la pollution". "Si on en aidait ne fût-ce que 5 % [de ces couples], nous aurions près de 200 000 naissances supplémentaires par an", a-t-il calculé.

    M. Medvedev, qui présidait cette réunion, a qualifié ces propositions de "très intéressantes" et chargé ses ministres de les "analyser". La population russe a reculé de quelque 5,8 millions d'habitants depuis 1993 et compte aujourd'hui 142 millions d'habitants. Le gouvernement cherche depuis des années à enrayer ce déclin par des mesures encourageant la natalité.

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  117. Puisqu'il a été question des femmes au Yemen, quelques éléments qui font frémir....

    «Au Yémen, la plupart des femmes qui sont en prison ont été condamnées pour prostitution, adultère, alcoolisme, ou comportement illégal ou indécent, en privé ou en public» dénonce le Comité sur l’élimination de la discrimination envers les femmes. Cet organe des Nations Unies, composé de 23 experts indépendants, est chargé de surveiller la mise en œuvre de la Convention éponyme.

    En juillet dernier, il examinait le rapport périodique du Yémen. Et les observations finales qu’il vient de publier ne sont pas très encourageantes : «Bien que le Yémen ait ratifié la Convention sur l’élimination de la discrimination envers les femmes il y a plus de 24 ans, et sans réserves, il n’a pas incorporé la plupart de ses dispositions dans la législation nationale. Sur certains points, la discrimination envers les femmes s’est même aggravée.»

    La principale raison ? Le principe de l’égalité homme - femme n’est inscrit ni dans la Constitution, ni dans la loi. Si bien que la différence de droits est criante à tous les niveaux : mariage, divorce, témoignage, propriété, nationalité, garde des enfants, héritage. Et la loi ne pénalise pas la violence envers les femmes, a fortiori si elle est perpétrée dans le secret des murs domestiques.

    La faute au Code pénal et à la Loi sur le statut personnel, dont l’une des dispositions les plus discriminatoires est un amendement de 1999 qui autorise le mariage d’enfants âgés de moins de 15 ans. Le Comité se déclare «extrêmement préoccupé par la légalité de ces mariages précoces, qui constituent une violence envers les filles. L’Etat devrait amender la loi et mener des campagnes de sensibilisation sur les conséquences néfastes de ces unions, avec l’appui de la société civile et des autorités religieuses.»

    Mais le Comité va encore plus loin. Brisant un tabou, il dénonce la polygamie, «qui est contraire à l’égalité des sexes et peut avoir de si graves conséquences affectives et financières pour la femme et les personnes à sa charge qu’il faudrait décourager et même interdire cette forme de mariage.»

    Pour les femmes, la sortie de prison est encore plus difficile que la détention elle-même, si bien qu’elles choisissent parfois d’y rester plus longtemps que nécessaire. Car leur tuteur ou leur famille refusent souvent de les réadmettre à la maison. L’honneur est sali.


    “Les filles qui fuient la violence domestique, les abus ou les mariages précoces ne trouvent ni une institution pour les aider et les conseiller, ni un travail qui leur permette de gagner leur vie légalement. A leur sortie de prison, ostracisées par leur communauté, certaines viennent ici ” explique au Yemen Times Hafra’a Hariri, directrice du Centre d’accueil.

    Une goutte d’eau dans la mer, cependant. Malgré la bonne volonté des associations, difficile de changer les lois et les mentalités dans un pays où les femmes ne représentent que 0,3% des parlementaires, 1,82% des ministres et 1,65% des magistrats.

    Le Comité demande au Yémen d’établir des quotas lors des prochaines élections parlementaires. Mais aussi de lancer des programmes de sensibilisation et d’encourager les autorités religieuses à promouvoir une image positive de la femme. Car ce n’est pas qu’une question de droit. Les pratiques culturelles négatives et les stéréotypes pèsent comme un boulet sur l’émancipation des femmes yéménites.
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    Quelle horreur!

    Le "Comité sur l’élimination de la discrimination envers les femmes" devrait obtenir un soutien sans faille de notre part.. nous qui sommes de si généreux démocrates...

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  118. Et voici les avancées du statut des femmes au Maroc dont m'a parlé Ghizlane, de Casablanca, l'autre jour.


    Au Maroc, la femme va devenir – presque – l'égale de l'homme. Grâce à la volonté de Mohammed VI, aux pressions des «modernistes» et sans heurter les religieux, un nouveau code de la famille a été adopté par le Parlement (janvier 2004).

    Les principaux points de la réforme:

    -Co-responsabilité - La famille est placée sous la responsabilité conjointe des deux époux et plus sous celle exclusive du père. La règle de «l'obéissance de l'épouse à son mari» est abandonnée.

    - Tutelle - La femme n'a plus besoin de tuteur (wali) pour se marier, ce qui était obligatoire dans l'ancien texte.

    - Âge du mariage - Il est fixé à 18 ans pour la femme (au lieu de 15 ans actuellement) et pour l'homme.

    - Polygamie - Elle est soumise à des conditions qui la rend quasiment impossible. La femme peut conditionner son mariage à un engagement du mari à ne pas prendre d'autres épouses. Le mari a besoin de l'autorisation du juge avant d'épouser une seconde femme.

    - Mariages civils - Les mariages faits à l'étranger sont reconnus par la nouvelle moudawana, à condition que deux témoins au moins soient musulmans.

    - Répudiation - Elle sera soumise à l'autorisation préalable du juge. Avant, c'était un droit exclusif du mari.

    - Divorce - La femme peut demander le divorce. Avant, le juge n'acceptait la demande que dans le cas exceptionnel où l'épouse présentait des preuves de «préjudices subis» et des témoins.

    - Garde des enfants - En cas de divorce, la garde des enfants revient à la mère, puis au père, puis à la grand-mère maternelle. La garde de l'enfant doit être garantie par un habitat décent et une pension alimentaire.

    - Enfant hors mariage - Protection du droit de l'enfant à la paternité au cas où le mariage ne serait pas formalisé par un acte. Avant, la règle était la non-reconnaissance de l'enfant né hors mariage.

    - Héritage des enfants - Du côté de la mère, ils ont le droit d'hériter de leur grand-père, au même titre que du côté du père.

    - Répartition des biens - Possibilité pour les époux d'établir un contrat avant le mariage, pour gérer les biens acquis.

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  119. Yemen, Comité sur l’élimination de la discrimination envers les femmes.
    Je soutiens sans réserves, évidemment. Ça leur fait une belle jambe…

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  120. En fait, ce qui poussera peut-être ce pays à sortir de ce carcan, ce sont les deux constats suivants:

    - Les conditions de vie déplorables des filles et jeunes mères yéménites expliquent le mauvais classement du Yémen dans le Mothers’ Index 2007. Sur les 33 pays les moins avancés, le Yémen figure à la 31e place. 70% des femmes sont analphabètes, et le taux de fécondité est élevé, d’environ 6,5 enfants.

    - Les mariages précoces ont également un impact négatif sur le développement. La pratique répandue des mariages précoces et ses répercussions sur la société seraient, pour certains experts, la cause du recul du Yémen dans l’indice de développement humain (IDH) des Nations Unies, le pays étant passé de la 148e place, en 2000, à la 150e place, en 2007.

    L’édition 2007 du Global Gender Gap Index (Indice sur l’inégalité des sexes dans le monde) montre que les femmes yéménites vivent dans une société extrêmement inégale : à la 128e place, le Yémen est dernier du classement.

    Selon cet indice (établi par le Forum économique mondial), sur une échelle de notation où 0 et 1 représentent respectivement l’inégalité et l’égalité entre les femmes et les hommes, la note attribuée à l’émancipation et aux opportunités économiques des femmes yéménites était de 0,251, 0,565 pour le niveau d’éducation, 0,980 pour la santé et la survie et 0,008 pour l’influence politique.

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  121. Petit tour au Vietnam... Voici comment l'UNICEF décrit la situation des femmes et des enfants dans le Vietnam d'aujourd'hui :

    Le Vietnam a connu et continue connaître des changements dramatiques dans sa transition d'une économie planifiée vers une économie de marché.Pendant que les réformes ont amené une plus grande prospérité dans de nombreux pans de la société, trop d'enfants de moins de 5 ans (> 36%) souffrent encore de malnutrition. L'accès à l'éducation et aux soins médicaux pour enfants des milieux ruraux est particulièrement limité. Dans les agglomérations vietnamiennes, il y a de plus en plus d'enfants des rues, d'enfants travailleurs et d'enfants victimes de la drogue et d'abus sexuels.

    Le cas des femmes vietnamiennes n'est guère meilleur. La discrimination envers les femmes reste trop présente, et la mortalité maternelle est encore trop élevée (95/100000). Le taux d'activité des femmes a cependant augmenté car le secteur agricole est très demandeur de main d'œuvre à bon marché.

    Dans de nombreuses zones frontalières pauvres, les enfants et les femmes sont victimes de trafic vers les pays voisins. Dépossédés de leur identité et hors de porté de la loi, les femmes et enfants sont vendus à la florissante industrie du sexe, ou bien exploités dans des ateliers de coutures avec un salaire de misère. Le sida continue de se propager rapidement au Vietnam. Les séropositifs sont classés parmi les "monstres sociaux" et "constituent une menace pour la société". Ils sont immédiatement bannis de toute vie sociale, empêchant de ce fait toute dialogue constructif sur le problème du traitement des malades ainsi que la prévention du sida.

    Pour chacun des problèmes évoqués, les femmes et enfants appartenant aux minorités ethniques sont encore plus durement touchés.

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  122. Voir dans Courrier international, à propos de l’Egypte:

    http://www.courrierinternational.com/breve/2010/01/22/interdit-aux-femmes-voilees

    mais aussi (et surtout):

    http://www.courrierinternational.com/article/2010/01/07/le-voile-n-est-pas-une-obligation-religieuse

    Avec des aperçus historiques très intéressants.

    Pas revu ma famille salafiste ce matin au lac. Les vendredi se suivent et ne se ressemblent pas.

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  123. Merci, cher Baudet. Le second article est fort intéressant, et j'en retiens ce passage:
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    Lors de la révolution de 1919, menée par la classe moyenne, l’égalité des citoyens a été déclarée. Le voile, signe de classe, n’était plus de mise. La plupart des pays arabes et musulmans ont suivi l’exemple, conformément à une volonté affichée et formulée par le penseur de la nahda [mouvement de renouveau intellectuel arabe de la fin du XIXe siècle] et éminent militant des droits des femmes Qasim Amin et, bien sûr, par Hoda Shaarawi, la femme qui a ­publiquement enlevé son voile [en 1923], un geste qui poussera l’ensemble des Egyptiennes à faire de même. C’est donc la société qui a voulu que le “sexe faible” sorte de l’espace protégé et intime de la vie privée pour participer à la vie publique, concourant aux côtés des hommes à la construction de la patrie. Cela a constitué, jusqu’à une date récente, l’une des grandes fiertés de la révolution de 1919. Les historiens parlent à ce propos de “l’époque du renouveau et des Lumières”, dont l’influence a dépassé les frontières de l’Egypte. Ainsi, dans les pays voisins, de nombreuses femmes, et notamment les étudiantes, ont elles aussi enlevé le voile.

