


Sur la dette publique
par Melchior
par Melchior
D’après Sandra Moatti: «Faut-il avoir peur de la dette publique ?», cinq pages dans Alternatives économiques n° 288 de février 2010. Présentation et commentaires en italiques.
www.alternatives-economiques.fr
La dette publique atteint les trois quarts du PIB, et c’est certes beaucoup, mais la phobie de la dette pourrait avoir des effets plus dommageables que la dette elle-même:
* atteinte au moral des acteurs de la vie économique,
(on sait que la confiance est un élément essentiel de la conjoncture économique)
* «prétexte au gouvernement pour s’attaquer à l’autonomie des collectivités locales et pour réduire le niveau de protection sociale dont bénéficient les Français».
(il faut réduire le déficit, et comme on ne peut augmenter les recettes - les pauvres ne peuvent plus, les riches ne veulent toujours pas - il faut donc « sabrer» les dépenses)
I. La dette est une solution contre la récession plus encore qu’un problème
Le déficit n’est pas mauvais en soi, l’Etat a deux bonnes raisons d’emprunter:
* «fonction d’investissement»: «les dépenses publiques servent non seulement à produire des services utiles à la population, mais créent aussi, ce faisant, les conditions pour que les autres acteurs prospèrent».
(en leur donnant les moyens d’exercer leur activité)
* régulation conjoncturelle: en période de baisse de l’activité, la dépense publique soutient la demande
(effet contracyclique)
Mais:
Il faut éviter le «déficit structurel», celui qui s’engendre lui-même…
Si l’activité économique «ne retrouve pas son niveau d'avant la crise, le déficit conjoncturel risque de s'éterniser et de devenir structurel».
(Quand l’essentiel des nouveaux emprunts sert à payer les intérêts des anciens, l’Etat est en sur-endettement, ce qui finit par paralyser l’économie).
II. «Côté obscur»
«La dynamique d’une dette publique non maîtrisée peut menacer la stabilité de l’économie. C’est d’abord aux autorités monétaires d’éviter un tel scénario.»
«La dynamique de la dette résulte d’un ensemble d’interactions complexes», mais deux éléments sont déterminants: le taux de croissance, le taux d’intérêt. «Le premier rend la dette plus légère *, le deuxième renchérit son coût **», et l’évolution de la dette en dépend.
* la croissance produit des richesses, sur lesquels l’Etat peut opérer des prélèvements pour servir la dette.
** les emprunts coûtant plus cher.
La règle d’or: il faut - ou faudrait, car cela ne se décrète pas - que le taux de croissance soit constamment et substantiellement supérieur au taux d’intérêt..
Avis partagés des économistes:
Pour les keynésiens:
À certaines conditions*, le déficit budgétaire peut activer la croissance, qui résorbera la dette; une politique budgétaire restrictive au contraire déprimera la croissance et en définitive augmentera la dette.
* essentiellement: s’il y a des facteurs de production non employés
Pour les néo-libéraux:
La politique budgétaire n’est jamais efficace, «ne conduit qu’à alourdir la dette».
Deux arguments:
1) l’«équivalence ricardienne»: si les déficits augmentent, les acteurs de l’économie épargnent davantage; ce surcroît d’épargne privée annule les effets attendus par les keynésiens de la dépense publique.
2) l’«effet d’éviction»: l’augmentation de la dette publique entraîne une hausse des taux d’intérêt, ce qui décourage les investissements privés.
Sandra Moatti critique ces deux arguments (exemples du Japon, de l’Union européenne…).
Suit un développement sur la nécessité (et la possibilité) de maintenir un écart favorable entre les deux taux précités.
(Ce qui suppose une politique intelligente des banques centrales et des gouvernements).
«La balle est avant tout dans le camp des autorités monétaires», conclut l’auteure.
