

POUR UNE RENTRÉE POLITIQUE
Par Melchior
1) L’OFFRE ET LA DEMANDE POLITIQUES ET LEUR CONFRONTATION
La demande politique démocratique (nous laissons de côté la demande de raidissement autoritaire ou celle d’avachissement type panem et circenses) peut et doit, pour être en mesure de présenter ses exigences, considérer l’offre des partis et mouvements, sa diversité ou son insuffisance, voire l’absence d’offre, sous différents aspects.
Ce dédoublement de l’offre et de la demande fait scandale: pour certains, il est par trop évocateur du «marché» honni, pour d’autres - parfois les mêmes - seule l’offre, émanant des militants et dirigeants, est légitime, la demande potentielle n‘ayant qu’à s’y soumettre en moutons de Panurge. Il nous semble au contraire qu'il est légitime pour le citoyen, conscient mais non professionnel de la politique, de faire valoir ses volontés bien avant l’isoloir.
2) LES GRANDES URGENCES, SÉPARÉMENT
La première chose est de considérer les quatre urgences auxquelles la société doit faire face:
- Démocratique (le passage nécessaire à la sixième République, la décentralisation, et l’intégration européenne),
- Économique (le retour à la prospérité: plein emploi, plus grande satisfaction des besoins, équilibre du système),
- Sociale (reconstitution du lien social et nouvelle marche vers l’égalité),
- Écologique (recherche de l’équilibre des rapports entre l’espèce et son environnement).
Au sein du mouvement de contestation du système d’oppression, qui s’est construit autour de la dictature de fait du Capital financier, les avis divergent sur les priorités quant à l’abord de ces urgences. Certains pensent que la refonte des institutions est un préalable à tout progrès, d’autres que tout ira mieux avec le retour de la croissance, d’autres encore que les couches populaires n’en pouvant plus, l’urgence des urgences est de partager les richesses, d’autres enfin que rien n’est utile, ni possible, si on ne sauve pas d’abord «la planète». Quittes, les uns et les autres, à négliger les trois urgences qu’ils ne mettent pas au premier plan.
3) LES GRANDES URGENCES, COMBINAISON
Nous prétendons qu’il faut une prise en compte combinée et simultanée des quatre urgences. Il n’est pas possible de tabler sur une reprise durable de l’économie sans une forte dose de redistribution et une autre de réforme démocratique de l’entreprise, seules susceptibles de stimuler durablement la croissance et l’activité. Inversement toute poussée vers l’égalité sur fond de pénurie et de rationnement est illusoire. Les réformes de l’économie et de la société ne peuvent se faire sans référence à la reconversion écologique des activités. Enfin la démocratie et les autres aspects sont aussi inséparables que la ligne de flottaison des bateaux l’est du niveau de l’eau.
Certes il faut faire la part et des aspects de développement inégal de la conscience des différentes couches de citoyens, des exigences conjoncturelles et des aspects tactiques de la politique à mener. À tel moment, ponctuellement, c’est tel ou tel aspect qui sera mis en avant. On peut admettre une certaine flexibilité des mots d’ordre avancés successivement. Il n’en reste pas moins nécessaire d’adapter un plan d’ensemble, une politique unifiée de réponse aux quatre urgences. Toute négligence de l’une d’entre elles compromettrait la réussite d’ensemble; au contraire intégrer les quatre dimensions vaudra une forte prime au courant politique qui s’en montrera capable.
4) PENSER ET AGIR LOCAL ET GLOBAL. LIER PASSE ET FUTUR
Il faut replacer l’action dans le temps et dans l’espace.
Dans l’espace: une phrase de l’Appel du 18 juin est à rappeler - aux souverainistes notamment, qui aiment tant se réclamer du gaullisme -, c’est: «La France n’est pas seule! Elle n’est pas seule!» Pour déterminer la politique du pays, on ne saurait oublier les dimensions régionales, européennes, internationales…
Il faut aussi rappeler l’inanité du nationalisme: la communauté de destin est maintenant continentale. D’où l’intérêt de la perspective fédéraliste et du mot d’ordre des États-Unis d’Europe. Les différents niveaux sont à considérer, en suivant le principe de subsidiarité.
Dans le temps: il faut prendre en compte l’héritage historique et les nécessités du futur, le fait post-colonial, la construction de l’Europe et de ses rapports au reste du monde (pour un continent paisible et facteur de prospérité « soutenable »).
5) TYPOLOGIE DES OFFRES (ET DES DEMANDES CAPTIVES)
On peut distinguer les tranches d’opinion suivantes (8 familles, de très inégales importances tant numériques qu’historiques):
1) L’opposition (de gauche ?) extra parlementaire,
2) La gauche opposée à l’économie de marché et/ou à la construction européenne
3) L’écologie politique
4) La social-démocratie dans sa diversité
5) Le « centre » (qu’il soit rallié à la droite ou en recherche d‘autonomie)
6) La droite (elle aussi un éventail à elle seule)
7) L’extrême droite parlementaire
8) Les groupuscules d’extrême droite extra parlementaire.