    Si le voile était un élément essentiel de l’islam, celui-ci se serait effondré le jour où les femmes égyptiennes – et, plus généralement, arabes – l’ont enlevé. Ce qui mérite également d’être souligné, c’est que le renoncement au voile a eu lieu lors de la période du renouveau et des Lumières, tandis que la reprise du port du voile va de pair avec la décadence de la nation arabe et se produit à l’époque des régimes militaires, qui, en établissant leur tyrannie au nom des causes nationales, ont provoqué des défaites historiques et un désenchantement si violent qu’il a entraîné des réactions tout aussi violentes, à savoir l’islam politique et terroriste. Celui-ci avait besoin pour s’imposer de symboles tels que le voile, dont le retour est allé de pair avec l’essor pétrolier. C’est ce qu’on appelle la sahwa [l’éveil], un mouvement au parfum de pétrole et à l’esprit aussi sec et rude que le désert d’où il vient.

    On voit avec quelle facilité tout un peuple passe d’un consensus social à un autre, de l’adoption d’un vêtement à son rejet. Si un peuple fait une chose et son contraire à quelques années d’intervalle, cela signifie qu’il est perturbé et incertain sur la voie à suivre. Il ne va jamais jusqu’au bout et ne fait jamais de pas en avant sans ensuite en faire autant en arrière.

    Cette valse-hésitation prouve que les musulmans ne sont plus sûrs de rien. Nous savons parfaitement pourquoi nos mères et grands-mères ont piétiné leur voile en public. A l’époque, les idées des Egyptiens étaient ouvertement laïques. Ils voulaient qu’un contrat social affirme que la patrie est commune à toutes les communautés et confessions, que tous les citoyens sont égaux en droits et en devoirs. Ils voulaient un Etat moderne avec des institutions civiles et un système parlementaire au sein duquel la volonté populaire aurait pu imposer des alternances entre des partis politiques forts. Bref, il s’agissait d’emprunter le modèle occidental, qui était jugé supérieur malgré le rejet du colonialisme, qui, en 1919, dominait le pays. C’était une volonté collective de s’accrocher au train de la modernité des pays développés. Ce qui est étrange, c’est que le voile fait son retour quand la nation est vaincue et humiliée, au moment précisément où elle aurait besoin de respirer un air de liberté afin de sortir de son marasme, de son sous-développement et de l’insoutenable défaite de sa civilisation.
    Justice

    “Le tribunal administratif du Caire a validé le 3 janvier la décision du ministère de l’Education d’interdire le port du niqab dans les salles d’examen des universités”

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  124. Bonsoir à vous tous,

    Une interview d'André Gérin dans le Fig

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/01/20/01016-20100120ARTFIG00869-burqa-l-interdiction-sera-absolue-dans-les-lieux-publics-.php

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  125. Chère Emmanuelle,

    Je ne sais pas si ce fil est le bon pour vous répondre à propos des femmes du Yémen, du Maroc, ou du Soudan. Mais je suis convaincue que toute avancée sociale dans un pays sert ceux qui ailleurs luttent dans le monde pour les mêmes raisons.

    Je me souviens de cette Afghane qui, il y a quelques années, sous la dictature talibane et au péril de sa vie, a filmé l'exécution public dans un stade d'une de ses compatriotes prétendument coupable d'adultère. Ce film n'avait d'autre destination que... le reste du monde.

    Si la France osait légiférer contre la burqa, ce sont des dizaines de Yéménites qui souriraient... Des dizaines seulement, mais déjà.

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  126. Les positions de Gérin me semblent très raisonnables.

    Sur l'exigence par certains intégristes de voir "leur" femme examinée par un médecin femme, elle marque un certain progrès par rapport aux talibans afghans; car enfin: elle légitime le fait que les femmes aillent à l'école, fassent des études de médecine, donc étudient la biologie... Il y a du progrès !

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  127. Ciel un âne!

    Et juste ce qu'il faut d'humour.... :)

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  128. Alors juste une petite pour le rire, de Desproges

    http://harmoniques-nuances.blogspot.com/2009/05/que-veulent-les-femmes-le-mystere-des.html

    Vous le croyez encore possible cet humour?

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  129. merde! je me suis trompée de lien. je recommence

    http://www.youtube.com/watch?v=NiFZvsiQMEk

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  130. Un article de Laure Watrin dans Slate pour nous détendre en riant jaune… Le formatage au pile poil ! J'en livre juste quelque touffes…
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    http://backoffice.slate.fr/story/15925/sexe-foufounista-foufoune-poils-tendance-epilation
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    Samedi matin, alors que je feuilletais ELLE au p'tit déj, j'ai bien failli recracher mon café au lait de surprise. Entre deux dossiers de «fond» - «comment rester sexy en hiver» et «cuisiner asiatique c'est facile» - je tombe sur cette invitation hallucinante: «Soins, épilations, secrets pros. On vous dit tout pour devenir une vraie foufounista».

    Euh, foufounista comme ... foufoune? Question totalement superflue j'en conviens, d'autant qu'une toison soigneusement épilée venait illustrer fort à propos ladite expression, à mettre sur le compte de l'incrédulité. Une incrédulité non pas liée au fait qu'un magazine évoque l'épilation du maillot. Je suis une pintade, je sais bien que la mort du poil est tendance depuis quelques années, et ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu’ELLE consacre un papier au phénomène.

    Mon incrédulité vient du terme «foufounista». Et du nouveau diktat qu'il entérine. Si je comprends bien ces 8 pages de leçon magistrale, dont l'esthétique porno soft ne vous aura pas échappé avec les photos pleine page de toisons taillées (une amie à l'œil aiguisé a même cru déceler une «perruque pubienne» sur l'une des mannequins), désormais, être adepte du naturel classe immédiatement dans la catégorie «féministe hirsute» et conduit tout droit au désert sexuel. Les témoignages masculins recueillis par le journal sont quasi unanimes (moins une voix) pour dire que leur libido est inversement proportionnelle à la taille de la touffe pileuse de leur partenaire. «Seule une pilosité très maîtrisée peut rimer avec sexualité» explique Jean-Charles, 36 ans.
    Jean-Charles va-t-il jusqu'à donner des conseils aux femmes qu'il rencontre? Sinon, elles peuvent toujours suivre ceux d’ELLE, «trois conseils pour bien cultiver son jardin secret»: égaliser le buisson, lustrer la fibre et éliminer les mauvaises herbes. Sans oublier, comme pour toute «ista» qui se respecte, la shopping list de la «parfaite foufounista», un peu de parfum Nude Stella McCartney à vaporiser sur sa petite culotte histoire de chasser les mauvaises odeurs ou encore du pigment pour colorer son gazon.

    Lissons, aseptisons, uniformisons! Après les jambes, les aisselles, les sourcils, c'est donc au tour de notre pubis de se mettre au service des «control freaks». Il y a des jours où l'on se sentirait presque hippie (pas de là à avoir du poil aux pattes quand même), ne serait-ce que pour revendiquer la liberté d'échapper au contrôle obsessionnel du corps.

    Cire chaude, cire froide, cire traditionnelle, cire jetable, caramel, laser, lumière pulsée, rasoirs, crèmes dépilatoires: en France, l'épilation est un marché qui se porte de mieux en mieux. Se faire tailler un petit cœur à la place d'un buisson ardent pour fêter la Saint-Valentin, tatouer un papillon ou coller des strasses sur un pubis lisse, est devenu banal, en tout cas pour les jeunes. D'après un sondage Ipsos réalisé en 2006, les trois quarts des Françaises de moins de 26 ans s'épilent le maillot...

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  131. "Les jardins secrets", c'est donc ainsi qu'il faut les comprendre ? Ma foi, je n'y suis pas hostile. Quant à la façon de les cultiver ou non et comment… Les gens de la mode font des propositions et même si le ton est parfois comiquement sérieux et presque autoritaire, on choisit, on fait son petit marché, on est libre. Ont sait bien qu'il y a des intérêts autres que libidinaux en jeu, comme toujours. Le fameux New Look de Christian Dior devait certes quelque chose à l'inspiration du couturier mais n'était pas sans rapport avec les intérêts du groupe Boussac (textiles). Bon, il faut le savoir et ne pas faire d'un jeu éventuellement plaisant un impératif catégorique et aliènant. Vivent les foufounes de toutes sortes, dans les jeux et la liberté…

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  132. "Ou comme cestuy-là qui conquist la Toison"...

    Pourquoi pas des petites tresses, des grelots ?

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  133. Drancy : l'imam qui dit non à la burqa (lu dans Le Parisien)

    Malgré les menaces dont il a fait l’objet, l’imam de Drancy (Seine-Saint-Denis), Hassen Chalghoumi, ne craint pas de dire haut et fort qu’il condamne la burqa en France. Au lendemain des déclarations du président de la mission d’information parlementaire sur la question, André Gerin (PCF), qui s’est prononcé pour une «interdiction absolue du port du voile intégral dans les lieux ouverts au public», cet imam atypique, figure du dialogue judéo-musulman en banlieue, martèle que le voile intégral n’est pas une prescription de l’islam.

    Ce religieux de 36 ans, né en Tunisie et naturalisé français, a expliqué pourquoi les musulmans ne doivent pas craindre une loi.

    Il est pour l’interdiction par la loi de la burqa, qui n’a pas sa place en France, pays où les femmes votent depuis 1945. Mais elle doit être assortie d’un travail pédagogique, comme ce qui s’est fait pour le voile à l’école en 2004: "Je n’imagine pas un policier retirer le voile d’une femme dans la rue!"

    Le voile intégral n'est pas une prescription religieuse. A la différence du voile qui couvre les cheveux, la burqa, ou devrais-je dire le niqab n’a aucun fondement dans l’islam, ni dans le Coran. Cette tradition très minoritaire renvoie à une idéologie qui saborde la religion musulmane. La burqa est une prison pour les femmes, un outil de domination sexiste et d’embrigadement islamiste. D’ailleurs, à Drancy, aucune femme ne la porte. J’en connais même qui l’ont retirée au bout de trois-quatre ans car c’était incompatible avec la vie en société.

    Plutôt que de faire payer une amende, je préfère le dialogue et la pédagogie. Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, va jusqu’à proposer le refus de la nationalité française aux femmes portant le voile intégral… "Je suis d’accord. Avoir la nationalité française, c’est vouloir partager la vie en société, l’école, le travail… Or, avec un bout de tissu sur le visage, que peuvent partager ces femmes avec nous ? Si elles veulent continuer à porter le voile intégral, qu’elles aillent vivre dans un pays où c’est la tradition, comme l’Arabie saoudite".

    Il n'a pas été auditionné par la mission d’information parlementaire, mais il aurait
    préféré qu’elle soit composée pour moitié de députés et pour moitié d’imams ou de membres du Conseil français du culte musulman (CFCM). En revanche, il dénonce la manœuvre de Jean-François Copé, président des députés UMP, qui, sans attendre les conclusions de la mission, a déposé sa proposition de loi interdisant le niqab. Attention à ceux qui utilisent ce sujet comme un épouvantail à des fins électoralistes. Et attention aux amalgames. On ne peut pas résumer quinze siècles d’histoire de l’islam à un bout de tissu !

    A l’école, certaines jeunes musulmanes refusent les cours de natation. "Personnellement, mes trois filles vont à la piscine. Le Prophète conseille de savoir nager. D’ailleurs, ma fille de 12 ans a échappé à la noyade et a sauvé sa tante l’été dernier en Tunisie. De même, quand il s’agit de la santé et de la vie, un homme n’a pas le droit de refuser que sa femme soit examinée par un médecin homme. La République ne doit pas accepter ça".