(À comparer: le discours récent d’Obama: en substance, bien sûr qu’il faut réduire le déficit, mais on doit s’attaquer d’abord au chômage, et celui de Sarkozy: sabrons les dépenses…)
«Retrouvez un dossier documentaire sur la dette publique et d’autres graphiques éclairants sur www.alternatives-economiques.fr/doc47502 ».
www.alternatives-economiques.fr
La dette publique atteint les trois quarts du PIB, et c’est certes beaucoup, mais la phobie de la dette pourrait avoir des effets plus dommageables que la dette elle-même:
* atteinte au moral des acteurs de la vie économique,
(on sait que la confiance est un élément essentiel de la conjoncture économique)
* «prétexte au gouvernement pour s’attaquer à l’autonomie des collectivités locales et pour réduire le niveau de protection sociale dont bénéficient les Français».
(il faut réduire le déficit, et comme on ne peut augmenter les recettes - les pauvres ne peuvent plus, les riches ne veulent toujours pas - il faut donc « sabrer» les dépenses)
I. La dette est une solution contre la récession plus encore qu’un problème
Le déficit n’est pas mauvais en soi, l’Etat a deux bonnes raisons d’emprunter:
* «fonction d’investissement»: «les dépenses publiques servent non seulement à produire des services utiles à la population, mais créent aussi, ce faisant, les conditions pour que les autres acteurs prospèrent».
(en leur donnant les moyens d’exercer leur activité)
* régulation conjoncturelle: en période de baisse de l’activité, la dépense publique soutient la demande
(effet contracyclique)
Mais:
Il faut éviter le «déficit structurel», celui qui s’engendre lui-même…
Si l’activité économique «ne retrouve pas son niveau d'avant la crise, le déficit conjoncturel risque de s'éterniser et de devenir structurel».
(Quand l’essentiel des nouveaux emprunts sert à payer les intérêts des anciens, l’Etat est en sur-endettement, ce qui finit par paralyser l’économie).
II. «Côté obscur»
«La dynamique d’une dette publique non maîtrisée peut menacer la stabilité de l’économie. C’est d’abord aux autorités monétaires d’éviter un tel scénario.»
«La dynamique de la dette résulte d’un ensemble d’interactions complexes», mais deux éléments sont déterminants: le taux de croissance, le taux d’intérêt. «Le premier rend la dette plus légère *, le deuxième renchérit son coût **», et l’évolution de la dette en dépend.
* la croissance produit des richesses, sur lesquels l’Etat peut opérer des prélèvements pour servir la dette.
** les emprunts coûtant plus cher.
La règle d’or: il faut - ou faudrait, car cela ne se décrète pas - que le taux de croissance soit constamment et substantiellement supérieur au taux d’intérêt..
Avis partagés des économistes:
Pour les keynésiens:
À certaines conditions*, le déficit budgétaire peut activer la croissance, qui résorbera la dette; une politique budgétaire restrictive au contraire déprimera la croissance et en définitive augmentera la dette.
* essentiellement: s’il y a des facteurs de production non employés
Pour les néo-libéraux:
La politique budgétaire n’est jamais efficace, «ne conduit qu’à alourdir la dette».
Deux arguments:
1) l’«équivalence ricardienne»: si les déficits augmentent, les acteurs de l’économie épargnent davantage; ce surcroît d’épargne privée annule les effets attendus par les keynésiens de la dépense publique.
2) l’«effet d’éviction»: l’augmentation de la dette publique entraîne une hausse des taux d’intérêt, ce qui décourage les investissements privés.
Sandra Moatti critique ces deux arguments (exemples du Japon, de l’Union européenne…).
Suit un développement sur la nécessité (et la possibilité) de maintenir un écart favorable entre les deux taux précités.
(Ce qui suppose une politique intelligente des banques centrales et des gouvernements).
«La balle est avant tout dans le camp des autorités monétaires», conclut l’auteure.
(À comparer: le discours récent d’Obama: en substance, bien sûr qu’il faut réduire le déficit, mais on doit s’attaquer d’abord au chômage, et celui de Sarkozy: sabrons les dépenses…)
«Retrouvez un dossier documentaire sur la dette publique et d’autres graphiques éclairants sur www.alternatives-economiques.fr/doc47502 ».