Le noyau dur de la future majorité de transformation sociale devrait se constituer à la jonction de l’écologie politique et du courant rénovateur de la social-démocratie. Les courants 2 à 5 devraient en subir l’attraction et s’y rallier.
Ce dédoublement de l’offre et de la demande fait scandale: pour certains, il est par trop évocateur du «marché» honni, pour d’autres - parfois les mêmes - seule l’offre, émanant des militants et dirigeants, est légitime, la demande potentielle n‘ayant qu’à s’y soumettre en moutons de Panurge. Il nous semble au contraire qu'il est légitime pour le citoyen, conscient mais non professionnel de la politique, de faire valoir ses volontés bien avant l’isoloir.
2) LES GRANDES URGENCES, SÉPARÉMENT
La première chose est de considérer les quatre urgences auxquelles la société doit faire face:
- Démocratique (le passage nécessaire à la sixième République, la décentralisation, et l’intégration européenne),
- Économique (le retour à la prospérité: plein emploi, plus grande satisfaction des besoins, équilibre du système),
- Sociale (reconstitution du lien social et nouvelle marche vers l’égalité),
- Écologique (recherche de l’équilibre des rapports entre l’espèce et son environnement).
Au sein du mouvement de contestation du système d’oppression, qui s’est construit autour de la dictature de fait du Capital financier, les avis divergent sur les priorités quant à l’abord de ces urgences. Certains pensent que la refonte des institutions est un préalable à tout progrès, d’autres que tout ira mieux avec le retour de la croissance, d’autres encore que les couches populaires n’en pouvant plus, l’urgence des urgences est de partager les richesses, d’autres enfin que rien n’est utile, ni possible, si on ne sauve pas d’abord «la planète». Quittes, les uns et les autres, à négliger les trois urgences qu’ils ne mettent pas au premier plan.
3) LES GRANDES URGENCES, COMBINAISON
Nous prétendons qu’il faut une prise en compte combinée et simultanée des quatre urgences. Il n’est pas possible de tabler sur une reprise durable de l’économie sans une forte dose de redistribution et une autre de réforme démocratique de l’entreprise, seules susceptibles de stimuler durablement la croissance et l’activité. Inversement toute poussée vers l’égalité sur fond de pénurie et de rationnement est illusoire. Les réformes de l’économie et de la société ne peuvent se faire sans référence à la reconversion écologique des activités. Enfin la démocratie et les autres aspects sont aussi inséparables que la ligne de flottaison des bateaux l’est du niveau de l’eau.
Certes il faut faire la part et des aspects de développement inégal de la conscience des différentes couches de citoyens, des exigences conjoncturelles et des aspects tactiques de la politique à mener. À tel moment, ponctuellement, c’est tel ou tel aspect qui sera mis en avant. On peut admettre une certaine flexibilité des mots d’ordre avancés successivement. Il n’en reste pas moins nécessaire d’adapter un plan d’ensemble, une politique unifiée de réponse aux quatre urgences. Toute négligence de l’une d’entre elles compromettrait la réussite d’ensemble; au contraire intégrer les quatre dimensions vaudra une forte prime au courant politique qui s’en montrera capable.
4) PENSER ET AGIR LOCAL ET GLOBAL. LIER PASSE ET FUTUR
Il faut replacer l’action dans le temps et dans l’espace.
Dans l’espace: une phrase de l’Appel du 18 juin est à rappeler - aux souverainistes notamment, qui aiment tant se réclamer du gaullisme -, c’est: «La France n’est pas seule! Elle n’est pas seule!» Pour déterminer la politique du pays, on ne saurait oublier les dimensions régionales, européennes, internationales…
Il faut aussi rappeler l’inanité du nationalisme: la communauté de destin est maintenant continentale. D’où l’intérêt de la perspective fédéraliste et du mot d’ordre des États-Unis d’Europe. Les différents niveaux sont à considérer, en suivant le principe de subsidiarité.
Dans le temps: il faut prendre en compte l’héritage historique et les nécessités du futur, le fait post-colonial, la construction de l’Europe et de ses rapports au reste du monde (pour un continent paisible et facteur de prospérité « soutenable »).
5) TYPOLOGIE DES OFFRES (ET DES DEMANDES CAPTIVES)
On peut distinguer les tranches d’opinion suivantes (8 familles, de très inégales importances tant numériques qu’historiques):
1) L’opposition (de gauche ?) extra parlementaire,
2) La gauche opposée à l’économie de marché et/ou à la construction européenne
3) L’écologie politique
4) La social-démocratie dans sa diversité
5) Le « centre » (qu’il soit rallié à la droite ou en recherche d‘autonomie)
6) La droite (elle aussi un éventail à elle seule)
7) L’extrême droite parlementaire
8) Les groupuscules d’extrême droite extra parlementaire.
Le noyau dur de la future majorité de transformation sociale devrait se constituer à la jonction de l’écologie politique et du courant rénovateur de la social-démocratie. Les courants 2 à 5 devraient en subir l’attraction et s’y rallier.