    En ce qui concerne la conversion à l’islam de la rappeuse Diam’s, "j’ai été très peiné par les critiques contre elle. Derrière ces attaques, je sens le racisme et l’islamophobie. C’est une chanteuse populaire, mais elle n’a pas d’influence religieuse dans les quartiers. Qu’on la laisse libre".

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  134. Et hop, je soulève le niqab, en découvrant les commentaires de Parleur et du chat. Qui c'est le chat ?

    Chacune est libre de faire ce qu'elle veut de sa foufoune, du moment que ce n'est pas imposé... et du moment que les hommes s'interrogent eux aussi sur leur toison. Non mais!

    Des petits grelots ou des tresses entrelacées de rubans pour faire pendant, why not? ;o)

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  135. Qui c'est le chat ? C'est toi qui poses la question, coquine !

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  136. Qui c'est le chat?

    Le chat à poil doux, aux yeux oblongs, à oreilles triangulaires, aux griffes rétractiles?

    Le chat n'est pas là, et les souris dansent?

    La nuit, tous les chats sont gris?

    Chat échaudé craint l'eau froide ?

    Etre chien et chat?

    A bon chat, bon rat?

    Avoir un chat dans la gorge?

    Il n'y a pas un chat?

    Donner sa langue au chat?

    Et.... brr... chat à neuf queues: fouet à neuf lanières ?

    Miaou... ;o) ;o)

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  137. Lu Dans Libération

    Ni putes ni soumises manifeste en burqa devant le siège du PS

    Des militantes de l'association ont voulu ainsi dénoncer la position du parti qui refuse «une loi de circonstance» sur le voile intégral, à la veille de la remise d'un rapport sur le sujet. Le PS voit dans cette action un «coup» politique.

    Elles avaient choisi leur heure: quelques minutes avant le point-presse hebdomadaire du parti socialiste. Et leur tenue. «Allez les filles, on y va!», lance l'une d’elles.

    Alignées devant les grilles de Solférino, une quinzaine de militantes de Ni putes ni soumises se recouvrent de grands draps noirs. Et soulèvent des pancartes «Ils veulent nous mettre la burqa». Ou encore: «Reviens Marianne, ils sont devenus fous.» A la veille de la remise du rapport de la mission parlementaire sur le port du voile intégral, l’association féministe compte marquer le coup.

    Sa présidente, Sihem Habchi - auditionnée en septembre par la mission parlementaire -, écharpe rose, termine la mise en scène, après quelques minutes, en déposant une rose rouge devant le siège du parti. «On vient dire au deuxième parti de France et à toutes les forces progressistes de ne pas abandonner les femmes face à la violence et aux forces obscurantistes. Vous devez prendre vos responsabilités et entendre celles qui veulent simplement une main tendue», interpelle-t-elle.
    «On attend du courage politique»

    Le PS, qui, comme l’ensemble des partis représentés, a remis sa contribution sur le sujet à la mission parlementaire mi-janvier, refuse une loi d’interdiction qui serait, selon lui, «de circonstance» et, probablement, «inapplicable». Et la semaine dernière, les députés socialistes, membres de la mission, ont prévenu qu’ils ne prendraient pas part au vote de son rapport final. Tout en «condamnant absolument et fermement le port du voile intégral», ils refusent une «démarche de diversion et de manipulation» et ne «participeront pas à cette gesticulation politicienne», expliquait, jeudi, dans un entretien à Libération.fr, la députée Sandrine Mazetier.

    Une position qui «inquiète» Sihem Habchi: «On attend du courage politique: pas seulement condamner mais aussi agir.» Favorable à un «dispositif législatif» sur le voile intégral, la présidente de NPNS estime qu’«on ne peut pas être sur une position laxiste». Et dégaine sa formule: «Non au droit à la différence quand elle amène à la différence des droits, non au relativisme culturel, on nous met dans un ghetto ambulant», lâche-t-elle.
    «Ne pas exploiter le calendrier politique»

    Dans la salle de presse, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, s’agace du sort réservé au «plus grand parti laïc de France» par «une association qui se dit attachée à la laïcité». «J’espère qu’elles iront manifester devant l’UMP» qui, selon le socialiste, a davantage malmené la laïcité. A moins, soupçonne Hamon, que NPNS, présidée par Fadela Amara jusqu’à son entrée au gouvernement comme secrétaire d’Etat à la Politique de la ville ne soit «à la main du pouvoir politique avant les élections régionales». «Le voile intégral est un sujet trop sérieux pour qu’on se livre à un coup politique de la sorte, ce n’est pas à la hauteur du sujet», sermonne-t-il, appelant à «ne pas exploiter le calendrier politique» - et électoral - «pour faire de la surenchère».

    Sihem Habchi, qui prévoit de manifester cette semaine auprès d’autres partis, cette semaine, a été reçue, en fin de matinée, par Benoît Hamon et le secrétaire national à la communication, David Assouline.

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  138. Et voici une explication philosophique de la burqa par Abdennour Bidar, Philosophe. Extraits.
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    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/23/la-burqa-symptome-d-un-malaise-par-abdennour-bidar_1295649_3232.html
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    Face à cette affirmation d'une liberté du port de la burqa qui se réclame de la fidélité aux principes de l'islam, d'autres explications et critiques sont mobilisables, mais qui ne suffisent pas non plus : le fait de souligner que ni le Coran ni la tradition islamique n'exigent la radicalité d'un tel vêtement ; le fait de voir dans cet extrémisme la pathologie religieuse d'une subjectivité fragilisée par telle ou telle situation de vie ou histoire personnelle ; le fait enfin de souligner que ce choix, peut-être vécu comme "volontaire et réfléchi", pourrait donc être en fait dicté par l'endoctrinement du milieu et devrait être mis sur le compte de l'ignorance religieuse.
    Là non plus, et bien que l'on se centre sur ces cas considérés en eux-mêmes ou pour eux-mêmes, l'explication ne satisfait pas. Car ce qui n'est toujours pas entendu, d'un point de vue psychologique et éthique, c'est le "cri" d'une subjectivité, le "je suis, j'existe" d'une conscience. Il faut en effet entendre aussi, et avant tout, la burqa comme un désir personnel d'exister. Un désir pathologiquement exprimé, peut-être, ou tout au moins effectué avec la radicalité quelque peu aveugle propre à certaines périodes de vie - le "zèle du converti", etc. Un désir contradictoire aussi, parce que l'enfermement dans cette tombe vestimentaire produit objectivement le résultat contraire de celui qui est visé : au lieu d'offrir à l'individu un moyen d'existence sociale, il le retire de la société de ses semblables.

    Mais ces jeunes femmes sont-elles à cet égard tout à fait différentes de tous ces "vrais-faux marginaux volontaires" dont nos sociétés regorgent?

    Et si c'était cela, finalement, le ressort de frustration exprimé par la burqa ? Qui ne le légitimerait aucunement, mais qui permettrait de le voir non plus comme une chose archaïque, mais comme l'une des manifestations les plus souffrantes de l'aspiration contrariée de l'individu contemporain : trouver le moyen de devenir soi-même et de faire ses propres choix, s'arracher à l'uniformité ambiante, dans des sociétés qui peinent à offrir aux individus de réelles voies de réalisation, d'élévation, de perfectionnement intérieur, et qui au contraire, de plus en plus, ne donnent à cette même individualité que des moyens d'expression de soi d'une médiocrité ou d'une superficialité consternante.

    En effet, quels choix sont réellement offerts aux individus dans nos sociétés pour les aider à trouver et à développer une personnalité singulière et profonde ?

    Dans ce contexte où l'homme réduit à une image masque toute grande image de l'homme qui serait visible au-delà, la burqa exprime quelque chose comme le refoulé de la psychologie collective : le refus d'afficher la moindre image de soi, refus qui correspondrait à la réponse de l'inconscient au règne totalitaire de l'image.
    L'identité totalement cachée derrière la burqa, c'est l'identité profonde du moi moderne devenu introuvable derrière la profusion de ses images et de ses superficies étalées dans le vide laissé par l'absence de tout grand projet d'existence.
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    J'avoue ne pas bien comprendre ces notions de "moi moderne devenu introuvable" et "d'uniformisation"... ce qui rend ma compréhension de l'argument ... très lacunaire.

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  139. Un article de Cécilia Gabizon
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    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/01/25/01016-20100125ARTFIG00522-pourquoi-certaines-femmes-portent-le-voile-integrale-.php
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    La mission a tenté de comprendre comment le niqab, imposé en Orient, avait conquis des têtes supposées libres chez nous. Après des mois d'auditions, les députés ont acquis la conviction que «cette pratique antéislamique ne présente pas le caractère d'une prescription religieuse, mais participe de l'affirmation radicale de personnalités en quête d'identité, poussées par des mouvements fondamentalistes».

    Sans racine coranique, le niqab «est une véritable pathologie religieuse», a jugé le philosophe Abdenour Bidar. Et pourtant, c'est bien au nom de l'islam que ces femmes disent la porter. Car il existe une voix minoritaire qui l'impose, celle du mouvement salafiste qui entend retrouver la splendeur de l'islam par un retour aux sources, à la vie du prophète. Ultrarigoriste, apolitique, mais sectaire, ce courant s'est développé en France ces quinze dernières années. Après les longues barbes, les niqab sont apparus dans les banlieues des grandes agglomérations.

    Des femmes à la recherche d'absolu ont été séduites par cette surenchère religieuse. Si chacune raconte une histoire singulière, toutes «témoignent de conditions de vie dégradées dans certains de nos quartiers», estiment les députés. Du besoin d'une épine dorsale dans une existence marquée par des ruptures. Elles affirment une «recherche de pureté dans la pratique d'un culte plus austère». En écoutant «sur Internet des imams prêcher (…), les jeunes femmes qui s'islamisent en viennent à désirer ou à s'imposer de porter le niqab (…) comme le signe d'une appartenance à une élite, à une avant-garde religieuse appelée à guider la communauté musulmane égarée», selon Samir Amghar, chercheur à l'École des hautes études en sciences sociales. Ces femmes expriment aussi leur dégoût de la société environnante. «L'environnement occidental est considéré comme littéralement impie et appelle une réaction d'autoprotection et d'autodéfense, dont le voile est un moyen. Elles craignent la contagion et se barricadent comme pour échapper à un virus», a analysé Abdenour Bidar.

    Au-delà des craintes fantasmées, cette tenue marque une réaction à des pressions sexistes réelles. «Les relations entre les deux sexes au sein de quartiers abritant des populations qui, par ailleurs, connaissent la précarité et en voie parfois de ghettoïsation, se sont gravement dégradées», assure la mission. L'affichage religieux permet d'échapper aux tensions, d'acquérir un statut. «En portant le niqab, d'adolescentes elles deviennent des adultes respectées notamment dans les quartiers populaires», note encore la mission. Le voile intégral serait alors une manifestation extrême de la régression de la condition des femmes dans certains quartiers. (je souligne)

    Dans ce contexte, les salafistes ont un «pouvoir d'attraction sur des populations pauvres, toutes prêtes à recevoir des prescriptions pour guider leur comportement». D'ailleurs, «dans les quartiers populaires, lorsqu'on décide de se convertir à l'islam ou de se réislamiser, on le fait bien souvent au contact du salafisme, car c'est la seule offre religieuse qui y reste et qui apparaît comme la plus légitime et la plus authentique, a détaillé Samir Amghar. L'influence croissante de cette doctrine favorise un retour à la superstition et impose des normes à l'ensemble des femmes d'un quartier». Or, assure le rapport, il suffirait d'un imam salafiste pour radicaliser une pratique localement. La mission souligne, une fois encore, l'importance de la formation des imams.

