vendredi 5 mars 2010

Deux foulards, deux combats


Deux foulards, deux combats

par Marcella



Ce que l’on peut dire d’Ilham Moussaïd et de son léger foulard, c’est qu’elle n’est pas préoccupée par le combat des hommes et des femmes musulmans qui luttent, en France, et ailleurs dans le monde, contre l’oppression que représente à leurs yeux le foulard islamique.

Ce n’est pas son combat, et elle ne le soutient pas.

Or, ce qui caractérise le foulard islamique, quel que soit le sens qu’on lui donne, en France dans certaines zones géographico-culturelles et cultuelles, et dans de très nombreux pays, c’est que des femmes sont obligées de porter le foulard ou ses différents avatars, sous la pression souvent conjointe de l’autorité familiale, et/ou de certains chefs religieux et/ou sous l’autorité de l’Etat et de la loi religieuse du pays.

La question n’est donc pas de savoir si IM a le droit ou non de porter son léger foulard islamique. En France, elle en a évidemment le droit.

Le problème c’est que de très nombreuses femmes en France dans certaines zones géographico-culturelles et cultuelles, et dans le monde n’ont pas le droit ni la liberté de ne pas le porter.

En validant dans leurs rangs une candidate à des élections en France, qui porte un léger foulard, les membres locaux et nationaux du NPA adoptent de fait et valident son non soutien au combat des femmes et des hommes musulmans qui se battent contre l’oppression (familiale, et/ou de chefs religieux, et/ou étatique) qui obligent les femmes à le porter.

Comme on disait jadis dans le vocabulaire trotskyste, IM, les membres locaux du NPA qui la soutiennent et l’ont encouragée à se présenter aux élections et les représentants nationaux du NPA, sont donc les alliés objectifs des autorités (familiales et/ou religieuses, et/ou étatiques) qui, en France et dans de très nombreux pays dans le monde, obligent des femmes à porter le foulard ou ses avatars.

Le combat des hommes et des femmes musulmans contre l’obligation pour les femmes de porter le foulard ou ses avatars n’est-il pas un combat de libération ?

Comment expliquer que le NPA, qui se présente lui-même comme un parti luttant contre l’oppression mondialisée se fasse ici l’allié objectif des oppresseurs ?

Quel intérêt politique trouve-t-il à cette alliance objective ? (Au-delà des beaux discours de lutte et de «libération»)

J’ajouterai ceci : IM porte deux morceaux de tissu significatifs. Non seulement un léger foulard, mais également un keffieh. Par le port de ce keffieh, elle fait connaître et revendique de façon affirmée son soutien à la lutte des Palestiniens. Un foulard serait donc le signe fort d’un combat ou d’un soutien, tandis que l’autre serait simplement un choix personnel, privé, dénué de toute dimension politique ?

Deux foulards, deux combats.