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  140. Une article intéressant dans Le Post, que je copie en entier.
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    Ahmed, Marseillais, père de quatre enfants est d'origine algérienne, musulman de tradition.

    Il s'est battu durant deux ans pour «rendre un visage» à sa fille.

    Tout a commencé en 2006, quand Naïma, sa fille cadette, est rentrée au domicile familial de Marseille, «habillée comme un fantôme noir» se souvient, dans La Provence, Ahmed.

    Qui ajoute:

    «Elle était devenue comme folle, nous disait qu'on était des mécréants, qu'on irait en enfer, qu'elle ne voulait plus nous parler».

    Quelques jours après cette apparition en burqa, Naïma, 20 ans, a disparu du foyer familial.

    Elle n'a laissé aucune adresse à sa famille, mais avant de disparaître, elle s'est emparé des économies de la famille, 3.000 euros.

    C'est l'incompréhension totale dans la famille:

    « Naïma était une fille épanouie, mignonne, complice avec ses parents et ses frères, toujours habillée à la mode. Après son BTS de stylisme, elle venait de terminer un stage à Paris, chez Saint-Laurent ».

    Mais ce père de famille ne baisse pas les bras.

    Pour retrouver sa fille, il va de mosquée en mosquée, interroge les imams.

    Ahmed précise dans la Provence qu'il a alors découvert que sa fille fréquentait «un groupe salafiste, dans une mosquée des quartiers Nord» de Marseille:

    «On m'a dit qu'elle vivait recluse dans un appartement, mariée à un type qui lui interdisait de sortir. Les barbus ont essayé de m'embobiner en m'appelant "mon frère", en me disant que c'était le destin voulu par Allah».

    Une fois ces renseignements obtenus, Ahmed porte plainte au commissariat de police pour abus de faiblesse et escroquerie et écrit deux fois au procureur de la République en donnant les noms et l'adresses de ceux qui "retiennent" sa fille.

    Ahmed ne recevra jamais de réponse...

    Durant un an, Ahmed va enquêter, effectuer des filatures.

    Il effectuera même des «visites musclées» chez certains imams radicaux, révèle La Provence.

    Et un matin, Naïma téléphone à son père.

    Elle lui demande de venir la chercher.

    Ahmed en est convaincu:

    «Le groupe qui s'était emparé d'elle a fini par lâcher prise. Ce sont des gens qui agissent dans l'ombre, qui n'aiment pas la publicité. Et ils ont compris que je ne laisserai jamais tomber».

    Depuis son retour au foyer familial, Naïma réapprend à vivre.

    «Elle vivait dans la terreur, privée de sommeil, soumise à des prières continuelles, souvent debout toute la nuit pour servir les hommes» confie son père.

    Sa fille cadette ne porte plus la burqa.

    Ce voile noir qui était «un deuil pour toute la famille».

    Mais Ahmed se dit opposé à l'interdiction de la burqa en France:

    «Interdire le voile, c'est faire le jeu des salafistes, c'est condamner les femmes qui sont contraintes à le porter à ne plus sortir de chez elles».

    Et Ahmed d'ajouter:

    «Dans mon cas, il aurait suffit que la police et la justice fassent leur travail en enquêtant comme dans toute affaire d'abus de faiblesse et d'escroquerie; et ne surtout pas faire de la religion un tabou».

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  141. Femmes afghanes inquiètes...
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    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/la-main-tendue-de-karzai-aux-taliban-inquiete-les-femmes-afghanes_844881.html
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    Des défenseurs des droits des femmes veulent interpeller les représentants de la communauté internationale, ce jeudi, lors de la conférence sur l'Afghanistan à Londres.

    L'idée de réintégrer les taliban dits modérés au paysage politique national semble séduire de plus en plus de décideurs afghans et internationaux. Mais, dans la société civile afghane, il en est dont le sang se fige à l'idée d'un "retour aux années de plombs", à cette période sombre où les taliban imposaient leurs lois, de 1996 à 2001. En première ligne: les femmes.

    Le président Karzaï avait déjà suscité de vives critiques internationales en tentant de faire passer un texte restreignant les droits des femmes chiites. Il avait finalement renoncé à le ratifier, sous la pression. Mais la situation des femmes afghanes, en général, se détériore. D'après Human Rights Watch, elles sont "de plus en plus menacées par les factions extrémistes sans que le gouvernement les protège".

    "Depuis quelques années, les choses avancent petit à petit. Non sans difficultés, c'est vrai. Mais des femmes font des études ou travaillent, 6 millions d'enfants dont des petites filles vont à l'école, les gens ont de l'espoir", a souligné Shoukria Haïdar, présidente de l'association Negar Soutien aux femmes d'Afghanistan, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale.

    "Si on offre aux taliban de participer au pouvoir, ils parviendront à changer la Constitution dans leur sens. Ils fermeront les écoles, enfermeront les femmes chez elles", s'est inquiétée cette militante afghane de passage à Paris ce mercredi, avant de tenter de se faire entendre dans la capitale britannique, où elle doit porter une résolution élaborée par un ensemble d'associations et de militants à Kaboul en début de semaine.

    Les femmes afghanes "savent parfaitement ce qui les attend si les taliban parviennent à imposer leur loi de nouveau. On ne peut pas les sacrifier, sous prétexte de sceller une réconciliation nationale", ajoute Geneviève Couraud, secrétaire générale de Negar à Paris.

    Que propose un organisme comme Negar comme alternative? "Continuer dans le sens du progrès, offrir une éducation aux Afghans, leur permette d'être bien rémunéré pour le travail accompli, et ainsi lutter contre la corruption ou le trafic de drogue", évoque Shoukria Haïgar. Un travail de longue haleine appuyé par un renforcement du pan civil de l'action internationale, qu'elle tentera d'évoquer à Londres ce jeudi, en s'appuyant sur une résolution adoptée par 200 organisations de défense des droits des femmes et de la société civile.
    Elle espère être entendue avant la conférence suivante, à Kaboul, en juin.

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  142. Je suis désolée de faire état de réalités aussi sordides… Un article sur les traumatismes des femmes battues, violées, massacrées en Septembre en Guinée
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    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/27/la-malediction-des-femmes-de-guinee-par-ibrahima-balde-et-nathalie-zajde_1297283_3232.html
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    Pour soigner les victimes et les traumatisés, une cellule médico-psychologique a été mise en place à la clinique de Conakry Centre Mère et Enfants.

    Les femmes y sont venues car elles souffraient trop : traumatismes crâniens, infections vaginales, grossesses, contaminations vénériennes et VIH, toutes en état de stress post-traumatique très avancé : elles ne dorment plus depuis des semaines, sursautent au moindre bruit, elles sont terrorisées et désespérées, ne parviennent plus à penser ni à travailler. Certaines tentent de se suicider, d'autres se sont mises à boire et à fumer pour noyer les foudroyantes reviviscences des scènes d'horreur, les brutales visions de corps piétinés, mutilés, les monceaux de cadavres auxquels elles ont été mêlées… et les réapparitions soudaines des visages de leurs violeurs surgissant devant leurs yeux, surtout le soir, quand vient la nuit. Elles sont ménagères, pauvres le plus souvent ; elles sont intellectuelles ou employées de l'administration et des ministères ; elles sont couturières ou vendeuses d'huile de palme sur les bords de route ; elles sont aussi femmes d'ingénieur, de médecin, de professeur, ou célibataires. Ce sont nos mères, nos sœurs, nos filles, nos grand-mères. Ce sont les femmes de Guinée !

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    Quel affreux monde !

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  143. Sur les femmes afghanes: c'est le moment ou jamais de rappeler à Obama son discours du Caire: dans tous les pays, les femmes doivent pouvoir s'habiller comme elles l'entendent...

    Sur les femmes guinéennes: ( ) long cri silencieux.

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  144. Les femmes, les femmes, toujours les femmes. Ce martyrologe interminable est désespérant et m'emplit de colère. Ainsi que la longue liste des lâchetés des puissants qui s'en moquent, toujours prêts à accepter des compromis dont les femmes feront les frais…

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  145. réédité.

    Cher Parleur,

    Oui ce monde nous emplit de colère. Mais si les violences contre les femmes reviennent dans certains endroits sans vergogne, en d'autres endroits de façon camouflée, des gens se mobilisent aussi contre elles. Il y a des veilleurs et des veilleuses partout, bien heureusement, même si certains voudraient les bâillonner....

    La technologie avance à pas de géant, mais l'humain reste un barbare. Songeons à ces mots de trois hommes du 19ème siècle, toujours d'actualité !


    Jules FERRY (1832-1893)
    "L’égalité, c’est la loi même du progrès humain ! C’est plus qu’une théorie : c’est un fait social, c’est l’essence même et la légitimité de la société à laquelle nous appartenons."

    Victor HUGO (1802-1885)
    "Une moitié de l’espèce humaine est hors de l’égalité, il faut l’y faire rentrer : donner pour contrepoids au droit de l’homme le droit de la femme."

    Charles Alexis de TOCQUEVILLE (1805-1859)
    "Je pense que le mouvement social qui rapproche du même niveau le fils et le père, le serviteur et le maître, et, en général, l’inférieur et le supérieur, élève la femme et doit de plus en plus en faire l’égale de l’homme."


    Quel boulot !
    Il faut diablement se retrousser les manches!

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  146. Je signale un échange de Meddeb avec des internautes publié par le Nouvel Obs:
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    http://forums.nouvelobs.com/societe/la_burqa_la_france_et_l_islam,20100125104752593.html

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  147. Tous les deux jours, une femme décède sous les coups de son conjoint. 1 sur 10, subit la violence de son compagnon. On compte 40 000 à 50 000 viols au sein du couple. Face à ce «vrai fléau», les sénateurs socialistes veulent renforcer l’appareil législatif.

    Une première loi en 2006, déjà à l’origine des socialistes, a permis notamment l’éloignement du conjoint en cas de violence. L’âge du mariage pour une fille avait été repoussé de 15 à 18 ans pour lutter contre les mariages forcés. Aujourd’hui, les sénateurs s’attaquent à la violence psychologique. «Une violence presque invisible», souligne la sénatrice Françoise Cartron, mais qui n’en fait pas moins de dégâts. «Les mots ne tuent pas, mais peuvent être avoir des effets dévastateurs», confirme Roland Courteau, sénateur de l’Aude.

    Autre sujet : l’éducation au respect dans les écoles, collèges et lycées. «Il faut que les garçons comprennent qu’on n’a pas le droit de taper une fille», résume le sénateur de l’Aude. A noter quand même que «10 à 12% des violences au sein du couple concernent les hommes».

    La proposition de loi du PS passe en séance le 10 février. A-t-elle des chances d’être adoptée par l’UMP ? «Nous verrons. Mais je rappelle que François Fillon s’était prononcé en novembre pour la prise en compte de la violence psychologique et que la violence faite aux femmes a été déclarée grande cause nationale en 2010. On leur tend la perche», souligne Roland Courteau, qui ajoute : «Si quelque chose ne bouge pas, c’est à désespérer de tout».

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  148. Je ne donne pas que de mauvaises nouvelles!
    Lu dans presseurope:
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    Huit ans après l’adoption par le gouvernement norvégien d’une loi imposant 40 % de femmes dans les conseils d’administration des entreprises, l'International Herald Tribune dresse un panorama de la parité dans d’autres pays d’Europe où les autorités envisagent une législation similaire.

    Arni Hole se souvient de l’onde de choc qui a ébranlé les entreprises norvégiennes en 2002 quand le gouvernement a proposé une loi imposant 40 % de femmes dans les conseils d’administration.

    Près de huit ans plus tard, la part des dirigeantes dans les quelque 400 sociétés concernées dépasse les 40 %, et les femmes représentent plus d’un quart des sièges aux conseils d’administration des 65 plus grandes entreprises privées du pays. Aux yeux de nombre de féministes, c’est l’initiative la plus audacieuse jamais prise dans le monde pour abattre l’un des obstacles les plus tenaces à l’égalité des sexes. Elle n’est d’ailleurs pas passée inaperçue : l’Espagne et les Pays-Bas ont adopté des lois semblables, avec un délai d’application pour 2015. En France, le Sénat examinera prochainement une proposition de loi, déjà approuvée mi-janvier par l’Assemblée nationale, dont l’objectif est d’introduire un quota de femmes à l’horizon 2016. Un dispositif semblable est envisagé en Belgique, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suède.

    Dans l’Union européenne, les femmes représentaient seulement 9,7 % des membres des conseils d’administration des 300 premières entreprises en 2008, contre 8 % en 2004, selon les chiffres du réseau européen des femmes cadres. Aux États-Unis, environ 15 % des membres des conseils d’administration des entreprises du Fortune 500 sont des femmes, mais elles sont en revanche extrêmement rares en Asie : en Chine et en Inde, la proportion est d’environ 5 %, et seulement de 1,4 % au Japon.

    Selon une étude menée en 2007 par le cabinet de conseil McKinsey sur les plus grandes entreprises européennes, celles comptant au moins trois femmes dans leur comité de direction enregistraient un retour sur capitaux propres supérieur d’environ 10 % à la moyenne de leur secteur, et des résultats d’exploitation presque deux fois plus élevés. L’étude ne va pas jusqu’à attribuer ces performances à la présence d’un nombre minimum de femmes, mais elle conclut que les entreprises où les femmes sont bien représentées aux postes de direction affichent généralement une meilleure gestion et une meilleure organisation.

    Le congé parental, un frein pour la carrière

    Cependant, les économistes estiment que le lien entre résultats et féminisation des conseils d’administration est moins évident. Les conseils s’occupent avant tout de surveiller et de conseiller les dirigeants et les cadres supérieurs, qui restent dans leur grande majorité des hommes. Parallèlement, la loi imposant des quotas a d’autres conséquences inattendues : les “jupes en or”, comme les médias surnomment ces femmes d’affaires norvégiennes très recherchées, occupent souvent des sièges multiples aux conseils d’administration. Un groupe d’élite de 70 femmes concentre ainsi 300 sièges, estime le Center for Corporate Diversity, une organisation norvégienne.

    Pour certains, les 46 semaines de congé maternité payé accordées aux mamans norvégiennes (contre dix semaines pour les pères) désavantagent de facto celles qui aspirent à des postes d’encadrement. Selon d’autres observateurs, les femmes rechignent davantage que les hommes à sacrifier le temps passé en famille. Une étude publiée l’année dernière par deux économistes suédois indique que les congés parentaux de plus d’un an nuisent à la progression de la carrière. Selon ces recherches, les femmes représentent 27 à 32 % des cadres dans les pays scandinaves, contre 34 à 43 % en Australie, en Grande-Bretagne, au Canada et aux États-Unis, où le congé maternité est plus limité.

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  149. De Thierry Helsens, hydrogéologue au Mali.

    Alors qu'il y a quelques jours on "fêtait" la journée mondiale contre l'excision (6 février 2010), qu'en est-il?

    Quelques chiffres. En 2006, 85,2% des femmes sont excisées, quel que soit leur âge. On pourrait s'attendre à 95% chez les femmes âgées et 70% chez les plus jeunes et noter ainsi une certain régression de cette pratique. Et bien, non ! 85,7% chez les 15 à 19 ans et 85,8% chez les 50 à 59 ans. Les groupes ethniques à pratiquer le plus l'excision sont les Bambara, Malinké et Sarakolé (98%) alors que chez les Songhaï et les Tamasheq on "tombe" à 28 et 32%.

    Qu'en pensent les hommes? Je pose la question à mon voisin alors que nous roulons vers Ségou. "Je suis Peulh, chez nous ça n'existe pas, mes filles ne sont pas excisées". Je veux bien, pas de problème. Je n'insiste pas. Reste que les enquêtes Démographiques et de Santé (EDSM VI) affirment que chez les Peulh du Mali... 94% des femmes sont excisées!

    Autre question, quels sont les avantages de l'excision? Le premier, la reconnaissance sociale, puis la religion, enfin l'hygiène, la virginité (?) et de meilleures chances de mariage. Ça c'est possible mais complètement aberrant: on veut être moderne, avoir le dernier Ipod (C), les meilleures pompes et aller en Europe ou aux USA, mais quand il s'agit de mariage on respecte, on écoute sagement le grand-père et la grand-mère: il faut une femme excisée... Il y a cependant des différences entre les hommes et les femmes, le niveau d'instruction. Par exemple l'argument le plus fréquent pour les hommes sans instruction est... la nécessité religieuse. En revanche, plus une femme est éduquée, moins elle trouve d'avantages à être excisée.

    En Afrique de l'Ouest, moins de la moitié des pays légifèrent sur le sujet. Au Mali, record en Afrique de l'Ouest, on estime qu'une loi répressive ne servirait à rien puisque tout le monde est impliqué. Trop de monde à punir. Au Burkina Faso, par contre, on n"hésite pas à punir les exciseuses, les familles et les complices. Ne pas avertir les autorités si l'on a connaissance qu'une exciseuse est sur le point d'exercer est un délit puisque des numéros verts existent. Les repenties sont même priées de s'engager publiquement (à la TV, par exemple) à cesser leurs pratiques. Mais les récidives sont très fréquentes par manque de revenus. Pourtant on avance, doucement, sans trop vouloir brusquer, choquer, sous prétexte de tradition ancestrale. Dernièrement une vingtaine d'exciseuses ont "déposé le couteau" dans la région de Diéma. Mais pour combien de temps puisque la demande est encore forte et que des femmes des pays voisins n'hésitent plus à voyager pour œuvrer en toute impunité?

    Alors, que faire? En dix années, on a peut être gagné 5% au Mali... triste record alors que les voisins Sénégalais et Burkinabè avancent beaucoup plus vite et dispose même, pour le Burkina, de cliniques où l'on peut pratiquer la chirurgie réparatrice du clitoris. Il reste que neuf fois sur dix à Bamako, quand vous croisez une femme, vous pouvez être certain qu'elle est excisée, qu'à chaque fois qu'un collègue vous annonce la naissance d'une fille vous pouvez vous dire que dans quelques semaines, elle le sera tout aussi. Le Mali est donc à la traîne (voir "le Mali à la traîne" sur lejournalduMali.com) malgré une prise de conscience qui a du mal à s'exprimer, comme si chacun attendait que le voisin fasse le premier pas. La solution est sûrement entre les mains des jeunes mais surtout des femmes elles-mêmes.

    En tout cas, c'est pas gagné.

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  150. Un article de Tahar Ben Jelloun sur l’Afghanistan. Extraits
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    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/02/26/il-faut-savoir-arreter-une-guerre-perdue-par-tahar-ben-jelloun_1311596_3232.html#ens_id=1191850
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    Dans ce pays aux paysages magnifiques mais complexes et difficiles d'accès, la barbarie a trouvé son refuge, sa source, sa grotte et nargue le monde avec une brutalité sans pareille. Appelons cette barbarie talibans ou trafiquants d'opium ou aventuriers sans foi ni loi. Des gens, au tempérament qu'aucun Américain ne peut percer, ne peut comprendre, sillonnent le pays et le ravagent.
    Le 26 février 2001, jour où des talibans ont fait exploser des statues de Bouddha, vestige d'une grande civilisation, statues de terre et de pierre érigées dans le désert pour la spiritualité, datant du IVe au Ve siècle après Jésus-Christ, ce jour-là, le monde civilisé a été vaincu. Ni les musulmans d'Arabie, d'Afrique ou du Maghreb n'ont protesté et dénoncé cet acte de barbarie qui allait être suivi par d'autres attentats cette fois-ci sur des hommes. Depuis que les talibans ont été écartés du pouvoir, les trois quarts des morts civils sont des Afghans.
    Le pauvre président Hamid Karzaï, élu dans les conditions que l'on sait, tente de trouver une solution autre que militaire au problème qui ruine son pays. Il a proposé, le 28janvier dernier à la conférence sur l'Afghanistan à Londres, une nouvelle stratégie dite de "réconciliation" avec les talibans "modérés". II espère que ceux-ci déposeront les armes. Il précise: "Ceux d'entre les talibans qui ne sont pas membres d'Al-Qaida ou d'un autre réseau terroriste sont les bienvenus s'ils veulent rentrer dans leur pays, déposer les armes et reprendre une vie normale." Ce qu'il oublie de dire, c'est que la modération n'existe pas dans le vocabulaire taliban.
    En fait, le problème peut se résumer à un conflit entre deux visions du monde. Et l'expérience irakienne a bien démontré qu'on n'exporte pas la démocratie comme on exporterait une boisson gazeuse. Seuls les Afghans peuvent décider de leur sort, et décider d'instaurer le système démocratique ou d'imaginer un système correspondant à leur histoire. Les valeurs de démocratie sont universelles, mais c'est aussi une culture, une pédagogie, un travail quotidien.

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  151. L’ancienne ministre et présidente du Parlement européen, Simone Veil, personnalité féminine préférée des Français, a fait jeudi son entrée sous la Coupole de l’Académie française où elle deviendra la sixième femme «immortelle» de l’Histoire après un parcours exceptionnel. Féministe convaincue, elle a déploré la semaine dernière que le Conseil constitutionnel, où elle a elle-même siégé pendant neuf ans, ne compte plus désormais qu’une seule femme après la nomination récente de trois hommes, dont l’un à la place d’une femme.

    Quai Conti, les femmes ne sont désormais que cinq à porter l’habit vert sur 40 membres élus par leurs pairs, après l’entrée de Veil et la disparition en 1987 de Marguerite Yourcenar. L’écrivain avait été la première à être élue sous la Coupole en 1980 grâce au soutien actif de Jean d’Ormesson qui doit prononcer jeudi le discours de réception de la nouvelle immortelle. Les consœurs académiciennes de l'ancienne ministre sont l’helléniste Jacqueline de Romilly, élue en 1988, l’historienne Hélène Carrère d’Encausse (1990) et les écrivains Florence Delay (2000) et Assia Djebar (2005). Cette entrée de Simone Veil dans cette vénérable institution représente une consécration pour cette humaniste et femme politique au destin hors du commun, rescapée des camps de la mort, ardente militante européenne, magistrate et ministre.
    Une femme politique au destin hors du commun

    Elle a aussi toujours milité pour la reconnaissance du rôle des Justes qui ont permis de sauver des Juifs pendant la Deuxième guerre mondiale. C’est «un très grand honneur qui m’étonne encore aujourd’hui, parce que je ne vois pas les raisons pour lesquelles je me trouve dans cette situation», déclarait modestement Veil lors de son élection à l’Académie française le 20 novembre 2008. Née Simone Jacob le 13 juillet 1927 à Nice, elle a été déportée avec sa famille à Auschwitz-Birkenau en 1944, à l’âge de 17 ans. Entrée en politique en 1974 comme ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, elle a fait voter la loi de 1975 qui porte son nom légalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) au terme d’un dur combat politique et de débats agressifs qui lui feront monter les larmes aux yeux à l’Assemblée nationale. Pendant plus de 30 ans, cette femme d’exception a été une figure majeure de la vie politique française et européenne. Son maintien plein de dignité, son chignon sobre, ses yeux clairs et ses tailleurs impeccables dessinent une silhouette reconnaissable entre toutes.

    Plusieurs fois ministre, puis ministre d’Etat, de 1974 à 1995, elle a présidé le Parlement européen de 1979 à 1982 et siégé au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007. La nouvelle académicienne avait soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle. Présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, elle a publié en 2007 son autobiographie, «Une vie» (Stock), vendue à plus de 550.000 exemplaires, dans laquelle elle raconte son destin de rescapée des camps, son athéisme et son féminisme. «Les vrais amis, pour moi, ce sont ceux des camps», relève-t-elle. Jeudi, lors de sa réception à l’Académie, un hommage sera rendu à son prédécesseur, l’ancien Premier ministre Pierre Messmer décédé en 2007. Trois présidents de la République devaient se retrouver Quai Conti pour l’occasion: Nicolas Sarkozy, son prédécesseur Jacques Chirac, qui lui a remis son épée mardi, et Valéry Giscard d’Estaing, académicien depuis 2003 et qui fut à l’origine de sa carrière politique.
    (Source AFP)

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  152. NS n’ira pas... Serait-il rancunier contre celle qui a
    - clairement contesté la création du ministère ignoble,
    - refusé de voir changer une virgule à notre principe de laïcité alors qu’elle avait été nommée par NS pour présider la commission ad hoc;
    - osé s’insurger contre le parrainage d’un enfant juif mort dans les camps par chaque élève;

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  153. Un article amusant de Bénédicte Charles dans Marianne, à propos d’un nouveau journal «féminin». A grincer des dents et éventuellement des pieds en pouffant..
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    http://www.marianne2.fr/La-pouffe-mondialisee-est-elle-l-avenir-de-la-femme_a189869.html
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    Be, ce nouveau magazine, appartenant au groupe Lagardère, se décline sur Internet avec un site qui vend les produits vantés dans le journal et à la télé avec une sitcom.

    Le «contenu rédactionnel» (comme on dit quand on fait un journal piège-à-pub) ne diffère pas de ce qui semble être la tendance actuelle de la presse féminine : la pouffisation mondiale. Celle qui fait que, de Tokyo à Paris en passant par Rome, Düsseldorf, Dubaï, etc. les journaux et les séries télé destinés au public femelle ont réussi à imposer comme seul modèle : celui de la pétasse californienne à hauts talons.

    L’idéal féminin véhiculé par Be est donc celui de la reine des pouffes — appelons-la Pouffina. Un idéal incarné à merveille par Paris Hilton, par exemple, à laquelle le magazine consacre un palpitant reportage de quatre pages d’où il ressort que l’héritière des Hilton est «impressionnante, même avec des bigoudis».


    Mais Pouffina, ce n’est pas seulement des ongles french-manucurés, des dents blanchies, des cheveux brushés et des vêtements que même Karen Chéryl aurait, en son temps, trouvés vulgaires : c’est tout un style de vie (on n’osera pas dire un système de pensée, mais presque). […] La vraie pouffe idéale pratique la «it branlette», c’est-à-dire la branlette à la mode. Et achète des sex toys écolos — qui se rechargent à l’énergie solaire.

    Là, une question : si on voit à peu près qui a lancé la mode des sex toys écolos (les fabricants de sex toys écolos), on comprend mal la mécanique qui mène à considérer qu’une femme est ringarde si elle ne pratique pas la masturbation de son partenaire avec les pieds (c’est ça, la «it branlette»). Y a-t-il eu, au départ, une vedette qui s’est adonnée à cette pratique, dans les rues de Beverly Hills — comme pour les Ugg ? Eh bien la réponse est… oui. Il s’agit, nous dit Be, de Leighton Meester (ne me demandez pas qui c’est), qui en a fait une démonstration dans sa «sex tape».

    Résumons donc : Pouffina ne fait ni cuisine ni déco ni marmots. Mais il ne faut pas y voir l’expression d’un féminisme pur et dur. Au contraire, Pouffina consacre le temps que cela lui fait gagner à satisfaire sexuellement son compagnon. Et quand celui-ci a l’inélégance de filmer ses ébats et de balancer la vidéo sur internet sans l’accord de sa partenaire (c’est le cas de Leighton Meester, comme nous l’a appris une brève recherche sur le Net), on appelle ça une sex tape et ça lance la mode de la nouvelle it branlette.

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  154. Lu dans Courrier International:
    Non aux minijupes au Cambodge!

    A l'appel d'une association enseignante, une centaine de personnes se sont rassemblées, le 28 mars, à Phnom Penh, pour encourager les femmes cambodgiennes, en tête desquelles les lycéennes et étudiantes, à ne pas se vêtir de minijupes ou de tenues "trop sexy", lit-on dans The Phnom Penh Post.

    "Je tiens à protéger et à améliorer la culture khmère", justifie Seang Bunheang, à l'origine du défilé. San Arun, secrétaire d'État aux Affaires féminines, a joint sa voix à l'initiative, estimant que le port de tenues trop suggestives incitait au viol "parce que tous les hommes, lorsqu'ils voient des peaux blanches, ont des envies de sexe".
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    Femmes = proies, hommes = prédateurs...
    Peau dénudée= sexe = viol...

    Eh oui, les archaïques équations ont encore de vilains jours devant elles...

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  155. Lu dans Slate un texte de Michelle Tsai.
    Quelle récompense les femmes kamikazes peuvent-elles espérer?

    Le Coran n'évoque qu'assez peu les détails de l'au-delà, mais il signale tout de même que les croyants y trouveront des houris, ou vierges «au regard chaste, qu'avant eux aucun homme ou génie n'aura déflorées». (Le paradis est accessible à tous les croyants, mais les martyrs, eux, y vont plus vite). Al-Tirmidhi, éminent commentateur du Coran, explique dans un hadith que chaque homme aura six douzaines de houris au paradis.

    En revanche, très peu de commentateurs ont évoqué la récompense des femmes. L'érudit du IXe siècle Al-Tabarani avança que les femmes seraient réunies à leurs époux dans l'au-delà, et que celles qui en avaient eu plusieurs pourraient choisir le meilleur pour mari dans l'éternité. (D'autres commentateurs précisèrent qu'une femme qui ne s'est jamais mariée peut épouser qui elle veut au paradis).

    Du IXe au XIIe siècle, les érudits musulmans ont décrit le paradis comme un lieu de délices sensuels –pour les hommes. Ils se sont demandés si les hommes restaient mariés à leurs femmes au paradis, s'ils pouvaient avoir des relations sexuelles avec les vierges, et si celles-ci avaient un anus (certains affirmant que les fonctions d'élimination disparaissent au paradis). Il y avait même des désaccords sur le nombre de vierges assignées à chaque homme. Pour Al-Tirmidhi, ils en remportaient 72, alors que Mulla Ali Qari, un imam du XIe siècle, n'en attribuait que 70 auxquelles il fallait ajouter deux épouses humaines. L'imam Al-Bayhaqi était plus généreux, puisqu'il accordait rien moins que 500 épouses, 4.000 vierges et 8.000 femmes mariées à chaque homme. La signification du mot hour est également ouverte à l'interprétation, car il peut signifier «raisin blanc» si on choisit de le lire en syriaque plutôt qu'en arabe.

    Les femmes ne bénéficient peut-être pas de tous ces avantages, mais les commentaires religieux assurent que le paradis les rendra belles, heureuses et sans jalousie. Le fait qu'elles aient jeûné et prié Allah pendant leur vie terrestre fera d'elles des femmes supérieures aux vierges, qui n'ont d'existence qu'au paradis. Certains religieux modernes soulignent que là-haut, les maris ne se lassent jamais de leurs épouses, en dépit de la multitude de houris qui s'y trouvent. Cela pourrait expliquer pourquoi des aspirantes kamikazes déclarent vouloir devenir «chef des 72 vierges, la plus belle des belles».

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  156. Un article intéressant dans le Monde sur les femmes immigrées. Les études à leur sujet sont très rares. Extrait.
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    http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/04/06/les-femmes-sont-plus-nombreuses-a-emigrer-seules_1329426_3244.html
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    Dans "Migrer au féminin" (PUF, 192 pages, 15 euros), à paraître le 16 avril, Laurence Roulleau-Berger, directrice de recherche au CNRS, lève un coin du voile sur les parcours de quelque 187 femmes venues de Chine, d'Afrique subsaharienne et du Maghreb, ou d'Europe centrale et orientale et installées en France depuis moins de dix ans. Trait commun à toutes ces femmes, leur migration témoigne d'une conquête de leur autonomie. Même si les raisons économiques sont assurément à la base de leur départ, "le désir de se réaliser" n'est jamais très loin. "Ces femmes en migration ont décidé de partir pour accéder au "gouvernement d'elles-mêmes"", assure la sociologue, en reprenant une expression du philosophe Michel Foucault.
    Leur position sur le marché du travail dépend de leur capacité à parler ou pas la langue du pays d'accueil. "Si elles se trouvent en insécurité linguistique, la première étape sera très souvent de travailler dans une enclave ethnique." Toutes les communautés possèdent l'équivalent de leur "Chinatown" qui distribue le travail dans les entreprises contrôlées par la diaspora, dans le textile ou la restauration.
    La "niche ethnique" constitue un pas de plus vers l'intégration. Contrairement aux enclaves, les employeurs sont des nationaux et les populations étrangères y sont mixées entre différentes nationalités et origines, comme dans les entreprises de nettoyage.

    Entre les femmes sans papiers, en grande insécurité sociale, celles recrutées dans les services d'aide à la personne (garde d'enfants, soins aux personnes âgées, etc.) dont l'Europe vieillissante a besoin et les femmes très qualifiées qui composent une partie des élites internationales, la sociologue fait également apparaître des commerçantes qui traversent la planète. A l'image de ces Africaines qui font du commerce de bijoux ou de vêtements qu'elles vont chercher en Arabie saoudite et en Italie et viennent revendre en France ou au Sénégal, ces migrantes "fabriquent de la globalisation et à d'autres moments en sont l'objet", commente la sociologue.

    Comme la Sénégalaise Tyffanie : "J'ai commencé à faire des économies pour faire du commerce de produits cosmétiques que nous exportons au Sénégal. Nous les achetons en Italie, aux Etats-Unis et récemment nous avons commencé la vente de bijoux fantaisie que nous achetons en Chine (...). Je voyage beaucoup et je travaille avec d'autres gens, des Sénégalais et d'autres nationalités qui sont sur place dans les pays où je vais, cela facilite mes voyages et mes déplacements pour l'achat de marchandises."
    Ces "entreprises ethniques" ne peuvent en effet fonctionner sans des réseaux de ce genre, typiques d'une "mondialisation par le bas" et dont les femmes disposent dans leur pays d'origine. Un capital qui, à défaut d'être sonnant et trébuchant, n'en est pas moins fondamental.

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  157. UNE DEMI-VICTOIRE ! Lu dans l'Express
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    Le Grand Orient (GO), vieille fédération d'ateliers presque tricentenaire où n'avaient été pleinement initiés que des hommes, soumettait régulièrement la question à ses convents annuels de septembre, mais jamais une majorité ne s'est dégagée en faveur du droit des loges d'accueillir des sœurs ou d'initier des femmes. Ce refus apparaissait bien rétrograde, à l'image de la proportion de femmes qui reste bloquée depuis 2000 à 17% dans toute la maçonnerie française. Le grand maître actuel, Pierre Lambicchi, a choisi de changer de méthode, c'est-à-dire de ne pas attendre une nouvelle consultation des représentants des loges en septembre prochain. En deux temps.

    Nous ne sommes pas réglementairement une obédience mixte

    1. Le 21 janvier 2010, Olivia Chaumont, transsexuelle, est reconnue comme sœur du GO. Une nouveauté puisque les prédécesseurs de Pierre Lambicchi préféraient pousser discrètement vers des obédiences mixtes les frères devenant femmes.

    2. Le 8 avril 2010, la Chambre suprême de justice maçonnique (CSJM) a jugé que les loges sont libres d'initier des femmes sans que cela contrevienne au Règlement général de l'obédience. La CSJM a été saisie par Pierre Lambicchi lui-même il y a quinze jours. Le grand maître souhaitait que soit tranchée la question posée par les loges qui ont initié six femmes il y a un an. Malgré le désaveu de la majorité des frères dans un vote du convent de septembre 2009, elles persistaient à soutenir qu'elles avaient le droit d'intégrer qui elles voulaient en leur sein.

    Compte tenu de cette décision capitale de la CSJM, les six femmes initiées au GO de manière quasi clandestine vont pouvoir être reconnues officiellement par l'obédience. D'autres sœurs devraient nécessairement les suivre.

    Le GO deviendra-t-il pour autant une obédience mixte? Dans les faits oui. Officiellement non. "Nous ne sommes pas réglementairement une obédience mixte, explique à L'Express Pierre Lambicchi, mais nos loges sont désormais libres d'initier des femmes." Subtilité toute maçonnique pour apaiser les tensions sur une question conflictuelle? Une prudence de sioux vis-à-vis de ce qui, à l'échelle du pays des frères trois points, constitue bien une petite révolution.

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  158. My God!
    Lu dans Le Figaro et cité intégralement!
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    Selon une étude réalisée par l'université de Queensland, les femmes ayant des cheveux blonds gagnent en moyenne 7% de plus que les femmes ayant d'autres couleurs de cheveux.

    Une étude réalisée par des chercheurs de l'université de Queensland en Australie et relayée par le Telegraph, indique que les femmes blondes gagnent en moyenne 7% de plus que les femmes ayant d'autres couleurs de cheveux.

    Cette différence de rémunération reste équivalente que l'on intègre ou pas des critères comme la taille, le poids ou l'éducation. Ainsi les blondes gagneraient en moyenne 1.600 livres de plus par an pour un salaire annuel de 22.000 livres, soit un peu plus de 25.000 euros. L'étude révèle aussi que les femmes blondes se marieraient avec des hommes gagnant 6% de plus que la moyenne.

    Les chercheurs ont recensé 13.000 femmes et n'expliquent pas pourquoi les blondes semblent gagner plus. Le Docteur David Johnston, qui a dirigé l'étude, a déclaré: «Les femmes blondes sont souvent décrites comme étant plus séduisantes que les autres femmes, mais aussi moins intelligentes».
    Par Jean-Guillaume Brasseur
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    Blondes naturelles ou teintes? L'article ne le dit pas. Ouarf !

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  159. Monica

    Comment fais-tu pour lire de telles âneries sans étouffer de rire ?
    Francs-maçons
    Quand j'imagine ces crétins qui se réunissent gravement pour parler de choses sérieuses (cigares ? voitures ? femmes ? ah, c'est peut-être l'explication…) et qui ne veulent pas être dérangés par des futilités féminines, je me demande bien pourquoi des nanas veulent absolument aller s'emmerder avec eux…
    Chercheurs
    Ça c'est gratiné aussi. Chercheurs en qoi, d'ailleurs ? En blondologie ? S'il s'agit de sociologues à la recherche de stéréotypes et de fantasmes sociaux, on comprend. Mais la remarque finale "Le Docteur David Johnston, qui a dirigé l'étude, a déclaré: «Les femmes blondes sont souvent décrites comme étant plus séduisantes que les autres femmes, mais aussi moins intelligentes" me fait penser qu'il s'agit en fait de chercheurs en connologie qui se sont pris eux-mêmes pour cobayes…

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  160. Parleur,

    Je lis ces âneries en rigolant, justement. Cela me défoule. Cependant, il n'est pas question que je m'étouffe. Non mais! J'émets juste un ricanement, espérant que vous rigolerez un peu aussi ;o)

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  161. Un article dans Le Monde sur l’excision. Extraits.
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    http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2010/04/06/on-l-asseoit-sur-un-couteau_1329252_3232.html
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    150 millions de femmes, dont une grande partie en Afrique de l’Ouest, sont actuellement victimes d’excision (une fille sur deux en Côte-d’Ivoire, par exemple). L’Afrique oscille sans cesse entre les législations fermes des institutions et le poids — lourd — des traditions.

    Égypte punit l’excision, «sauf nécessité médicale» ; en Ouganda, un médecin qui s’y livre sera interdit d’exercice ; elle est sévèrement pénalisée au Burkina, au point que les fillettes sont amenées en pays Dogon, au Mali, où les lois plus floues ou plus laxistes s’appliquent mal. On vient donc, à dos d’âne ou en moto, faire exciser sa fille dans le pays voisin.

    Ablation du clitoris, des petites et des grandes lèvres ; atroce mutilation qui élargit l’orifice vaginal avec un silex, replie le clitoris à l’intérieur et recoud…. Conséquences terribles, en termes de douleurs, maladies, mort parfois, difficultés lors des accouchements ; quid du plaisir sexuel évidemment ! Regard sur soi, femme à jamais rabattue, figée…, petite fille terrorisée autour de la puberté, avant le mariage précoce et souvent arrangé…

    Tradition venue des tréfonds du monde, «justifiée» par le mythe du «vagin denté» (le clitoris serait la dernière dent…); histoire volant, dans toute l’Afrique, des murs de Djenné au pied du mont Kenya. Pratique éminemment plus culturelle que religieuse (comme d’autres coutumes, d’ailleurs).
    De même que chez nous — mais c’est daté — (surtout la période «tiers-mondiste» des soixante-huitards), des voix se sont tues devant ces «traditions» «intouchables», parce que partie intégrante d’une culture qu’on voulait respecter à tout prix !

    Depuis, les femmes — elles, surtout —, mais aussi tant d’hommes, ont, en Afrique, «marché» et lutté, depuis plus longtemps qu’on ne le croit — l’après-guerre et la décolonisation par exemple. La Somalie du film reste encore farouchement «excisionniste», mais, ailleurs, ça bouge ! Au Kenya, l’ethnie «Meru» n’est-elle pas allée jusqu’à substituer «une excision par la parole» à l’opération ? (Cependant, contenu du discours à méditer, sans doute !). Des femmes de 60 villages (Sénégal, Mali) viennent d’abolir l’excision, soutenues par l’Unicef ; une O.N.G. («Tostan») annonce que sur 5.000 communautés la pratiquant en Afrique de l’Ouest, en 1997, un tiers l’a abandonnée 10 ans plus tard. Une charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant suit son chemin, parallèlement aux progrès de la scolarisation des filles.

    Une nouvelle génération se lève ; de l’espoir, donc ; elle est instruite, lectrice des grands textes universels — Convention des droits de l’enfant, en 1989, seulement ! Écrits posant la femme, ses droits, sa dignité.

    Voulez-vous — qu’en guise de conclusion - on écoute Élisabeth Badinter, posant une problématique toute simple, et pourtant si riche : quand une tradition rencontre l’obstacle des droits universels de l’Homme, le chemin est-il le soutien de ce qui nous rassemble — tous et toutes — ou bien faut-il laisser la préséance aux particularismes — qui plus est — barbares ?

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  162. Un petit article de Martine Lozano dans Bellaciao
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    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article100843
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    C’est une première : le taux de chômage des femmes traditionnellement plus élevé est désormais équivalent à celui des hommes. Cela s’explique par les licenciements intervenus dans le secteur industriel et le secteur de la construction (des secteurs employant principalement des hommes.

    En revanche la crise paupérise d’avantage les femmes. Selon une enquête récente la situation s’est dégradée. L’emploi à temps partiel est en en progression de 1 point selon le journal "Alternative Économique" pour atteindre son chiffre le plus élevé jamais enregistré, comme si, ajoute le journal "Alternative Economique", avec la crise les hommes connaissaient plus le chômage et les femmes d’avantage de temps partiel subi.

    Rappelons que le temps partiel subi rabat les femmes vers des emplois de mauvaise qualité avec des tâches précaires, répétitives, des horaires éclatés, une vie privée morcelée et désorganisée, une flexibilité éclatée à la carte de l’employeur.

    Ces emplois qui se conjuguent tau féminin se retrouvent dans la grande distribution, la restauration et les entreprises de nettoyages (caissières, serveuses, femmes de ménages.) Les personnels de nettoyage avec une majorité de femmes seraient exploités, compressés, lessivés en connaissant des conditions de travail qui pourraient relever du siècle dernier soit de l’esclavage moderne. Cette souffrance sociale se manifeste par des horaires décalés, le manque d’effectifs, la mobilité.

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  163. Un article sur la lutte contre la discrimination sexiste en Suède, par Lota Engzell-Larsson. Résumé
    SUEDE

    La ”loi sur l'égalité des sexes” a disparu le 1er janvier 2009, après 28 années d'existence. Par décision du Parlement suédois, cette loi ainsi que 6 autres textes anti-discriminatoires ont été remplacés par une loi commune sur la discrimination. Le gouvernement suédois entendait ainsi simplifier la protection contre la discrimination, un domaine dans lequel la Suède accuse un retard sur les Etats-Unis et le reste de l'Europe.

    Cette nouvelle législation qui n'impose plus directement la promotion de la femme, implique une autre approche. Le but de la loi sur l'égalité était clairement stipulé: ”améliorer en premier lieu la condition de la femme dans le monde professionnel”. Or cet objectif n'apparaît plus dans le nouveau texte. Jusqu'alors annuel, l'analyse obligatoire des rémunérations des salariés [destinée à repérer les disparités salariales entre les sexes] ne sera plus effectuée que tous les trois ans et concernera désormais un nombre moins important d'entreprises.

    Dans la campagne actuelle en vue des élections législatives et régionales de l'automne, ni la droite, ni la gauche ne proposent de réformes d'envergure en matière d'égalité. L'un des derniers grands projets de société de notre époque serait-il ainsi arrivé à son terminus?

    Pendant des années, la Suède a été un pays pionnier. Aujourd'hui, les décisions ou réformes susceptibles d'avoir un effet sur les relations quotidiennes entre les sexes brillent par leur absence.

    Pourquoi ne lance-t-on pas de grandes réformes? Une réponse théorique est que les hommes et les femmes ont aujourd'hui les mêmes possibilités, même si l'on peut débattre de leur liberté de choix effective. Par ailleurs, les politiques savent que la politique familiale est l'un des domaines dans lesquels il est le plus périlleux d'intervenir.

    Mais, là non plus, ils ne promettent pas de légiférer. ”Si l'égalité ne figure pas parmi les priorités de cette campagne électorale, c'est parce que l'on observe chez les partis politiques traditionnels une posture patriarcale qui consiste à considérer l'égalité comme une question accessoire”, affirme Gudrun Schyman, porte-parole du parti Initiative Féministe. Elle dresse un parallèle avec le parti écologiste et sa difficulté initiale à imposer le thème de l'environnement, avant qu'il ne soit annexé progressivement par tous les partis siégeant au Parlement.

    Aujourd'hui, les partis sont plus opportunistes et l'égalité passe pour un thème par lequel on a beaucoup à perdre et peu de choses à gagner en prenant des risques. Pour autant, l'Alliance de droite – plutôt novice en la matière – s'y essaie dans l'espoir de toucher les électrices, moins nombreuses à droite qu'à gauche. Gudrun Schyman, quant à elle, reste persuadée que le parti Initiative Féministe connaîtra le même parcours que les Verts et que, à terme, tous les partis seront contraints de prendre position sur la question de l'égalité.

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  164. Hé hé...

    Des chercheurs ont découvert que les hommes sont réellement moins bons que les femmes quand il s'agit de faire plusieurs choses en même temps. Cette idée est largement acceptée, mais des scientifiques se sont étonnés que personne n'ait essayé de la prouver avec des expériences.

    Un psychologue a donc testé la théorie en donnant à 50 hommes et à 50 femmes trois tâches à accomplir en huit minutes, et en rajoutant à tout cela un appel téléphonique au milieu de l'exercice. Les femmes ont réussi à avoir de bons résultats dans les quatre activités, tandis que les hommes ont eu en moyenne de moins bons résultats, notamment quand il s'agissait d'établir une stratégie tout en effectuant d'autres tâches.

    «Les scientifiques pensent que ces résultats montrent que les femmes sont plus capables de réfléchir à un problème tout en continuant à s'occuper d'autres obligations» écrit le Telegraph.

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  165. La conclusion du Telegraph décoiffe sérieux… Ouaf.
    Ma conclusion à moi : Ségolène Présidente !
    Si j'avais le temps je ferais bien un petit billet dans Médiapart, histoire de rigoler un peu.

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  166. Lu dans Le Monde

    Le Grand Orient de France (GODF), principale obédience maçonnique de France, autorise désormais ses loges à initier des femmes, une évolution historique pour cette influente organisation secrète.

    Réunis en convent - assemblée générale - à Vichy (Allier), les quelques 1.200 représentants des loges que compte le Grand Orient ont décidé jeudi soir par 51,5% des votants que "ne peut plus être refusé qui que ce soit dans l'obédience pour quelque discrimination que ce soit, y compris de sexe".

    Cette question de l'initiation des femmes était devenue depuis des années un sujet de discorde.

    Jusqu'à présent, les loges du "GO" pouvaient recevoir des femmes membres d'une autre obédience au titre de visiteuses. Elles pouvaient assister aux réunions mais ne pouvaient pas être initiées et donc appartenir au Grand Orient.

    L'an dernier, le convent avait rejeté par 56% des suffrages la possibilité pour les loges d'initier des femmes. Mais le vote avait été annulé pour vice de forme et la haute juridiction maçonnique avait ensuite annoncé que rien dans le règlement interne n'interdisait à des loges d'initier des "soeurs".

    "C'est un moment historique", a déclaré à Reuters Patrick Kessel, qui fut le Grand Maître du Grand Orient en 1994-1995.

    Le conseil de l'ordre a également élu Guy Arcizet, un médecin retraité de 67 ans au poste de Grand Maître.

    "C'est un retour aux sources, à notre ancrage à gauche", a confié à Reuters un membre du conseil de l'ordre en rappelant que le nouveau Grand Maître était membre du Parti socialiste.

    Son prédécesseur, Pierre Lambicchi, qui ne se représentait pas, était lui aussi membre du PS mais était accusé par nombre de ses détracteurs, tout comme le candidat qu'il soutenait, d'être trop sensible aux sirènes de l'Elysée.

    Pierre Lambicchi est considéré comme proche d'Alain Bauer, Grand Maître de 2000 à 2003, qui, depuis 2002, a rejoint l'entourage de Nicolas Sarkozy. Il est depuis 2007 conseiller officieux du chef de l'Etat pour les affaires de sécurité.

    Le Grand Orient de France tenait symboliquement cette année son convent à Vichy pour commémorer le 70e anniversaire de sa dissolution dans cette même ville par le gouvernement du maréchal Philippe Pétain pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Le GODF, principale obédience maçonnique française dont la création remonte aux années 1770, réunit environ 50.000 membres.

    L'obédience est réputée être plutôt à gauche mais des "frères" classés à droite en font partie comme, par exemple, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, qui l'a révélé lui-même en février 2008.

    Il existe une dizaine d'obédiences maçonniques en France d'importance diverse comme la Grande Loge nationale française (GLNF), qui regroupe environ 38.000 membres, et la Grande Loge de France (GLF), qui en revendique 28.000. Toutes deux sont réputées être plus à droite que le Grand Orient.

    Le Droit Humain (DH), seule obédience mixte jusqu'ici et plutôt classée à gauche, qui revendique 15.000 adhérents, et la Grande Loge féminine de France (GLFF), qui regroupe quelque 14.000 femmes mais accepte les "frères" comme visiteurs, complètent le tableau.

    Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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  167. Serhe Hefez découvre gentiment mais tardivement la sexualisation outrée et précoce des petites filles par leurs parents. Si tous ces psy avaient lu les textes féministes un peu plus tôt... Mais mieux vaut tard que jamais.

    HEFEZ

    A ce propos, j'ai appris ce matin que des parents avaient prénommé leurs jumelles Clitorine et Libertine. Grrr

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  168. Gentleman au restaurant
    Sylviane Roche
    Juste avant les fêtes, un petit voyage rétro dans l’époque de la galanterie et de la femme-objet (précieux). Pas besoin de bagage, juste un peu d’humour…

    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/530f76f0-4477-11e2-8c3e-b0a93c10990d|0#.UMnb1KXXBGg

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  169. Bonsoir,

    Je ne suis pas sûr que la problématique de "l'étrangère" soit si déterminante dans la peur que les femmes inspirent aux hommes... Bien au contraire dans bien des cas, c'est la peur d'un retour à un stade fusionnel et régressif, où il n'y a plus de distinction, qui est angoissant... En cela, je pense qu'Antonin Artaud est beaucoup plus proche d’une certaine vérité, qui surdétermine que les hommes adoptent des comportements d'évitement, de domination et autres "crétineries", pour "contrôler" les femmes, mais en réalité leur angoisse...
    Vous ne pouvez pas dire que les femmes ont le même type d'angoisse avec les hommes... nous ne pouvons pas être identifiés, ni confondus, avec le "néant" d'où nous sommes issus (sauf si vous avez fusionné l'imago maternelle avec celle de l'homme)... C'est donc, en principe, une angoisse d'un autre ordre qui a une autre origine, quand vous avez l'impression de vous perdre dans la relation...

    Votre citation de Baudelaire, m'a intrigué... Je peux vous assurer ou vous rassurer, il y a de plus en plus d'hommes pour lesquels coucher avec une femme sans cervelle est quasiment impossible... C'est même plutôt l'inverse de ce que pensait Baudelaire, c'est plutôt de coucher avec une femme sans cervelle qui donnerait le sentiment d'être pédéraste...
    Et pour tout vous dire, personnellement j'aurais Zahia dans mon lit, j'irais dormir dans la chambre d'ami ;-))), hors de question de me prêter à un jeu relationnel pour satisfaire les soubassements narcissiques et hystériques de l’autre, ou les miens... Je ne suis pas un objet, et je ne peux pas avoir de plaisir à « posséder » quelqu’un qui ne s'appartient pas...

    En tous les cas, c'est toujours intéressant de s'interroger sur ce qui construit nos rapports sociaux, au-delà des apparences.

    Merci.

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  170. Incognitoto, vous dites "Vous ne pouvez pas dire que les femmes ont le même type d'angoisse avec les hommes... "

    Il me semble que les femmes peuvent éprouver une angoisse de l'emprise fusionnelle car elles ont eu elles aussi une mère et que la proximité affective avec un être (quel que soit son sexe) peut évoquer ce rapport originaire. Les imagos ne sont pas exclusivement déterminées par la réalité des êtres humains qui les portent.

    En ce qui concerne Baudelaire, les femmes intelligentes et la peur pour un homme d'être pédéraste, je suis bien d'accord avec vous. C'est un homme qui m'avait parlé de ça et j'en avais été saisie. Mais j'espère bien que cela relève d'une idiosyncrasie ;-)

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    1. @ Monica,

      Hum... oui, je suis d'accord, d'autant que les constructions fantasmatiques ne sont pas forcément "genrées"... Cependant, quand j'entends certaines femmes me parler de leur "perte d'identité" dans la relation, je trouve que c'est assez paradoxal, parce que (sans faire de généralisations qui seraient forcément abusives), elles sont souvent plus demandeuses d'une "relation étroite" et fusionnelle... et peu d'hommes n'ont jamais entendu ce reproche, de ne pas avoir téléphoné 4 fois, envoyé 6 SMS et 2 mails dans la journée (j'exagère à peine ;-)), surtout bien entendu au début de la relation...

      Je fais l'hypothèse que la perte d'identité des femmes est plus souvent liée à la problématique d'être quelqu'un d'autre par "amour" et pour être "aimé" (tout le paradoxe de la séduction, auquel les hommes n'échappent pas non plus, même s'ils y répondent autrement), que par une angoisse intrinsèquement liée à la terreur de retourner au néant... même si bien entendu être quelqu'un d'autre pour être aimé, renvoie forcément à cette terreur primaire... La prévalence de cette terreur primaire me semble plus forte chez les hommes, sinon, je vois mal comment on pourrait expliquer que nombre de cultures patriarcales ont développé tout un tas de « stratégies » pour éviter de s’y confronter...

      Il me semble bien d'ailleurs que vous renforcez mon hypothèse quand vous déplorez d'avoir à jouer un rôle pour être aimée : "(...)Alors, les femmes doivent jouer de subterfuges pour ne pas se faire rejeter. (...)"...
      Bien évidemment et forcément, c’est un mauvais calcul... parce que si l'autre vous aime pour une représentation qui n'est pas vraiment vous, alors l'angoisse de se perdre ne peut qu'apparaître et la frustration ne peut déboucher que sur des ruptures...
      Parmi les innombrables "blagues" sexistes, ne dit-on pas d'ailleurs : "Une femme épouse un homme en espérant qu'il changera, mais il ne change pas. Un homme épouse une femme en espérant qu'elle ne changera pas, mais elle change." ; c'est caricatural et stupide, mais je trouve cependant que ça exprime assez bien le fait qu'on ne part du même endroit, avec la même conformation psychologique déclencheuse du sentiment amoureux...

      On espère tous que nos échecs ne soient que le fait qu'on soit tombé sur des idiosyncrasies ;-) ; cependant quand elles se répètent, il faut de poser des questions sur comment on fait des "choix"... ce que vous faites très bien d'ailleurs. ;-)

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